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Mylène 2013, nouveaux clips

Posté par francesca7 le 28 février 2013

 

Mylène 2013, nouveaux clips dans Mylène 2013 - 2014 a1Mylène Farmer déteste faire parler d’elle. Et plus encore que l’on parle d’elle. Quand elle n’est pas en tournée et qu’elle ne sort pas un album, elle est d’une discrétion rare. Jamais une petite phrase, pas une frasque, pas une prise de parole intempestive, pas une paparazzade orchestrée pour entretenir sa notoriété. Quand elle offre un disque ou des concerts à ses fans, elle consent à lever un (petit) coin du voile. 

Ce dimanche, elle répondra aux questions de Claire Chazal sur TF1. En amont et en aval de cette interview, elle a accordé deux entretiens dans lesquels elle aborde des thèmes et des sujets sur lesquels elle ne s’était jamais exprimée. 

Dans TV Mag, elle évoque ses goûts en matière de télévision. « Il m’arrive de dévorer des séries comme Downton AbbeyDexter ou Les Tudors. » L’artiste est moins enthousiaste des émissions destinées à faire émerger de nouveaux talents musicaux : « Je suis toujours un peu gênée quand l’art devient un concours », confesse-t-elle pudiquement. Ce qui ne l’empêche pas de conserver une oreille très attentive pour les chanteurs émergents. « Je suis impressionnée par Muse. Et par Matthew Bellamy, qui est aussi fascinant que Freddie Mercury ! »

« Je suis bouleversée »

À l’occasion de la sortie de Monkey Me, son huitième album, Mylène Farmer avait annoncé une tournée dans toute la France. Six heures après l’ouverture des réservations, 156 000 billets avaient déjà été écoulés pour la tournée Timeless, établissant ainsi un nouveau record. Presque une habitude chez elle. « Je suis bouleversée à chaque fois ! Et, quelques instants plus tard, totalement affolée ! Il est impensable d’être blasée par un geste d’amour comme celui-ci. »

Pour le magazine Têtu qui sera en kiosque le 18 décembre, l’interprète de Désenchantée donne son avis sur quelques questions de société. Et avec humour : « Je préfère un mariage gay à un mariage triste. » À l’appui de sa prise de position en faveur du mariage pour tous, elle reprend la Déclaration des droits de l’homme : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. » Pour l’adoption, elle enfonce le clou : « Si c’est le droit pour des orphelins d’investir un foyer chaleureux, c’est un progrès. L’amour panse les plaies quand il est réel et authentique. » 

mf-presta1-201x300 dans Mylène dans la PRESSEÀ l’appui de ses propos, l’artiste pose sous l’oeil de la photographe Nathalie Delépine vêtue d’un smoking et fumant un cigare ! Un hommage à « des femmes courageuses qui n’hésitaient pas à jeter le trouble dans une époque où les femmes étaient confinées au foyer ». 

Un clip hallucinant ! 

Samedi, à la fin de son journal de 20 heures, Claire Chazal a diffusé une petite minute du clip À l’ombre, premier extrait de Monkey Me. Réalisé par Laurent Boutonnat, il reprend le travail de l’artiste français Olivier de Sagazan. Son oeuvre est un mélange beau, et parfois dérangeant, de peinture et de sculpture qui joue avec les apparences et les peurs. Le travail de ce performer ressemble tellement à l’univers de la chanteuse que l’on se demande pourquoi l’un et l’autre ne se sont pas trouvés plus tôt.

Un apéritif de l’album qui sera disponible dès lundi 3 décembre 2012. Douze titres d’où émergent, outre la chanson Tu ne le dis pas qui donne toute la richesse de la voix de Mylène, un émouvant Je te dis tout ainsi qu’un tonique J’ai essayé de vivre. Des chansons servies par des textes très littéraires et très aboutis. Un album profond qui mélange des rythmes dance et des mélodies plus lentes. 

REGARDEZ le clip À l’ombre diffusé en exclusivité sur TF1

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article Paru dans Le Point.fr 

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La tournée 2013 de Mylène

Posté par francesca7 le 28 février 2013

 Mylène Farmer, Timeless

Mylène Farmer dévoile le clip de son nouveau titre,  » A l’ombre ». Une vidéo empreinte de poésie, où la nature est reine. Elle a été réalisée par l’acolyte de toujours de la chanteuse, Laurent Boutonnat. Découvrez-le sans plus attendre !

La tournée 2013 de Mylène dans Mylène 2013 - 2014 mf_timeless_2013-f5df41-202x300

Aujourd’hui, lundi 3 décembre, sort le nouvel album de Mylène Farmer, Monkey Me. Deux ans après Bleu Noir, la chanteuse nous présente un album aux sonorités pop-rock avec une forte base électrique, on y retrouve aussi des sons de batterie, de saxophone et de guitare. Ce nouvel album est réalisé en partenariat avec l’auteur compositeur Laurent Boutonnat, son collaborateur de toujoursDécouvrez les nouvelles dates de la tournée de Mylène Farmer, Timeless 2013, et achetez vos places dès maintenant ! La chanteuse sillonnera les routes de France, de Belgique, de Suisse mais aussi de Russie. Une multitude de dates qui satisferont ses fans, Timeless débutera à Paris Bercy, le 7 septembre 2013. En attendant le début de la tournée, découvrez le nouveau clip de la chanteuse.

3-2 dans Mylène dans la PRESSELe nouveau clip de Mylène Farmer, « A l’ombre » a un côté mystique et étrange. Il est réalisé par Laurent Boutonnat, l’acolyte de toujours de Mylène Farmer. Elle l’a dévoilé en exclusivité sur le site de TF1, le titre est d’ores et déjà disponible sur les plateformes de téléchargement légal. Dans une ambiance mystique, on découvre des danseurs torses nus, qui entament une danse énigmatique, un mélange entre de la danse tribale et de la danse contemporaine. Ils sont entrecoupés par des images de loups courant dans le brouillard. Une ode à la nature, au retour aux sources, avec comme éléments principaux la terre et la glaise. Mylène Farmer apparaît naturelle, sans artifice, avec un costume noir cintré, une chemise blanche et une cravate noire. Elle se cache derrière un masque de glaise, qui déforme son visage, mais elle finit par s’en défaire et à sortir de l’ombre. Le clip est un hommage au travail du plasticien et sculpteur Olivier de Sagazan. Il est connu pour son travail sur le corps et sa déformation.Retrouvez la réaction des fans de Mylène Farmer pour son nouveau titre A l’ombre, sur melty.fr.  

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Printemps 1987 avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 28 février 2013

 

Propos recueillis par Elsa Trillat (photographe)

Printemps 1987 avec Mylène Farmer dans Mylène dans la PRESSE images-12. « Tristana » est sur toutes les lèvres. Le clip qui l’accompagne est une nouvelle fois époustouflant. Je suis alors photographe pour « Paris Match » et je persuade la rédaction du magazine de faire un sujet sur elle. Mylène n’étant pas encore très connue, ils sont assez réticents, mais finissent pas accepter. J’appelle Bertrand Le Page pour lui dire. Il me dit OK, mais me précise qu’elle ne fait de photos qu’avec Christophe Mourthé. Evidemment, ça ne me plait pas du tout qu’un autre fasse un sujet dont je suis l’instigatrice. Au final, ils sont OK pour que ce soit moi. On se retrouve donc le premier week-end de juillet 1987 chez Bertrand pour une séance photo. On fait alors la série où Mylène est allongée par terre, faisant des croquis, avec la petite poupée de bois à ses côtés. Ca se passe admirablement bien. A tel point que Mylène me propose d’aller poursuivre la séance ailleurs.

