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Symbolisme de Beyond my Control

Posté par francesca7 le 8 mars 2013

BEYOND MY CONTROL

Analyse de « Beyond my control »

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat

La conception du clip par Laurent Boutonnat 

Symbolisme de Beyond my Control dans Mylène et SYMBOLISME myleBien loin des structures habituelles qui régissent le clip, ceux dont nous parlons ici pourraient résulter d’un mélange inédit entre plusieurs formes filmiques, plus ou moins éloignées les unes des autres : Le film musical, le film de divertissement, le film expérimental, le film publicitaire, le film muet. Laurent Boutonnat, comme écartelé entre deux pôles opposés du cinéma (le pôle du divertissement et celui du cinéma expérimental) choisi deux axes d’approche pour ses clips. On peut aisément se rendre compte que les deux conceptions du vidéo-clip par ce réalisateur se départagent selon la durée de chacune de ses productions. Sur les vingt-cinq clips que Laurent Boutonnat a tournés, six d’entre eux durent plus de sept minutes, comportent des musiques additionnelles, sont encadrés par un générique de début puis de fin, et contiennent parfois des dialogues. La durée de la majorité des autres clips restent approximativement autour de celle de la chanson qu’ils illustrent et explorent une imagerie plutôt qu’un récit à proprement dit.

Quoiqu’on en dise, cette chanson reste un zénith du duo Farmer-Boutonnat. 
Il y a dans la musique d’hier et d’aujourd’hui quelques œuvres, quelques chansons où l’on sent qu’on est enfin arrivé au bout d’un chemin, qu’un sommet a été atteint au-delà duquel il est presque impossible d’aller, qu’un artiste a accompli sa mission d’artiste. 

Dans « Beyond my control », il y a un peu de l’excitation du volet final d’une grande trilogie, de la fièvre de l’ultime duel avec son plus puissant adversaire, du goût du dernier chamallow du dernier paquet, et tout cela sans les battages publicitaires et les opérations de merchandising et de bandes-annonces qui polluent de beaux morceaux de l’art.

Ici, Mylène a atteint la dernière étape de son voyage au pays de la souffrance. Là où règnent sang, feu et larmes. Un monde où l’amour est dans les chaînes de la mort, où il y est perverti et recomposé pour devenir un serviteur de la destruction. C’est aussi une impasse, et une prise de conscience qu’un autre chemin doit être emprunté. 

« Beyond my control » est l’histoire de la défaite totale d’une liaison amoureuse. Mais c’est surtout un choix de Mylène de ne pas se voiler la face devant le mal, de le ressentir jusqu’au bout, en vue d’une rédemption ultérieure. Démonstration. 

La violence est immédiatement introduite avec la phrase abrupte, « it’s beyond my control ». Puis, sans la moindre transition, on enchaîne avec une mélodie de ballade, comme si Mylène fredonnait en toute simplicité. Mais la répétition du même dessin musical va se révéler être un élément de la création d’un climat de folie. Puis, dans le refrain, la longue plainte du synthé va se conjuguer aux sonneries de cuivres, à la flûte et aux guitares nerveuses pour créer une atmosphère de noire passion.

beyond2 dans Mylène et SYMBOLISMELa voix de Mylène distille ce qu’il faut de fièvre et de fragilité, mais conserve encore dans la folie un timbre « noble ». Jamais Mylène n’a crié sur ses fans, facilité à laquelle les trois quarts des chanteuses modernes cèdent. Elle n’essaye même pas de gonfler sa voix, préférant souffler au creux de notre oreille tant les secrets qu’elle nous révèle sont intimes et brûlants.
Le texte, s’il n’est pas, au niveau de la poésie, le plus brillant que Mylène ait écrit, ne manque pourtant pas d’atouts pour être à la hauteur de la musique. 

Il raconte donc la tragédie d’une sorte de Médée moderne, trompée par son amant, et le tuant dans un accès de folie. Mais Mylène choisit de prendre l’instant suivant immédiatement le carnage, juste cet instant où les dernières ombres du délire se confondent aux affres de la lucidité et de l’angoisse. Ce moment crucial où l’on prend conscience que le sang répandu partout macule aussi ses propres mains, et que ce n’est pas l’autre qui l’a fait couler, mais bien soi-même. 

