• Accueil
  • > Archives pour le Jeudi 2 mai 2013

INNAMORAMENTO de Mylène 1999

Posté par francesca7 le 2 mai 2013

 

INNAMORAMENTO de Mylène 1999 dans Mylène AU FIL DES MOTS innamoramentoC’est le 7 avril 1999 que sort dans les bacs le cinquième album studio de Mylène, Innamoramento. Cette sortie suit de près la sortie d’un premier single le 9 mars 1999, l’Ame tram gram. On peut dire que cet album est particulièrement attendu par les admirateurs de la chanteuse après un an et demi de silence médiatique, le temps pour elle de peaufiner les treize titres qui composent cet album…

Le titre de l’album a le mérite d’être clair : Innamoramento. Ce mot italien fait directement référence à l’œuvre de Francesco Alberoni, Innamoramento e amore (Le Choc amoureux en français). Une citation de la quatrième de couverture du libre (faussement attribué à Alberoni…) ouvre même le livret : « l’amour naissant, l’Innamoramento » italien.

L’étincelle dans la grisaille quotidienne. Le bonheur mêlé d’inquiétude parce qu’on ignore si ce sentiment est partagé. Un état transitoire qui débouche parfois sur l’amour. Un phénomène comparable aux mouvements collectifs révolutionnaires ». Le ton et l’influence de l’artiste sont donc précisés d’emblée. L’amour sera en effet au coeur de cet album, avec des titres aux couleurs différentes ; l’amour naissant, l’Ame tram gram, Pas le temps de vivre, Dessine moi un mouton, Je te rends ton amour, Méfie toi, Innamoramento, Optimistique moi, Serais-tu là ? Consentement, Et si vieillir m’était conté, Souviens-toi du jour .. et Mylenium.

Avec cet album, Mylène explore donc toutes les facettes de l’amour, du début (L’Amour naissant) à la fin (Je te rends ton amour). Un album concept qui apparaît très harmonieux ; enregistré à Los Angeles (ocean Way Recording et Recod One) et mixé en partie à Paris (Guillaume Tell), l’album bénéficie toujours de la présence de Bertrand Châtenet au mixage, de Jeff Dahlgren aux guitares et de l’omniprésence de Laurent Boutonnat. Omniprésence à tempérer tout de même, puisque et c’est une grande première, Mylène signe tous les textes certes, mais également cinq musiques sur les treize (Pas le temps de vivre, Méfie toi, Optimistique moi, Serais-tu là ? et Et si vieillir m’était conté). Presque la moitié de l’album, alors que pour le précédent, Anamophosée, elle n’avait composé qu’une seule musique, Tomber 7 fois… Les chœurs, quant à eux, sont assurés par Carole Rowley, Sophia Nelson, Caroline Pascaud Blandin et Johanna Ferdinand. Grande première également, Boutonnat fait appel à des chœurs africains pour l’Amour naissant et Mylenium. Quoi qu’il en soit, Innamoramento est un succès immédiat grâce au single  L’ame stam gram, qui draine les acheteurs. L’album se vendra à 1 300 000 exemplaires, un chiffre faramineux ! Ce qui explique peut-être que cinq singles aient été extraits de l’album (L’Ame tram gram, Je te rends ton amour, Souviens-toi du jour… Optimistique-moi et Innamoramento).

Côté visuel, Mylène paraît encore plus lumineuse que dans Anamophosée. Une photo de Mario Parisotto Vay nous montre une Mylène tout de blanc vêtue juchée sur une cage en fer au milieu de la mer. La porte de la cage est ouverte ; la chanteuse vient-elle de s’échapper ? Sur la photo, elle regarde la porte ouverte ; va-t-elle y entrer à nouveau ? Ces questions restent ouvertes bien sûr, mais les photos de Parisotto Vay ne manquent pas de susciter interrogations et admiration. Ici, on est très loin de la Mylène sombre et dépressive d’autrefois, même si encore une fois aucun sourire ne vient illuminer son visage….

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 111/220

Publié dans Mylène AU FIL DES MOTS | Pas de Commentaire »

Mylène laisse le vent emporter tout

Posté par francesca7 le 2 mai 2013

 

Mylène laisse le vent emporter tout dans Mylène AU FIL DES MOTS emporter-toutLaisse le vent emporter tout est certainement l’un des plus beaux textes de Mylène. Une chanson acoustique qui clôt magnifiquement l’album Anamophosée. Il s’agit d’un titre mélancolique sur la mort subie et qui doit finalement être acceptée ; « Et tous ces mots qu’on a dits / Mots qu’on a fuis / Où sont-ils allés / Rester comme ça attaché / Ne peut rien change / Alors va ». Et pour cause, lors de son concert du 6 juin 1996 à Bruxelles, voici ce que Mylène indique avant d’entamer la chanson :

 « Je voudrais dédier cette chanson à tous ceux qui nous manquent ; lorsque j’ai écrit cette chanson, j’ai pensé  mon papa qui a disparu et qui me manque beaucoup. Et j’avais ces deux choix ; le choix de laisser partir cette personne en pensant qu’elle est heureuse ou le choix de la retenir avec soi et vivre malheureusement ;  j’ai préféré choisir que cette personne s’envole ».

Dans le refrain, la chanteuse donne tout de même de l’espoir, puisque le vent semble être ici son allié pour oublier et refaire sa vie ; « Je laisse le vent emporter tout / Laisse le vent prendre soin de tout / Je laisse le vent emporter tout . Laisse le vent prendre soin de nous ». A la lecture de ce refrain, comment ne pas penser à Chanson d ‘automne (1866), cinquième poème de la section « Paysages tristes » des Poèmes saturniens de Verlaine, et à sa dernière strophe ; « Et je m’en vais / Au vent mauvais / Qui m’emporte / Deçà, delà / Pareil à la / Feuille morte ».