En fait, nous allons à Porchefontaine, à Versailles, où Mylène faisait du cheval quand elle était petite. Elle les a appelés pour savoir si on pouvait avoir un cheval pour des photos, et hop nous voilà sur la route ! A peine arrivée, elle monte à cru sur un cheval. L’animal se cabre. Elle voltige. Je ne sais même pas comment elle a fait pour ne pas tout se casser. Mylène me dit alors : « Il faut que je remonte tout de suite sinon je ne remonterais jamais ». Elle remonte aussitôt sur le cheval et on fait notre série de photos.

Parution dans Mylène Farmer Magazine – 2003

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Mylène TV avril 2010

Posté par francesca7 le 28 février 2013

      

Malgré sa chute sur le perron de L’Elysée – un moment exceptionnel qui a été vu et revu sur le web -, Mylène Farmer n’en est pas moins une véritable star… Et pour faire oublier ce faux pas – qui lui aura valu un orteil facturé -, la plus mystérieuse des rouquines mais surtout la plus discrète a décidé de pointer le bout de son nez sur nos petits écrans.

Mylène TV avril 2010 dans Mylène dans la PRESSE 1996-marianne-rosenstiehl-014b-202x300Alors que la nouvelle émission de France 2 Encore une chanson est au plein coeur d’une polémique, accusée de n’être qu’un plagiat de Stop ou encore – émission musicale culte de RTL -, France 2 s’apprête à recevoir l’ange roux, dont la présence est aussi inespérée qu’agréable à la télé. Alors qu’elle vient d’être débauchée de Direct 8, c’est la jolie Laurie Cholewa qui est à la tête de ce nouveau divertissement du service public. Mais Mylène ne sera pas une invitée comme les autres…

A contrario de ce qui a été dit à ce sujet, la chanteuse – qui vient de sortir son DVD du Stade de France – sera présente, mais en tant qu’invitée d’honneur. Elle chantera donc un seul et unique titre (lequel ? Chut, c’est un secret !) mais ne fera en aucun cas partie de la mécanique du jeu. Une chance pour Camélia-Jordana – qui vient de sortir son album -, Christophe Maé – dont nous vous avons proposé une interview vidéo exclusive -, ou encore Marc Lavoine et Grégoire, également invités lors de l’émission, qui ne seront donc pas soumis à la dure épreuve d’un duel avec la ravissante Mylène.

Car si la belle rouquine avait chanté deux titres, il est fort probable que le public ne l’eut jamais laissée partir… Au moins, les autres artistes pourront envisager de chanter et Encore une chanson ne sera donc pas un spécial Mylène Farmer !
L’émission Encore une chanson avec Mylène Farmer sera diffusée le samedi 24 avril prochain sur France 2.

Information exclusive ne pouvant être reproduite sans la mention du site PurePeople.com.

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Mylène dans NOUS DEUX

Posté par francesca7 le 28 février 2013

 

Article paru dans Nous Deux le 7 JUIN 1988

Mylène dans NOUS DEUX dans Mylène dans la PRESSE telechargement3

A propos de ce qu’elle voulait faire, étant enfant :

- Vétérinaire. Ou au moins faire un métier où il serait question d’animaux.

A propos de son arrivée dans le monde de la chanson :

- Je vivotais en faisant des photos de mode, en rêvant de faire du cinéma quand j’ai rencontré Laurent Boutonnat. Comme nous avons tous les deux très mauvais caractère, on s’est bien entendus !

A propos de son départ de chez RCA, après l’échec commercial de « On est tous des Imbéciles » :

- Je pouvais toujours redevenir mannequin… mais je dois reconnaître que ça ne me disait rien ! C’est vrai, je ne demandais rien à personne, mais quand on est venu me chercher pour me faire chanter, j’ai eu envie que ça marche.

A propos du personnage mis en scène dans « Libertine » et de sa propre personnalité :

- Oui et non, tout le monde est libertin, et moi aussi. L’amour est un jeu pour moi, auquel je veux gagner à tous les coups !

A propos de succès remporté par « Libertine » :

images1 dans Mylène en CONFIDENCES- La gloire avec un grand G ! Les anglais ont adoré « Libertine », et les allemands aussi ! On me demande pour une tournée en Allemagne. Ils s’imaginent quoi ? Que je vais refaire le clip sur scène ? Ce serait rigolo, remarquez !

A propos de son avenir :

- Un jour, on se lassera de ma voix, un jour, je me lasserai des micros. Alors, j’irai vivre en Afrique dans une réserve, ou dans une ferme avec plein d’animaux. On retourne toujours à ses amours d’enfance : c’est une manière de ne pas grandir ni vieillir.

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Symbolisme de « Sans contrefaçon »

Posté par francesca7 le 27 février 2013

Analyse de « Sans contrefaçon »

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat

 

Symbolisme de Cette chanson, sortie en 1987 est le premier extrait de l’album « Ainsi soit je ». C’est également le troisième plus gros succès de la star (après « Désenchantée » et « Pourvu qu’elles soient douces »). Elsa Trillat (photographe de la pochette de l’album), très proche de Mylène à l’époque, a pu assister à l’écriture de cette chanson. Elle raconte : « On s’est mis [Avec Mylène Farmer] au bord d’une piscine avec un dictionnaire de synonymes dans les mains et elle m’a dit : « Tu vas voir comment on écrit une chanson ! ». Et on a commencé à faire rimer des mots. En une demi-heure, on avait inventé son prochain tube ! Pour la voix d’intro, « Dis Maman, pourquoi je suis pas un garçon ? », c’est un petit clin d’œil à une private joke entre Mylène et moi. ».

Mylène avouait aussi que lorsqu’elle était petite c’était un vrai garçon manqué : « J’avais une personne qui me disait fréquemment quand j’étais plus petite que ‘Mylène était très joli pour un garçon ! », parce qu’en fait j’avais une voix assez grave, que j’ai un peu forcée de muer avec le temps ».

Le titre de la chanson reprend les paroles principales « Sans contrefaçon je suis un garçon ». Il exprime l’ambiguïté sexuelle de la chanteuse. « Sans contrefaçon » signifiant « 100 % naturel » prouve que Mylène croit réellement être un garçon…

La chanson est introduite par une phrase de jeune fillette « Dis Maman, pourquoi je suis pas un garçon ? » avec oubli volontaire de la double négation « ne… pas… ». Cette phrase semble être dite par Mylène enfant qui regrette déjà de ne pas être un garçon. Avec le temps, ce regret va lui permettre de réellement penser qu’elle est un garçon…

Cette chanson est différente des autres car elle débute par le refrain. Il semble être une contrainte face au regard des autres. En effet, il débute par « puisqu’il faut choisir », qui montre cette. Le regard des autres, les critiques sur son androgynie l’ont poussé à prendre des résolutions : oui c’est un garçon ! L’expression « à mots doux » exprime une certaine douceur sous une apparence masculine. Pourtant Mylène est un garçon « sans contrefaçon », c’est à dire qu’elle n’a pas usé du changement de sexe pour devenir ce qu’elle est ! Mylène dit ensuite qu’elle n’a rien à prouver. En effet, l’expression « pour un empire je ne veux me dévêtir » montre une certaine indifférence. (« pour un empire » = pour rien au monde, sans aucune volonté). Ici justement, il est inutile qu’elle se dévêtisse afin de prouver qu’elle est un garçon puisque c’est un garçon !