La prise de conscience se fait en fait en deux temps. Mylène, au début du couplet, n’a pas encore compris que son geste était le type même du geste irréversible. Elle parle encore au cadavre de l’homme, peut-être encore chaud sous ses mains, elle tente de le « rassurer » (mais qui veut-elle rassurer, sinon elle-même ?), qu’elle va « soigner ses blessures ». Elle essaye de se convaincre qu’elle peut encore revenir en arrière, qu’il n’est pas trop tard pour réparer le mal qu’elle a causé, que la vie (et sa relation avec l’homme) ne s’arrête pas là. 

Vaine tentative. On peut déjà comprendre pourquoi, dans le clip, on voit Mylène passer par toutes sortes de torture, pourquoi ce n’est pas du sado-maso-cuir gratuit : parce que c’est l’expression de sa souffrance intérieure, la brûlure du remord.
Au fur et à mesure qu’elle se rend compte de l’absence de portes de sortie à cette situation, la voix de la chanteuse trahit de plus en plus d’affolement, un trouble grandissant, jusqu’au moment où éclate le refrain. 

« Tu n’as plus vraiment le choix ». L’absence de choix est criante, quel que soit l’aspect du récit que l’on prenne. La mort est vraiment la barrière qui sépare toute chose. 
Mylène rêve encore d’une improbable « aube », quand l’homme va se réveiller, comme chaque matin, lui faire l’amour pour se faire pardonner, et ils seront à nouveau réunis. 

Mais, cette fois, pour retrouver son amant, Mylène devra verser le sang une seconde fois : « je te rejoindrais peut-être ». Et, bien sûr, elle nous laisse à la fin du deuxième couplet sur cette éventualité angoissante.
Le premier couplet s’achève sur un gros plan sur les yeux de l’homme. Ils sont ouverts, fixes et froids. Mais, pour la chanteuse, ce sont ceux « d’un ange » : ça lui rappelle peut-être ces statues dans les églises aux yeux d’ivoire, reflétant un mystérieux au-delà. En tout cas, elle a compris que l’homme n’était plus de ce monde. 

On sent le fantasme dans les deux couplets : lorsque Mylène emploie les temps futures pour désigner le plaisir et le présent pour désigner la douleur. En fait, pour limiter les désastres causés par la souffrance, elle imagine un plaisir qui en découlerait, comme une revanche contre le mal qui engendrerait alors le bien. C’est la même idée que dans « Je t’aime, mélancolie », mais elle n’empêchera pas Mylène de succomber au mal. 

En fait, c’est surtout une acceptation du mal qui est en Mylène, qui est une condition à une rédemption dans l’avenir. Cela se conjugue avec le mythe de la Californie messianique, que l’on verra dans « Anamorphosée ».

« Lâche ». Alors là, l’ambiguïté plane. Ça peut vouloir dire : « espèce de lâche ! » ou « lâche-moi ! ». Dans la première solution, Mylène lui reproche de ne pas avoir résisté à la tentation de la tromper (voir le clip) avec un autre, voire même de ne pas s’être défendu contre Mylène et de s’être laissé massacrer comme un agneau…voire même de s’être enfui dans la mort et le repos éternel, la laissant seule avec ses souffrances ! Dans la deuxième solution, c’est l’aspect du remord qui prime, de la présence de l’homme, même mort, dans son esprit, une sorte de fantôme…

« Toujours en cavale » rappelle les frasques amoureuses du libertin, courant les filles mais revenant toujours à sa Mylène (« tu dis : j’ai besoin de tes bras »). On imagine bien la scène du fautif se jetant aux pieds de la belle pour lui implorer son pardon, avec pour seul et éternel prétexte que c’est plus fort que lui, qu’il ne peut maîtriser ses pulsions sexuelles.

Mylène répond de ces mots terribles : « Ne t’éloignes pas de mes bras ». Cette fois, tu ne me quitteras plus jamais ! Puisque tu jures de m’aimer vraiment et éternellement, je t’obligerais à tenir cette promesse… 

« C’est plus fort que toi » fait écho à « it’s beyond my control ». Cette dernière phrase a été inspirée à Mylène par une adaptation américaine filmée des « Liaisons dangereuses » avec des acteurs très prestigieux comme Glenn Close ou John Malkovitch. C’est d’ailleurs ce dernier, avec son accoutumée « froideur passionnée », qui prononce la phrase reprise par Mylène dans un passage assez touchant où il rompt avec sa maîtresse, sans pouvoir lui cacher son amour. 

Mylène reprend en fait le même dessin en l’exacerbant, puisqu’elle provoque une rupture absolue avec son amant, tout en étant éprise de lui plus que jamais. 