On a même m’impression que Mylène répond directement à Verlaine, mais en e montrant plus optimiste que lui. Pour la chanteuse, le vent n’est pas mauvais mais, à l’inverse, plein d’espoir puisque balayant les douleurs du passé, même si la tentation de retrouver l’autre est toujours là : « Là j’irai bien te chercher / J’ai tellement changé ». Comme beaucoup de chansons de cet album, Pierre Reverdy semble influencer Mylène ; l’Amour dans la boutique (La Guitare endormie, 1919 : «  Tout ce qui s’est passé glisse dans la pénombre »). La Lucarne ovale (1916) avec les poèmes Il reste toujours quelque chose (Le vent lugubre et fort emporte tout) ou Ruine achevée (C’est un homme sans pieds qui voudrait courir). A noter que le choix de l’acoustique pour la musique laisse toute sa place à la voix de Mylène, à la différence de la majorité des autres titres de l’album. Un peu de sensibilité ici, où l’on entend les souffles et la respiration de Mylène, ce qui laisse penser que ce titre fut peut-être enregistré en une seule fois….

Publié dans Mylène AU FIL DES MOTS | Pas de Commentaire »

Mylène est tombée 7 fois

Posté par francesca7 le 2 mai 2013

 

Mylène est tombée 7 fois dans Mylène AU FIL DES MOTS e-foisTomber 7 fois… est en France la première chanson écrite et composée par Mylène. Pour ce titre, elle se fait rockeuse. Accompagnée de la chorale du Lycée français de Los Angeles dans les refrains, l’artiste délivre ici un message d’espoir : « Mais toujours vouloir pour soi / La lune, la lune / Même pour un nirvana / De fortune, la lune / Et si tu tombes 7 fois / Et si tu tombes 7 fois / Toujours se relever 8.

Aimant la formule, Mylène s’inspire ici d’un proverbe japonais, « Tomber sept fois et se relever huit fois », qui implique le non-renoncement, la volonté totale face à l’adversité ; « Faire les 400 coups / Se prendre des coups / Plutôt que la tiède », « Pas faire les choses à moitié / Mieux même si le prix à payer / Vaut être atypiques même si / L’un vous tire vers le bas / Vertébrés excentriques / Qu’un fossile usé ».

Mylène elle-même le confirme dans une interview du 31 octobre 1995 pour le magazine belge 7 Extra : « Je ne me donne pas le droit de tomber, en tout cas plus bas que terre. De plus, j’ai toujours cette volonté de relever la tête. « Tomber sept fois, se relever huit », c’es tune belle image. Cette notion de résurrection, cette envie de repartir. »

Un texte plein d’espoir donc et qui appelle même à la révolution avec ce vers ; « Et c’est un peuple qui se soulève ». Un écho à la chanson Désenchantée, mais sans le désespoir de cette dernière. Bien au contraire, ici la grande lucidité de Mylène sur notre inévitable fin semble laisser la place à la combativité propre à la vie !

A noter l’influence de Pierre Reverdy et de son poème P.O Midi (Quelques poèmes, 1916 : « Tout ceux qui ont peur sont debout / Les autres dorment ») dans ces vers de la chanson de Mylène : « Ceux / Qui ont peur sont debout / Les autres dorment mou / Se battre pour ses rêves… »

Si nous disons plus haut que Tomber 7 fois est la première composition de Mylène éditée en France, c’est que la chanteuse a déjà composé des titres. Pas pour elle certes, mais pour un album de rap-hip-hop qu’elle coproduit avec Henry Biggs (un étudiant américain qui donnait des cours d’anglais à Mylène à Los Angeles) et coréalise avec Thierry Rogen en 1994 (donc avant Anamorphosée). Il s’agit d’un EP de six titres écrits par Henry Biggs et cocomposés par Mylène ; Rhythmry, Third World, Hell et Hunger, Ain’t No Rhyme, Madeleine et To Builld a Harmony. Dans le magazine Mylène Farmer et vous, en 2006, Henry Biggs évoque ce projet :

« L’idée était celle d’une fusion entre la musique et les paroles qui seraient alternatives ; des messages profonds mêlés à une approche différente de la musique, ou alors des chansons composées comme des puzzles. En fait, c’est intéressant pour vos lecteurs d voir s’ils sont capables de « résoudre » l’énigme de chacune des chansons… Plusieurs paroles sont inspirées directement par des auteurs français comme Proust, Perec ou le mouvement Oulipo, par exemple. »

Une idée qui avait de quoi séduire Mylène en effet… Ce n’est qu’en 2006 que ce mini-album fut découvert en France via le label CD Baby, soit douze ans après sa création…. A noter également que Mylène assure les chœurs sur deux titres (même si elle n’est pas mentionnée comme choriste dans les crédits) : Ain’t No Rhyme et To Build a Harmony.

Dernière particularité : Mylène reprendra la musique de Madeleine pour en faire Et si vieillir m’était conté… en 1999 sur l’album Innamoramento.

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 97/220

 

Publié dans Mylène AU FIL DES MOTS | Pas de Commentaire »

 

linergeek |
give to eat by eating |
ecouteconseil |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hé ! lecteurs à Saint Marti...
| parlons-en!
| Je me SOUVIENS...