images-52 dans Mylène et SYMBOLISMELa masculinité est fortement introduite dans le premier couplet. En effet Mylène parle d’elle au masculin (« Tout seul » au lieu de « toute seule »). Un vocabulaire de genre masculin est aussi majoritairement utilisé : un placard, un œil, un abri, un regard, un monde, un mouchoir, un pantalon, un chevalier… Tout ceci montre la masculinité de Mylène. La notion de solitude fait penser à un rejet des autres. En effet, Mylène est « tout seul dans son placard […] à l’abri des regards ». L’expression « les yeux cernés de noir » exprime encore cette masculinité : ce sont plus souvent les garçons qui se battent plutôt que les filles. La chanteuse nous dit ensuite qu’elle vit dans un monde qui n’a « ni queue ni tête », c’est-à-dire insensé, qui n’existe pas. Par cette expression, elle veut montrer la non tolérance de certains face à ceux qui sont différents. Une deuxième expression contenant le mot « tête » est introduite : « je n’en fais qu’à ma tête » suggère qu’elle ignore le regard et les critiques des autres : elle est libre d’esprit ! Le « mouchoir » au creux du pantalon suggère encore l’androgynie. Tout d’abord la masculinité avec le mouchoir mal rangé, qui dépasse de la poche (côté « souillon » d’un homme) mais aussi la féminité dans son sens vieilli : un mouchoir, c’est aussi un foulard que portaient les femmes et le pantalon était aussi un sous-vêtement féminin. Ces deux définitions renforcent le côté « féminin masculin » qui est repris plus loin avec le chevalier d’Eon. Ce chevalier était un agent secret du XVIIIe siècle qui avait l’habitude de s’habiller en femme !

images-61Le deuxième couplet diffère du premier car il présente moins le côté « féminin masculin ». L’expression « tour à tour » exprime une lenteur, un rejet de chacune des personnes de son entourage exprimé par « on me chasse de vos fréquentations ». Le « on » marque une généralité : pour Mylène, le rejet est habituel. Le caractère de la chanteuse est introduit dans les vers suivants. « Je n’admets qu’on menace mes résolutions » exprime une sorte de rébellion : elle ne supporte pas qu’on la juge. Qu’elle soit rejetée l’indiffère plus que d’être critiquée ! Ce sentiment est repris par « je me fous bien des qu’en-dira-t’on » qui montre une certaine indifférence face à ce qu’on dit d’elle. Les « qu’en-dira-t’on » représentent ici les ragots, tous les commentaires que l’on peut dire d’elle. La notion de « caméléon » exprime une Mylène qui a ses changements d’humeur et qui peut se sortir de toutes les situations : gare à ceux qui la critiquent ! Les soldats de plomb représentent ici la punition de tous ceux qui la jugent : ce sont eux qui les tueront. Mylène collectionne d’ailleurs les soldats de plomb depuis sa plus tendre enfance. Déjà jeune, on la prenait pour un garçon manqué…

Grâce à ce titre, Mylène est devenue une icône gay car même si sa chanson est chantée par une femme, beaucoup d’hommes ont pu s’identifier au texte. Coup de maître ou coup de pub ???
En tout cas bravo Mylène, ce titre fait désormais parti des plus gros tubes de la chanson française ! Image de prévisualisation YouTube

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Elle a dit…. Mylène

Posté par francesca7 le 27 février 2013

 

Un album homogène fidèle aux codes farmeriens

Elle a dit.... Mylène dans Mylène 2013 - 2014 telechargement-1

Ce monde qu’elle peint dans le titre « Elle a dit », Mylène Farmer le voit courir à sa perte dans la chanson « Tu ne le dis pas » : « Mais où va le monde / Mais où est ma tombe / Un tout qui s’effondre ». Si beaucoup la penseront musicalement coincée dans les années 80 à l’écoute de cet album, la chanteuse livre des textes très actuels, même s’ils sont toujours sujets à de multiples interprétations. Plus directe dans « Je te dis tout », l’une des deux seules ballades de l’album, Mylène Farmer signe une déclaration d’amour comme rarement elle en avait chantée par le passé. L’artiste laisse également de côté les fioritures et le style littéraire dans « J’ai essayé de vivre », comme un message adressé à son public : « J’ai essayé de vivre / Donné ici un sens à ma vie / Moi j’ai tant voulu l’autre / Milliers d’âmes anonymes ». Idem pour « Ici bas », un titre que l’on ne se forcera pas à réécouter. Un peu comme « Love Dance », qui aurait pu être meilleur si Mylène Farmer ne chantait pas en anglais. Dommage, l’artiste aurait pu réaliser un sans-faute… Car l’ensemble est globalement très homogène et bien construit.

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La chanson-titre « Monkey Me » sort du lot avec son refrain pop-rock et son pont au saxophone mêlé à des tintements de cloche. Un titre qui prouve que le tandem Farmer/Boutonnat sait encore livrer quelques diamants polis même après trente ans de carrière. Revenant une fois de plus sur cette sorte de schizophrénie qui anime ses pensées, la chanteuse révèle l’« animal » qui est en elle. La ballade « Quand » et « A force de » font partie des titres qui arriveront à capter l’attention, malgré une production datée pour le second, et avec lequel la chanteuse finit par conclure : « La force des rapides / Des vents qui se déchirent / Me donnent l’envie de vivre », comme pour rappeler que ses ombres ne l’emporteront pas…

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Symbolisme de CHLOE de Mylène

Posté par francesca7 le 27 février 2013

Symbolisme de CHLOE de Mylène dans Mylène et SYMBOLISME images-21

Voici de nouveau une chanson assez surprenante, ou plutôt déconcertante. En effet, dés la première écoute, on ne peut s’empêcher d’être stupéfait d’entendre Mylène évoquer le suicide d’un être cher, sujet grave par excellence, sur un air aussi léger que celui d’une comptine. Notons cependant que bon nombre de chansons pour enfants inscrites dans notre patrimoine évoquent elles aussi des sujets on ne peut plus dramatiques. Leur intérêt est sans doute de transmettre un message aux bambins. Si mon hypothèse est juste, je soupçonner Mylène et Laurent via ce procédé de faire l’inverse: c’est à dire de faire passer une information aux adultes via ce procédé de la comptine.

Une autre raison qui expliquerait l’air de la chanson serait pour moi la même que celle pour laquelle Mylène chante « Maman a tort » sous forme d’une comptine. Cela l’aide à pouvoir exprimer quelque chose qu’elle ne pourrait dire en parlant normalement, traumatisée par le choc. En chantant, la petite fille campée par Mylène peut directement dire ce qui s’est passé (« Eh, oh, ce matin/ Y a Chloé qui s’est noyée »). 

Naturellement, les adultes ne la croient pas tout de suite: d’une part, c’est une enfant et d’autre part, nous verront par la suite que Chloé en question aime les farces. Mylène doit donc donner des détails comme le lieu du drame (« Dans l’eau du ruisseau ») et son attitude lui permettant de dire qu’elle est morte (« J’ai vu ses cheveux flotter ») .

Elle nous explique qu’elle a vu clairement son amie mourir et pousser son dernier cri avant de se cogner la tête et probablement s’évanouir (« Quand Chloé a crié/ Quand sa p’tite tête a cogné ») . Le fait que cela s’est passé  »là bas sous les chênes » pourrait apparaître comme un simple détail visant à persuader les adultes et qu’ils voient bien où se situe le drame. Mais il y a autre chose. Le chêne est l’arbre utilisé pour symbolisé Dieu. Autrement dit, si Chloé est morte sous ces arbres, c’est pour nous faire comprendre, à Mylène et à nous, qu’elle a rejoint le paradis. Mais pourquoi comparer son dernier cri à une  »fontaine » ? Là encore, c’est dû à la symbolique de celle-ci: la renaissance, le renouveau. Mylène fait donc cette association pour nous dire qu’elle croit qu’elle n’est pas morte définitivement et qu’elle va donc revenir…

telechargement2 dans Mylène et SYMBOLISMECe couplet que nous venons d’expliquer reviendra plus tard dans la chanson, comme pour confirmer ce qui s’est passé. Mylène va maintenant nous expliquer ce qui l’a amené à faire cette constatation. Elle l’a vue nettement disparaître dans l’eau (« Chloé a coulé/ C’est sûr qu’elle n’avait pas pied ») . Pensant qu’elle est morte, elle réalise alors sa perte. On voit ici apparaître un thème cher à la chanteuse: celui du double: celui du double complémentaire qui permet à l’autre de vivre et de le soutenir (« Chloé ma moitié ») . Mylène sait qu’elle est totalement perdue sans celle qu’elle considère comme sa « petite sœur » de par leurs nombreux points communs et complémentarités. C’est pourquoi elle espère la voir renaître. Mais pourquoi en  »fleur » ? Cela tient selon moi à l’étymologie du prénom Chloé qui en grec ancien signifie « petite pousse ». Elle espère donc que cette petite plante va grandir et dévoiler tous ses charmes. 