Dans le deuxième couplet, si Mylène n’a pas encore nettoyé le sang sur ses doigts, elle a enfin compris que son amant était mort : « je veillerais ta sépulture ». Dérisoires promesses que l’on peut faire dans un tel cas. Le caractère faible de Mylène redevenue humaine s’oppose à sa force destructrice, lorsqu’elle a cédé à ses pulsions de mort. Il est toujours bien plus facile de détruire que de créer. Mais pourquoi l’homme est-il doué d’une si grande capacité de mort, face à sa si petite force créatrice ? 
« Beyond my control » s’appuie aussi sur le mythe (inspiré encore des « Liaisons dangereuses ») de la femme carnassière, devenant par sa violence plus forte que l’homme, le battant sur son propre terrain. Mais elle a son point faible. Si les garçons se jettent à ses genoux, elle ne peut supporter qu’ils aillent chez une autre vamp. Alors, la passion qu’elle utilisait pour maîtriser les hommes se retourne subitement contre elle : elle y succombe, et paye sa lourde dette à l’amour. Elle s’aperçoit qu’elle ne peut se passer de son amant.

Revenons à la pulsion. Freud est l’incontournable du domaine. Ainsi, comme ce psychologue, Mylène montre à quel point nous sommes dominés par ces deux pôles qui nous déchirent et mènent nos vies : amour et haine, création et destruction. De même, Mylène est partagée entre ses sentiments pour l’homme et sa haine parce qu’il l’a trahi. 

Cela rappelle la tragédie grecque d’Euripide : « les Bacchantes ». Ces femmes sont sous l’emprise d’un plaisir intense (symbolisé par le dieu Bacchus) et cause la mort autour d’elles. Elles s’éprennent du chanteur Orphée, et finissent par le couper en morceaux dans un accès de folie. Les fans extrémistes ne datent pas d’hier.

mf90_12a-225x300Tout ce qu’on a l’habitude de refouler explose dans le clip. Le sexe, la violence, la possession, et avec tellement de sensualité, tellement de beauté et de profondeur dans les couleurs qu’on ne peut qu’y adhérer. La violence avec laquelle les deux amants font l’amour, la sensualité avec laquelle Mylène tue l’homme, les loups déchirant des lambeaux de corps, est-ce cela le malsain ? Je ne crois pas. Ce clip est fait pour nous montrer que nous sommes tous des loups. 

Ce qui compte le plus pour nous ? Sexe et nourriture. Consommation. Les loups valent plus que nous. Ils sont aussi sauvages et moins gratuitement violents. Alors, à chacun de voir comment il se comporte dans sa vie : comme un homme ou comme un loup.

Mylène finit brûlée. De même qu’au Moyen-Âge, on jetait sur le bûcher tout ce qui ressemblait à une sorcière ou à un loup-garou. Ici, il est possible que Mylène prévoie que tous les bien-pensants, et même les hommes « normaux », la condamneront pour cette chanson déviante. L’étrange fait peur, on tente de le purifier par le feu. Nous avons toujours des mentalités moyenâgeuses. 

Mais la question est lancée, et, même si on n’aime pas ce genre de chanson, il faut réfléchir à ce qui motive notre vie. Et si l’on aime uniquement pour consommer ou pour procurer du bonheur à celui ou celle qu’on aime.

Source : http://www.sans-logique.com/mylene-farmer/analyses/

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Maman a tort et symbole

Posté par francesca7 le 8 mars 2013

 

  (clip créé en 1984. )

A l’origine, Maman a tort devait bénéficier d’un tout autre clip, qui n’a pas été tourné par manque de moyens. L’histoire de ce clip avorté collait parfaitement à la chanson, puisqu’on y voyait Mylène dans un hôpital psychiatrique, se rapprochant de son infirmière sous l’œil désapprobateur de sa mère. La scène finale nous montrait la chanteuse en train de courir, bousculant tout le monde, pour se jeter du toit de l’hôpital. Un story-board de ce premier scénario avorté a même été réalisé. Dommage, mais je n’en n’ai pas les images ….

Image de prévisualisation YouTube

Une toute autre analyse cependant avait attiré mon attention… :

« Un Maman a tort [La mère accompagne sa jeune fille malade à l'hôpital. Comme tous les enfants, ils veulent avoir raison, donc leurs parents ont forcément tort. Ici la jeune fille se rebelle contre sa mère qui ne voit pas d'un bon oeil l'amour assez spécial que porte sa fille pour son infirmière. Les enfants soignés longtemps à l'hôpital considérent souvent que le docteur qui les soigne (ou l'infimière) est leur père. Ici, la mère peut être jalouse du fait que sa fille considère l'infirmière comme sa mère...] 

