Symbolisme de « Sans contrefaçon »

Posté par francesca7 le 27 février 2013

Analyse de « Sans contrefaçon »

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat

 

Symbolisme de Cette chanson, sortie en 1987 est le premier extrait de l’album « Ainsi soit je ». C’est également le troisième plus gros succès de la star (après « Désenchantée » et « Pourvu qu’elles soient douces »). Elsa Trillat (photographe de la pochette de l’album), très proche de Mylène à l’époque, a pu assister à l’écriture de cette chanson. Elle raconte : « On s’est mis [Avec Mylène Farmer] au bord d’une piscine avec un dictionnaire de synonymes dans les mains et elle m’a dit : « Tu vas voir comment on écrit une chanson ! ». Et on a commencé à faire rimer des mots. En une demi-heure, on avait inventé son prochain tube ! Pour la voix d’intro, « Dis Maman, pourquoi je suis pas un garçon ? », c’est un petit clin d’œil à une private joke entre Mylène et moi. ».

Mylène avouait aussi que lorsqu’elle était petite c’était un vrai garçon manqué : « J’avais une personne qui me disait fréquemment quand j’étais plus petite que ‘Mylène était très joli pour un garçon ! », parce qu’en fait j’avais une voix assez grave, que j’ai un peu forcée de muer avec le temps ».

Le titre de la chanson reprend les paroles principales « Sans contrefaçon je suis un garçon ». Il exprime l’ambiguïté sexuelle de la chanteuse. « Sans contrefaçon » signifiant « 100 % naturel » prouve que Mylène croit réellement être un garçon…

La chanson est introduite par une phrase de jeune fillette « Dis Maman, pourquoi je suis pas un garçon ? » avec oubli volontaire de la double négation « ne… pas… ». Cette phrase semble être dite par Mylène enfant qui regrette déjà de ne pas être un garçon. Avec le temps, ce regret va lui permettre de réellement penser qu’elle est un garçon…

Cette chanson est différente des autres car elle débute par le refrain. Il semble être une contrainte face au regard des autres. En effet, il débute par « puisqu’il faut choisir », qui montre cette. Le regard des autres, les critiques sur son androgynie l’ont poussé à prendre des résolutions : oui c’est un garçon ! L’expression « à mots doux » exprime une certaine douceur sous une apparence masculine. Pourtant Mylène est un garçon « sans contrefaçon », c’est à dire qu’elle n’a pas usé du changement de sexe pour devenir ce qu’elle est ! Mylène dit ensuite qu’elle n’a rien à prouver. En effet, l’expression « pour un empire je ne veux me dévêtir » montre une certaine indifférence. (« pour un empire » = pour rien au monde, sans aucune volonté). Ici justement, il est inutile qu’elle se dévêtisse afin de prouver qu’elle est un garçon puisque c’est un garçon !

images-52 dans Mylène et SYMBOLISMELa masculinité est fortement introduite dans le premier couplet. En effet Mylène parle d’elle au masculin (« Tout seul » au lieu de « toute seule »). Un vocabulaire de genre masculin est aussi majoritairement utilisé : un placard, un œil, un abri, un regard, un monde, un mouchoir, un pantalon, un chevalier… Tout ceci montre la masculinité de Mylène. La notion de solitude fait penser à un rejet des autres. En effet, Mylène est « tout seul dans son placard […] à l’abri des regards ». L’expression « les yeux cernés de noir » exprime encore cette masculinité : ce sont plus souvent les garçons qui se battent plutôt que les filles. La chanteuse nous dit ensuite qu’elle vit dans un monde qui n’a « ni queue ni tête », c’est-à-dire insensé, qui n’existe pas. Par cette expression, elle veut montrer la non tolérance de certains face à ceux qui sont différents. Une deuxième expression contenant le mot « tête » est introduite : « je n’en fais qu’à ma tête » suggère qu’elle ignore le regard et les critiques des autres : elle est libre d’esprit ! Le « mouchoir » au creux du pantalon suggère encore l’androgynie. Tout d’abord la masculinité avec le mouchoir mal rangé, qui dépasse de la poche (côté « souillon » d’un homme) mais aussi la féminité dans son sens vieilli : un mouchoir, c’est aussi un foulard que portaient les femmes et le pantalon était aussi un sous-vêtement féminin. Ces deux définitions renforcent le côté « féminin masculin » qui est repris plus loin avec le chevalier d’Eon. Ce chevalier était un agent secret du XVIIIe siècle qui avait l’habitude de s’habiller en femme !

images-61Le deuxième couplet diffère du premier car il présente moins le côté « féminin masculin ». L’expression « tour à tour » exprime une lenteur, un rejet de chacune des personnes de son entourage exprimé par « on me chasse de vos fréquentations ». Le « on » marque une généralité : pour Mylène, le rejet est habituel. Le caractère de la chanteuse est introduit dans les vers suivants. « Je n’admets qu’on menace mes résolutions » exprime une sorte de rébellion : elle ne supporte pas qu’on la juge. Qu’elle soit rejetée l’indiffère plus que d’être critiquée ! Ce sentiment est repris par « je me fous bien des qu’en-dira-t’on » qui montre une certaine indifférence face à ce qu’on dit d’elle. Les « qu’en-dira-t’on » représentent ici les ragots, tous les commentaires que l’on peut dire d’elle. La notion de « caméléon » exprime une Mylène qui a ses changements d’humeur et qui peut se sortir de toutes les situations : gare à ceux qui la critiquent ! Les soldats de plomb représentent ici la punition de tous ceux qui la jugent : ce sont eux qui les tueront. Mylène collectionne d’ailleurs les soldats de plomb depuis sa plus tendre enfance. Déjà jeune, on la prenait pour un garçon manqué…

Grâce à ce titre, Mylène est devenue une icône gay car même si sa chanson est chantée par une femme, beaucoup d’hommes ont pu s’identifier au texte. Coup de maître ou coup de pub ???
En tout cas bravo Mylène, ce titre fait désormais parti des plus gros tubes de la chanson française ! Image de prévisualisation YouTube

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