Autre détail qui aide la petite fille à renforcer sa thèse: dans la rivière se trouvent des  »saules qui pleurent » , dont chacun aura compris qu’il s’agit de saules pleureurs. Ces arbres sont associés à la mort, mais aussi à l’immortalité. Elle espère donc que ces arbres vont lui communiquer cette faculté pour renaître. L’interprétation du vers  »L’eau est de toutes les couleurs » vient sans doute du fait que la rivière a pris la teinte du sang de Chloé s’y répandant. Le fait de voir ce changement serait une preuve pour Mylène que le processus de transformation est entamé…

« Chloé si je pleure,
Tu sais ça compte pour du beurre
Ton rire me fait peur
Est-ce que tu joues ou tu meurs? »

Cependant, elle souhaite encore croire que son amie est vivante. cela parce qu’elle a l’habitude de faire des mauvaises plaisanteries ayant pour but de susciter des larmes chez Mylène. C’est pourquoi elle lui demande si elle est bien morte et se défend en lui disant que ses larmes viennent du fait que ses plaisanteries et les réactions de Chloé lui font peur: ce qui fait qu’elle ne peut contenir ses larmes.

N’ayant pas de réponses après avoir crié longtemps après elle (« Pendant longtemps j’ai appelé ») , elle doit bien se rendre à l’évidence que celle qui enchantait ses jours a disparu (« Adieu petite fée ») . En effet, il n’y a maintenant plus aucune trace d’elle (« Le courant l’a emportée ») et c’est pourquoi elle peut confirmer cette disparition en répétant la première strophe.

Les Choeurs représentent peut-être le souvenir des jeux des deux petites filles. Les seules choses restant à Mylène de Chloé avec les éternels questions qu’on se pose toute notre vie quand un être cher se suicide: quelles sont les raisons de sa mort (« Pourquoi t’es partie ») ? Cela en plus du vide impossible à combler qu’il laisse et qui nous pousse à l’appeler au secours (« Chloé… Chloé… ») En vain!

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Impression sur Monkey Me

Posté par francesca7 le 26 février 2013

 

D’après les écrits de Hugues Royer sur son site :

http://huguesroyer.wordpress.com/2012/12/07/monkey-me-premieres-impressions/  

 

Du temps, du temps… Il m’a fallu du temps pour dire quelques mots de Monkey Me. Après la parenthèse réussie Bleu Noir, une prise de risque dont Mylène était sortie récompensée (800 000 albums vendus, c’est un exploit), le nouvel album a un goût de retrouvailles.

Impression sur Monkey Me dans Mylène et des CRITIQUES quand-295x300Il y a une alchimie évidente entre la chanteuse et son compositeur. Les mots de Mylène se posent à merveille sur les accords de Laurent. C’est encore vrai sur cet album calibré pour la scène, qui comporte paradoxalement deux des ballades les plus réussies du duo. Quand est un modèle d’élégance et de légèreté. Avec l’image du « M » brodé sur le pull de l’être aimé et la voix de Mylène qui monte jusqu’à se déchirer, Je te dis tout est une chanson bouleversante – un single au potentiel indéniable.

Parmi les titres up tempoMonkey Me est la bonne surprise de l’album : un titre rock à la réalisation  soignée (le saxophone et le côté celtique de la dernière partie sont de jolies trouvailles musicales), qui aborde un thème inédit dans le répertoire de Mylène :  la partie simiesque qu’elle a pu partager avec E.T., son signe capucin. J’avoue aussi avoir un faible pour Love Dance (c’est le titre le plus festif musicalement), même si d’aucuns critiqueront les paroles – et pourquoi Mylène n’aurait-elle pas le droit de délirer avec les mots ?

D’une façon générale, l’album est un sans faute jusqu’à la plage 7. Elle a dit aborde, comme dans Eaunanisme, le thème de la différence liée à l’homosexualité féminine.  Mention spéciale pour Tu ne le dis pas, malgré la rime facile entre « monde » et « tombe » et une batterie un peu brutale. Le titre auquel j’adhère le moins ? Ici-bas, dont les arrangements me semblent lourds.

A-t-on jamais est un petit bijou de délicatesse qui rappelle l’atmosphère spirituelle d’InnamoramentoNuit d’hiver, variation angoissante à souhait sur Chloé, ferait, comme d’autres l’ont dit, une excellente introduction aux concerts de 2013. A force de… est un cri où Mylène, loin de son image neurasthénique, revendique le goût de vivre, thème qu’elle avait abordé dans Moi je veux sur l’album Bleu Noir.   

Si je devais résumer ces premières impressions, je dirais que Monkey Menous montre le verre à moitié plein (il était à moitié vide dans Bleu Noir). Mylène y fredonne ses éternelles marottes (le goût de vivre en dépit de la peur de mourir : « La vie est belle quand on aime ») avec des textes souvent plus accessibles, moins hermétiques, que précédemment.

Après avoir écouté l’ensemble de l’album, A l’ombre s’impose avec force comme un titre leader, même si Mylène avait déjà évoqué dans d’autres chansons l’oscillation entre l’ombre et la lumière. Evidemment, ce ne sont que de premières impressions qui peuvent changer… avec le temps 

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Mylène et Boutonnat

Posté par francesca7 le 26 février 2013

Mylène et Boutonnat dans Mylène AU FIL DES MOTS 4Laurent Boutonnat
S’il est sans aucun doute LA rencontre de la vie de Mylène Farmer, jamais une histoire amoureuse entre Mylène Farmer et Laurent Boutonnat, son complice de toujours, n’a été confirmée par qui que ce soit. On sait pourtant qu’ils ont vécu ensemble vers les années fin 80 – début 90. On sait aussi que leur relation a connu une petite « crise » en 1997, lorsque Laurent Boutonnat a produit la chanteuse Nathalie Cardone, et accessoirement… s’est mis en couple avec ! Mylène, qui disait dans les années 80 : « Si un jour Laurent composait pour une autre, je ne lui pardonnerais pas », n’apprécie pas du tout… En 1999, elle prépare sa troisième tournée (Mylenium Tour) sans Laurent, qui du coup boude le spectacle pendant les premières représentations. Il n’est venu le voir qu’après 3 mois de tournée, lorsque Mylène est passée à Paris-Bercy le 13 décembre 1999. Il se dit qu’il aurait été très impressionné par le spectacle que sa complice de toujours avait concocté sans lui, et qu’il serait allé la voir dans sa loge après le concert, pour des retrouvailles très intenses… 

Suite à cela, Mylène et Laurent ont continué leurs collaborations artistiques main dans la main, totalement en phase l’un avec l’autre. Au-delà de la complicité artistique tout à fait unique qui lie les deux personnages (et sur laquelle nous ne reviendrons pas en détails ici – nous nous invitons plutôt à consulter tout le reste du site !), on peut dire aujourd’hui qu’ils continuent à développer des liens d’affection particulièrement forts, parlant régulièrement et jusqu’à aujourd’hui, l’un comme l’autre, de « soeur » et « frère jumeau ».