Deux C’est beau l’amour [La fille découvre les joies de l'amour autre que strictement maternel et trouve ce nouveau sentiment forcément beau] 

Trois L’infirmière pleure [Les infirmières craquent de temps en temps devant l'incapacité de la médecine de soigner tout le monde ou d'avoir perdu un patient avec lequel on devient proche. La jeune fille découvre donc cette infirmière dans cet état et trouve la beauté à travers les larmes] 

Quatre Je l’aime [Certitude infantile d'aimer dès le premier regard] 

Cinq Il est d’mon droit [Les enfants s'occultent souvent tous les droits, surtout de toucher à tout...] 

Six De tout toucher [On peut y voir deux interprétations. Dans le cadre d'une relation platonique infirmière-patiente, la jeune fille a tendance à toucher aux ustensiles médicaux comme tous les enfants. S'il s'agit d'un amour plus inavouable, comme l'indique le refrain, alors c'est la découverte d'un nouveau corps...] 

Sept J’m'arrête pas là [On n'ose imaginer où s'arrête les gestes, le regard de cette jeune fille pour son infirmière. Le clip prévu à la base était bien plus explicite...] 

Huit J’m'amuse [La jeune fille ne voit rien de mal à sa curiosité amoureuse et donc s'en amuse...] 

Un Quoiqu’maman m’dise [La mère ramenant sa fille à la maison essaye de la calmer en disant que tout va bien et que l'infirmière ne l'oubliera pas] 

Deux Elle m’oubliera [Lucidité tout de même de la jeune fille] 

Trois Les yeux mouillés [Premières souffrances amoureuses et premières larmes de déception de voir un amour non partagé] 

Maman a tort et symbole dans Mylène et SYMBOLISME 1984-189x300Quatre J’ai mal [Elle n'a pas fini de souffrir aux vues des textes de toutes les chansons de Mylène!] 

Cinq Je dis c’que j’veux [Encore une fois les enfants qui veulent avoir tous les droits, petits dictateurs en puissance] 

Six J’suis malheureuse [La raison de cette volonté de dire ce que l'on veut: le malheur qui donne tous les droits aux gens qui souffrent...] 

Sept J’pense pas souvent [Elle agit plus vite que de raison] 

Huit Et vous? [Le "et vous" renvoie comme à un témoignage: nous sommes les témoins de sa mésaventure amoureuse] 

J’aime ce qu’on m’interdit [Comme tous les enfants d'ailleurs. La mère interdit à sa fille de penser à l'infirmière autrement qu'en tant que telle et la fille aime justement parce qu'on le lui interdit par esprit de contradiction] 

Les plaisirs impolis [Elle sait que ses fantasmes sont interdits par les bonnes moeurs et les aime davantage] 

J’aime quand elle me sourit [Un sourire lui donne l'impression d'être aimée en retour] 

J’aime l’infirmière, Maman [Elle ne sait comment elle se nomme, elle sait juste qu'elle l'aime, comme une nouvelle mère, comme une amante?] 

Un J’suis très sereine [Toujours cette lucidité] 

Deux Et j’ai bien fait 

Trois D’vous en parler [On nous prend une nouvelle fois pour témoin d'un coming out fantasmé?] 

Quatre J’m'amuse [Elle ne prend finalement pas tout ceci au sérieux] 

myl dans Mylène et SYMBOLISMECinq Quoiqu’maman dise [Toujours cette volonté de contrer la volonté maternelle]

Six Elle était belle [Sa mère trouvant l'infirmière quelconque alors que sa fille la magnifie] 

Sept Cette infirmière 

Huit Je l’aime [Elle persiste à l'aimer tout de même] 

Une L’infirmière chante [L'infirmière essaye de tirer de la joie de vivre en la jeune fille en chantant pour elle. La fille semble y voir autre chose...] 

Deux Ca m’fait des choses [Vive émotion de la jeune fille... Masturbation sous couvert d'innocence?] 

Trois Comme l’alouette [Il semblerait que l'alouette soit le seul autre chant à faire vibrer la fillette] 

Quatre J’ai peur [Peur que tout ne soit qu'illusion, peur de ne pas être aimée en retour, peur de vivre tout simplement] 

Cinq C’est dur la vie [Thématique habituelle de l'univers farmerien] 

Six Pour un sourire [La fille fait tout pour que l'infirmière lui sourit, elle y voit un signe d'amour partagé] 

Sept J’en pleure la nuit [Le sourire n'est pas venu, la fille en souffre, doute de cet amour sublimé] 

Huit….. Et vous? »

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