2 dans Mylène en CONFIDENCES

Voyez comme ils parlent l’un de l’autre sur notre page qui y est consacrée ici :

Quand Laurent parle de Mylène… 

« On recherchait quelqu’’un au moment où on avait fait cette chanson avec un ami, qui était « Maman à tort ». Et le jour où Mylène est arrivée, elle était parfaite quoi ! C’était le personnage. [Elle avait pas tellement l’air] pervers, c’est plutôt… psychotique, je dirais. Quelqu’’un d’un peu renfermé, comme ça… …. ça a été elle tout de suite, quoi. Avant même de l’entendre chanter. »

Antenne 2 Midi (Antenne 2), le 01.09.1986

« C’est un vrai bonheur [de travailler avec Mylène en tant qu’actrice] parce qu’elle se laisse guider, ce qui n’est pas souvent le cas de tous les acteurs qui ont un peu peur de se laisser guider. »

Le journal du cinéma (Canal+), le 05.10.1994

« Avec Mylène, j’ai l’habitude de dire qu’on est nés ensemble. Aujourd’hui, elle est devenue pour moi comme une sœur, tant sur le plan artistique qu’affectif. »

Propos recueillis par Jean-Rémy Gaudin-Bridet pour Télé Star, 2007.

 

5 dans Mylène et des CRITIQUESQuand Mylène parle de Laurent…


  « [Il] a fait […] ses premiers pas dans le cinéma à seize ans. Il a réalisé un long-métrage qui était parti à Cannes et […] qui avait eu quelques petits déboires et maintenant réalise […] des films publicitaires. C’est plus alimentairement, et puis c’est vrai que c’est un bon exercice de toute façon. »

Azimut (FR3 Lorraine), le 25.06.1986

« On s’est rencontrés et lui est compositeur, donc, a une passion pour la musique, pour le cinéma également, […] et donc m’a proposé avec une autre personne la première chanson, qui était « Maman à tort ». Et puis, voilà, nous travaillons ensemble. […] Vous parliez de mentor tout à l’heure, pour moi c’est surtout un admirable metteur en scène, dans toute sa généralité. »

Antenne 2 Midi (Antenne 2), le 01.09.1986

« C’est vrai que je travaille en permanence avec [Laurent] pour le meilleur et pour le pire ! »

Top 50 (Canal+), le 06.09.1986

« Être extérieure [au processus de fabrication d’un clip], ça je ne peux pas. Je travaille avec Laurent quant au scénario, et puis après ma foi, c’est lui qui [s’occupe] du cinéma à proprement parler. Et puis après, c’est un travail d’équipe »

La vie à plein temps (FR3 Pyrénées), le 07.04.1987

« Je crois que ma vraie naissance c’était le jour où j’ai enregistré « Maman à tort ». C’est le jour où j’ai rencontré cette personne qui est Laurent Boutonnat, qui est donc également le réalisateur de mes clips, qui est également compositeur. C’est le jour où j’ai pu naître, oui, c’était une naissance. […] Cette rencontre avec Laurent, moi je la qualifie du domaine de l’exceptionnel, c’est-à-dire les rencontres qu’on a très peu dans sa vie, qu’on doit privilégier. C’est vrai que cette rencontre avec Laurent, c’était extraordinaire pour moi parce que c’est quelqu’un qui a énormément de talent dans beaucoup de domaines, qui a des choses qui l’attirent, qui moi m’attirent, des choses qu’on a en commun. Et c’est fascinant de trouver un personnage comme ça. Voilà, donc Mylène Farmer c’est un peu de moi, c’est certainement un peu de Laurent Boutonnat, c’est beaucoup de choses. »

Lazer (M6), en 05.1987

« [Laurent] aime l’hémoglobine, oui. »

Panique sur le 16 (TF1), le 19.11.1987

  « Laurent Boutonnat travaille pour des films publicitaires, et tout spécialement pour l’étranger. Il a des commandes surtout par les Etats-Unis. […] En France, […] il en a fait quelques-unes, mais j’ai oublié d’ailleurs. [C’est lui qui a fait tous les clips] depuis le début. »

Nulle part ailleurs (Canal+), le 23.11.1987

« On a dit Pygmalion, mentor… et je ne sais…  Je crois qu’’il y a une complicité énorme et une complémentarité, surtout. […] J’ai suivi des cours de théâtre, donc je voulais être actrice. Et puis j’ai rencontré Laurent Boutonnat. Moi j’appelle ça la chance des rencontres. Y a peu de rencontres dans sa vie…   C’est beaucoup plus tard qu’il m’a présenté son premier film qu’’il avait réalisé à l’âge de seize ans qui s’appelait « Le voyage de la féconductrice » (ndlr : il s’agit d’une erreur de Mylène, le véritable titre étant « La ballade… ») et qui était même passé à Cannes, je crois.   Il avait pillé des fonds, je crois, le porte-monnaie de son papa et de sa maman !   C’est vrai qu’’en France, on vous demande toujours des références. C’est vrai que le premier que je citerai, c’est Laurent Boutonnat, c’est normal parce que c’est vraiment quelqu’’un que j’aime et je pense qu’’il sera un des grands, grands, grands réalisateurs de demain. »

Nulle part ailleurs (Canal+), le 07.10.1988

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« Je sais pas si on peut parler de hasard. Ce sont des rencontres comme ça qui existent. C’est en tout cas une bonne étoile, en ce qui me concerne ! »

Clip Dédicace (M6) le 08.10.1988

« C’est un homme qui a un physique romantique, c’est un homme qui a ses névroses, qui a, je crois, beaucoup de talent et qui aime particulièrement la musique et le cinéma, je crois, et qui aurait envie et qui va réaliser un premier long-métrage. »

Fréquenstar (M6) le 22.03.1989

« C’est une bonne étoile. Ce sont des rencontres dans la vie comme on en a peu, certainement. Pour moi, c’est une rencontre magique par rapport à bien évidemment plein de choses, mais également par rapport au cinéma et à l’image, à sa façon de l’imaginer, de la créer. »

J.T. de 20 Heures (M6) le 18.05.1989

 
« Tous les deux, nous sommes nés de la même chose. Donc c’est quelque chose de très fort et très beau, en tout cas pour ma vie. »

Pour un clip avec toi (M6) le 07.04.1991

« Il est vrai qu’’il est certainement plus rassurant pour moi que de commencer [au cinéma] avec Laurent Boutonnat puisque je connais sa caméra, et que j’aime définitivement son univers, sa façon de filmer, sa poésie […]. Et je crois que je suis heureuse que d’avoir commencé avec lui pour un premier long-métrage. »

Ciné 6 (M6) le 02.10.1994

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« Notre rencontre a quand même été très très forte et capitale dans notre vie. Donc il est difficile, non pas d’envisager un autre univers, [mais de] ne pas prolonger cet univers. »

19/20 (France 3) le 04.10.1994

« Je crois que c’est la rencontre d’avec Laurent Boutonnat qui a été fondamentale pour ma vie et, je le suppose, pour la sienne. Et donc, c’est la rencontre d’un univers qui est le même dans le fond – des passions communes, des goûts communs. »

J.T. de 20 Heures (TF1) le 04.10.1994

« C’est un excellent réalisateur. C’est quelqu’’un qui aime l’image, […] qui a une jolie narration. J’aime son travail en tout cas. »

Mylène Farmer XXELLE (Musique Plus – Québec) le 05.10.1996

« Je voudrais remercier Laurent Boutonnat. Si ma route n’avait pas croisé la [sienne], je crois que je ne serais pas là, j’en suis même sûre. »

NRJ Music Awards 2000 (TF1) le 22.01.2000

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Vrai ou faux Mylène !

Posté par francesca7 le 26 février 2013

 

Vrai ou faux Christophe Dechavanne

Dans les années 80, Mylène s’est rendue à de très nombreuses reprises dans les émissions présentées par Christophe Dechavanne. Mylène Farmer s’est en effet rendue dans ses émissions pas moins de 18 fois ! Toujours avec beaucoup de bonne humeur et une complicité évidente – et parfois ambigüe – avec monsieur Dechavanne. 

Vrai ou faux Mylène ! dans Mylène et des CRITIQUES myl-et-dechavLe plus mémorable de ces passages a eu lieu le 11 septembre 1986 dans l’émission « C’est encore mieux l’après-midi ». En plein promotion de Libertine, Mylène s’amuse beaucoup avec l’animateur, lui lançant des regards de braise et des déclarations séductrices. La réaction de Dechavanne, visiblement très troublé, vaut le détour ! Depuis lors, la rumeur d’une liaison Farmer / Dechavanne ayant eu lieu dans les années 80 est tenace. Il y a encore quelques mois, cette séquence précise a été rediffusée dans une émission de bêtisier présentée par… Christophe Dechavanne. L’ensemble de ses chroniqueurs et des invités de l’émission s’en sont donnés à coeur joie, et face à la réaction de Dechavanne qui les amusait grandement, la séquence a été repassée plusieurs fois tout au long de l’émission. Visiblement troublé (encore, 25 ans après !), Christophe a refusé d’en dire plus sur cette histoire, se contentant de saluer Mylène et de lui redire sa sympathie, chose qu’il a d’ailleurs continué à faire régulièrement tout au long de ses nombreuses années de télévision depuis lors.

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Le clip de Pourvu qu’elles soient douces

Posté par francesca7 le 25 février 2013

 

Le clip de Pourvu qu’elles soient douces est certainement celui qui fut le plus souvent diffusé en télévision ; mais rarement dans son intégralité, puisque la vidéo de la chanson réalisée par Laurent Boutonnat dure 17’. Encore un record pour Mylène, qui du coup détient également à l’époque le record du clip le plus cher (3 millions de francs, soit 46O OOO euros environ) et du clip comportant le plus de figurants (une centaine).

Le clip de Pourvu qu'elles soient douces dans Mylène AU FIL DES MOTS clippqsdmini07

D’énormes moyens pour Boutonnat donc (on est loin de Maman a tort) pour un clip qui n’est rien de moins que la suite de Libertine. On s’en souvient, à la fin du clip de LIbertine, Mylène et son compagnon sont laissés pour morts dans un champ. Issue trompeuse, puisque Mylène-Libertine est simplement blessée… au début du clip de Pourvu qu’elles soient douces, elle est recueillie par le commandant anglais Alec Parker le 18 août 1757 – alors que Libertine n’était pas daté (on comprenait que l’action se déroulait au XVIIIè siècle grâce aux décors et aux costumes), ici Boutonnat situe précisément l’intrigue dans le temps.

Rappelons qu’à cette date, la France est en guerre avec les Anglais. Il s’agit de la guerre de Sept ans (1756-1763). Dans le clip, les Anglais se trouvent en France par hasard (et pour leur plus grand malheur), car ils pensent être chez leurs alliés prussiens. Ils découvrent donc notre Libertine et la ramènent dans leur campement. Le commandant Parker tombe immédiatement sous le charme de la jeune file et n’hésite pas à regarder sa « vue de dos ». Un enfant premier tambour le surprend en plein voyeurisme, et le commandant, furieux, décide de la punir en fouettant son arrière-train… Mais Libertine arrive et fouette le visage du commandant avec une crache, lui casse une bouteille sur la tête avant de s’enfuir à cheval. Bientôt rattrapée par le commandant, Libertine cède aux charmes du militaire, et ils décident de rentrer au campement pour consommer leur nouvelle union.. Dans le même temps, l’armée française, ayant appris que des Anglais se sont égarés sur leur territoire, demande à des prostituées de les saouler et de les « occuper » en vue d’une attaque en règle prévue pour le petit matin. Et qui est à la tête des prostituées ? La rivale de Libertine, incarnée par Sophie Tellier, qui tue le commandant et découvre que Libertine n’est pas morte, mais se trouve dans les bras du militaire.

L’attaque a bien lieu dès l’aurore ; nous assistons alors au massacre des Anglais par les troupes françaises ainsi qu’à une bataille particulièrement violente entre Libertine et sa rivale. A la fin, Libertine transpercera le corps de son ennemie avec une baïonnette et tous les Anglais seront tués..

Tous les Anglais ? Pas tout à fait, puisque le petit garçon au tambour est sauvé par la Mort, qui lui apparaît à cheva let sous les traits de Mylène… Le clip est très réussi, et Boutonnat démontre ici sa maîtrise de la narration et de la caméra. Aucun détail n’a été oublié, des costumes aux décors en passant par les accessoires et les musiques additionnelles. Tourné en huit jours d ans la forêt de Rambouillet à la fin du mois d’août 1988, le clip de Pourvu qu’elles soient douces reste l’un des plus aboutis de Mylène.

Une parfaite réussite donc, qui sera projetée le 6 Octobre 12988 en avant-première au cinéma UGC sur les Champs-Elysées.

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                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 52/220

 

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MEDLEY RTL pour Mylène

Posté par francesca7 le 25 février 2013

 

MEDLEY RTL pour Mylène dans Mylène AU FIL DES MOTS 1989-04-a-211x300Il fut un temps où Mylène s’adonnait de bonne grâce au jeu de la promotion. Ce fut le cas en 1988, où pour promouvoir l’album Ainsi soit Je… Mylène était présente sur toutes les télés et émissions de radio. C’est lors d’une émission de radio sur RTL animée par Fabrice « Casino Parade », que Mylène chante un medley de plusieurs chansons qui ne sont pas de son répertoire.

Le jeu était récurrent, et tous les artistes invités à cette émission devaient se plier à l’exercice, intitulé « Chantera, chantera pas ». Les chansons étaient puisées dans le répertoire « classique » de la chanson française. Pour Mylène, ce fut Une chanson populaire (Claude François), La montagne (Jean Ferrat), Sacré Charlemagne (France Gall), Malheur à celui qui blesse un enfant ( Enrico Macias), L’oiseau et l’enfant (Marie Myriam) et C’est un beau roman (Michel Fugain).

A chaque fois, la chanteuse interprète un très court extrait de la chanson en question. Rien d’extraordinaire ici, mais soulignons tout de même que Mylène s’en sort très bien, et surtout que c’est la première et la dernière fois qu’elle se pliera à de telles exigences de promotion… Outre ce medley, Mylène interprète dans l’émission trois de ses propres titres, Sans contrefaçon, Allan et Sans logique.

Ce medley RTL reste évidemment inédit.

                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 51/220

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Pourquoi dernier sourire de Mylène

Posté par francesca7 le 25 février 2013

 

Pourquoi dernier sourire de Mylène dans Mylène AU FIL DES MOTS 8Quand sortent le SP et les maxi de Sans logique, en février 1989, les admirateurs de Mylène ont le plaisir de découvrir en face B une magnifique chanson inédite, Dernier Sourire. Magnifique chansons voire une des plus belles de Mylène.

Le texte est particulièrement sensible et émouvant, puisqu’il s’agit pour l’artiste d’évoquer les derniers instants d’un mourant (d’où le titre). On l’imagine ici au chevet d’une personne agonisante, mais sans savoir qui précisément (les « analystes » des textes de Mylène prétendent sans vergogne qu’il s’agit du père de la chanteuse, décédé en juillet 1986, mais rien n’est moins sûr tant l’artiste reste discrète à ce sujet). Quoi qu’il en soit, cette chanson deviendra immédiatement une chanson culte pour les fans de Mylène.

En effet, l’artiste utilise des mots simples et justes pour évoquer le passage entre l’état de vivant et celui de mort : « Sentir ton corps / Tout ton être qui se tord / Souriant de douleur / Sentir ton heure / Poindre au cœur / D’une chambre qui bannit le mot tendre / Sentir ta foi / Qui se dérobe / A chaque fois que tu sembles comprendre / Parle-moi encore / Si tu t’endors / Si c’est ton souhait . Je peux t’accompagner ».

Si ce texte semble clair et très compréhensible, ce qui n’est pas toujours le cas, reste le dernier vers, qui lui, est particulièrement abscons : « Ton souvenir ne cessera jamais / De remuer le couteau dans mon plaie ». Là encore, beaucoup se perdent en conjectures : Mylène se serait trompée lors de l’enregistrement en inversant les genres de « couteau » et de « plaie »…. Elle n’aurait pas eu le temps de recommencer pour rectifier son erreur. L’explication semble bien légère quand on sait le soin apporté par Farmer et Boutonnat à leurs enregistrements… Une autre analyse qui n’engage que son auteur serait que Mylène a rendu là un discret hommage à Serge Gainsbourg et à la chanson Le Couteau dans le play, écrite pour Jane Birkin (album Lost Song, 1087).

Là encore, Mylène seule pourrait départager les différentes explications… A la fin de la chanson, on peut entendre son cœur qui bat de plus en plus lentement ; pour s’arrêter définitivement….

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                issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 51/220

 

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Dernier sourire de Mylène

Posté par francesca7 le 24 février 2013

symbolisme de « Dernier sourire« 

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat

Dernier sourire de Mylène  dans Mylène et SYMBOLISME images-10 

Percer les secrets des vers de Mylène Farmer, ça ressemble parfois à un viol. Ou alors quelque chose comme pénétrer en Nike dans un tombeau de pharaon. Mais si les œuvres de Mylène sont publiques, on a le droit de réfléchir dessus. De plus, il ne faut pas oublier qu’elle n’a rien d’une déesse, et que « Dernier sourire » n’est pas une œuvre sacrée mais une chanson d’une profonde humanité. A respecter donc, mais pas à idolâtrer.

Ici, Mylène semble se rapprocher des canons de la chanson française, avec un accompagnement classique, une mélodie simple et sans refrain et des paroles plus sobres et moins mystérieuses. Rapprochement à relativiser, puisqu’elle s’y révèle, au niveau du style et de l’ambiance, au mieux de sa forme, avec au programme expression de l’inéluctable et description en temps réel de l’agonie d’un être aimé. 

images-13 dans Mylène et SYMBOLISMEEn fait, cette chanson est une véritable scène d’opéra, à la manière des solos des grands maîtres des temps passés, comme Verdi ou Schumann. Comment ne pas imaginer en entendant ces mots une scène tragique, avec le lit où un corps repose, pas encore mort mais s’éloignant de la vie, Mylène le serrant dans ses bras, désirant autant le retenir que de l’accompagner dans ses derniers instants… ?

Avec les premiers mots de la chanson (« sentir ton corps »), on a l’impression de se retrouver devant une chanson d’amour…et on a raison ! Même si la suite devient beaucoup moins romantique (« tout ton être qui se tord ») le thème de la chanson est bien la description de la mort d’un proche, le point de vue choisi est celui de Mylène, qui voit l’être aimé lui échapper et tente de lui manifester son affection une dernière fois. D’où le titre « Dernier sourire », d’ailleurs…

Le titre peut être aussi interprété avec le symbole du sourire du crâne, personnifiant la mort. On assisterait alors à la substitution progressive de la malade par la mort, envahissant peu à peu son visage. Ainsi, le sourire serait causé par la douleur (« souriant de douleur »), un peu comme une blessure ouverte d’une oreille à l’autre, comme dans « l’Homme qui rit » (Victor Hugo) où un personnage porte sur lui un sourire gravé à jamais.

Il y a une progression dans la chanson, un grand mouvement menant non à la mort, mais à la mémoire (« ton souvenir ne cessera jamais »), amplifié par l’absence de refrain. 

D’abord, la mort (« ton heure ») « point au cœur », elle s’approche, comme une ombre menaçante. Etrange figure de style, la chambre « qui bannit le mot tendre » devient le réceptacle d’un cœur, focalisant sur celui-ci toute la dureté d’un scène. 
La mort accomplit un pas de plus, lorsque la « foi se dérobe, à chaque fois que tu sembles comprendre ». Mylène sent que l’espoir d’une guérison miracle vacille et disparaît, soufflé par la fatalité qui se fait plus pressante à mesure que la malade prend conscience qu’elle vit ses derniers instants.

« Parle-moi encore ». C’est tout le problème du comportement qu’on doit adapter face à la mort en direct d’un proche. Que peut-on dire de juste, d’intéressant et de sensé dans ce genre de situation ? Il suffit d’être vrai, peut-être…
Mylène, femme sensible et grande amie de la malade, compatit forcément à ses affres, donc elle souffre presque autant qu’elle : « Je peux t’accompagner ». Mais aussi, elle se révolte, avec les plus beaux vers de la chanson : « Qui te condamne ? Au nom de qui ? Mais qui s’acharne A souffler tes bougies ? » Non seulement la mort est impersonnelle (pourquoi, dans aucune civilisation, nul n’a jamais donné de nom à la mort ?), mais elle est aussi absurde : puisqu’elle prend indifféremment le vieux et l’enfant, l’innocent et le coupable. 

La mort est infligée sans tribunal.
Et il n’existe pas d’avocat, lorsqu’elle vous montre du doigt.

telechargement-7Les « bougies soufflées » symbolisent le temps et les âges passant au fur et à mesure qu’on dénombre les anniversaires.
« Si je t’invente des lendemains qui chantent… » Comment parler d’espoir, ou même comment prononcer le mot demain, quand on connaît la condamnation ? « Est-ce te mentir ? » La vérité est trop dure à prononcer, l’espoir mensonger n’est-il pas plus doux à entendre ? « Vois-tu le noir de ce tunnel ? » Les promesses s’effacent une à une devant l’inévitable. Mylène est partagée entre son désir de ne pas causer plus de mal à la mourante en l’accablant d’adieux, et celui de ne pas la « trahir » en lui cachant la vérité. Elle sent aussi qu’elle ne pourra pas l’accompagner bien longtemps.

La fin est originale. Alors que la mourante disparaît enfin dans un jaillissement de « lumière », Mylène reste seule avec un « souvenir » éternel, et elle n’a d’autre choix que de se promettre elle-même à une torture sans fin, se refusant à chasser son amie de sa mémoire. 

C’est parce qu’un drame est parfois ressenti avec encore plus de force lorsqu’il arrive à sa meilleur amie qu’à soi-même (répétition du mot « sentir ») que « Dernier sourire » a eu un aussi fort impact sur le public, subjugué lors du Mylénium Tour. L’avantage de cette chanson par rapport à « Ainsi soit Je », c’est qu’elle remplace la lamentation par la compassion. 
C’est une chose que de voir pleurer les Star’académiciens (dont on ne niera pas le pathétisme). C’en est une autre d’assister à un « Dernier sourire » live. 

Et ce qui sépare ces deux choses, ce n’est pas un océan de larmes, mais l’authenticité.

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Pas le temps de vivre Mylène

Posté par francesca7 le 24 février 2013

symbolisme de « Pas le temps de vivre« 

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Mylène Farmer

 Pas le temps de vivre Mylène dans Mylène et SYMBOLISME telechargement-4

Cette sublime chanson de la main de Mylène (paroles + musique) est le troisième titre de l’album « Innamoramento » sorti en 1999. Elle a été écrite en hommage à son frère Jean Loup, décédé dans un accident de voiture en 1996. Depuis qu’elle a perdu son frère, Mylène ne retrouve plus son équilibre et est totalement perdue dans ce monde… 

Le titre de la chanson, reprise des mots du refrain, ressemble à un euphémisme, une façon détournée de dire la douleur de vivre, sorte de transcription en langage poétique de l’existentiel : « pas (plus ?) envie de vivre ». La négation porte en elle le non-sens de la vie. Le temps de l’existence est miné.

Le texte s’ouvre (de façon cohérente avec le titre) sur le thème du temps qui passe, du temps que l’on vit, immensément long, comme le suggère le pluriel de répétition « il est des heures ». L’emploi du verbe « être » au lieu du présentatif avec le verbe « avoir » (« il y a ») résonne de façon existentielle. « Il est des heures », c’est aussi dire qu’il y a des moments sombres, des passades de chagrin. Le mot « ombres » est connoté de façon nocturne mais ce que dit surtout ce premier vers, c’est la crispation de la douleur. Car les « ombres » ont aussi le sens d’illusions. La jeune femme est rendue parfois à la raide réalité de la souffrance. Le sous-entendu contenu dans le verbe « se dissiper » est qu’elle détourne d’elle le plus souvent le chagrin dur et cru. La forme impersonnelle du verbe « se dissiper » montre que le processus se fait tout seul, à l’insu du sujet. Dans l’expression « la douleur se fige », on sent l’influence de Baudelaire et l’expression du spleen dans Les Fleurs du Mal : « un cœur qui se fige ».

telechargement-5 dans Mylène et SYMBOLISMELe deuxième vers de cette première strophe (qui est un quintil) joue sur un effet de surprise lexicale, effet réitéré à la même place dans le deuxième quintil. En effet, l’auteur utilise un néologisme en donnant une forme verbale (pronominale) à un adjectif : « invincible » (qui ne peut être vaincu) devient « s’invincibler », découverte verbale inédite.

Ce deuxième vers est une reprise anaphorique du premier (« Il est des heures où ») et l’effet en est nostalgique et rêveur. L’auteur médite sur ce qui se passe en elle, dans les moments où le chagrin l’assaille. Le champ lexical de la raideur, de la dureté, de l’âpreté qui était dans le verbe « se fige » se retrouve dans le néologisme « s’invincible ». Quand la douleur arrive, les sensations semblent être faites de crispation et de soumission : « s’invincible », « s’incline ».

La métaphore morbide « la lèpre » et les pronominaux accentuent l’idée de résignation à la douleur. Le troisième vers commence par un « mais », comme le troisième vers de la strophe suivante, avec un parallélisme de construction qui participa à la cohérence d’un texte pourtant décousu ou plutôt qui mime le flux mental de la conscience avec ses oppositions plus affectives que logiques. « Mais si » : on est d’ailleurs dans le mode hypothétique, celui des regrets, des remords, le futur vu d’autrefois, inimaginable, irréversible aussi. « Si j’avais pu … », irréel du passé, en latin.

L’expression « je serai qui tu hantes » est d’une grande beauté et elle a justement quelque chose à voir avec le latin dans son sens du raccourci. « Je serai celle que tu hantes » serait plus français, plus explicatif. Ce « qui », pronom relatif sujet sans antécédent est très latin (c’est celui qu’on trouve dans les proverbes du genre « qui aime bien châtie bien »), il est efficace, bizarre et ambigu. « Je serai qui tu hantes » fait penser au « Horla », au thème du dédoublement et de la présence invisible qui est là : on comprend par cette formule ramassée et pudique tout l’enfer de l’obsession liée au chagrin et au deuil. Dominent dans cette fin de strophe, les mots « incertitude » et « solitude » à la rime franche et riche en contraste avec les seules assonances de « fige » et « incline » ou plus loin de « s’effacent » et « monacale ».

images-9Le deuxième quintil par un effet de répétition reprend la complainte sur les heures de cafard. Cette anaphore donne une allure de refrain à ce qui est un désespoir vécu. L’auteur introduit le thème de la musique par un biais léger et poétique, une mise en abyme : « Les notes se détachent ». Mylène Farmer est la chanteuse et la musicienne. Cette allusion aux notes de la chanson contribue à créer un pacte autobiographique même si l’histoire réelle n’est pas dite mais seulement suggérée, universalisée. D’ailleurs, c’est le mot « être » qui va servir de nouveau à désigner celle qui souffre : « l’être se monacale » faisant écho à « l’être s’invincible » avec le même souci du néologisme et de la création verbale pour dire l’inexprimable. La carapace, la prison ou le couvent sont des leitmotiv dans les deux cas.

L’atmosphère de cette deuxième strophe tourne autour de la nuit et de ses fantasmes avec les mots « lune », « nuit », « paupières », « erre » .Les sonorités sont étudiées et créent des rimes internes comme le groupe « erre » et « lumière », ou « paupières ». La métaphore filée évoque une femme devenue somnambule. La mort rôde sous la forme d’une « lumière que le vent a éteinte » .On remarquera les pluriels possessifs « mes nuits », « mes peurs » qui disent explicitement l’angoisse ainsi que l’adverbe de temps « une à une », où s’exprime la lenteur, la longueur de la souffrance. Il y a un effet de chute dans le dernier vers de cette strophe ; effet voulu puisqu’il est repris à la fin de la chanson « mes peurs de n’être plus qu’une ». Le sous-entendu est qu’elle était à deux, autrefois, le thème est celui de la douleur, de la solitude.

Le refrain se caractérise par l’intrusion du « je » et du « tu ». Il dessine un dialogue plus personnel que la méditation antérieure sur la souffrance des heures de manque. L’auteur en appelle à l’impératif à celui auquel elle pense : apostrophe amoureuse « aime moi », quasi érotique « entre en moi » même si l’on comprend le niveau métaphorique de l’expression. « Dis moi », « Dis moi » deux fois sont un appel, émouvant à un dialogue, pourtant fictif. D’ailleurs le côté impossible et surréaliste de cet échange verbal au-delà de la mort est rendu dans le registre de « l’ivresse » et de la « nuit » folle : fête carnavalesque vers la mort (« la nuit se déguise »).

Les derniers vers retrouvent l’accent mélancolique de la chanson de Jacques Prévert chantée par Yves Montant avec le thème de la mer qui efface les traces des pas des amants sur la plage. Mais Mylène Farmer décline ce thème de façon féminine : c’est elle la mer (« je suis comme la mer »), ce qui donne une dimension métaphysique infinie à son sentiment de regret, de remords « n’avoir pas su » répond à « si j’avais pu » de façon irréversible et tragique. « Tes pas » c’est aussi le titre d’un poème fort connu de Paul Valéry qui a rapport avec la mer puisqu’il appartient au recueil « Le cimetière marin ».

La dernière strophe exprime derechef l’impression d’une vie impuissante et brisée. La métaphore du « marbre sans veine » est originale. Associée au terme « pensées », elle évoque le cerveau comme matière morte, sans les surprises que l’on trouve normalement dans la pierre ou dans le bois et qui correspondraient aux veines et aux neurones. Un cerveau sans les marques de ses lobes et de ses connexions.

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La métaphore suivante est moins originale mais très touchante quand même ; elle rappelle les paroles de la chanson de Brel « Ne me quitte pas » : « laisse-moi devenir l’ombre de ta main … l’ombre de ton ombre… l’ombre de ton chien ». L’intertextualité est évidente et voulue, vue la notoriété de cette chanson. Mais avec le mot « ombre », Mylène Farmer accède à un registre mystique et occulte qui lui est personnel. « Ombre » nous fait accéder au royaume des morts et fait écho au mot « clef » chargé de mystère ou au mot « astre » qui évoque à la fois l’infini de l’espace et la possible connivence du ciel avec nos caractères personnels.

Les derniers vers ont une connotation pathétique avec l’expression de la peur et le désir d’une main secourable : « ta main ». L’apostrophe au frère absent revient douloureusement dans le refrain et à l’écoute de cette chanson, on ne peut qu’être touché par les sonorités aiguës car l’assonance en « i » est récurrente et permet à la chanteuse de monter dans la gamme avec une voix féminine et des sons très ténus.

 

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C’est une belle Journée Mylène

Posté par francesca7 le 24 février 2013

symbolisme de « C’est une belle journée« 

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat

C'est une belle Journée Mylène dans Mylène et SYMBOLISME telechargement-31 

C’est le deuxième titre inédit du best-of « Les mots » sorti en 2001. Mylène Farmer a étonné beaucoup de monde avec ce titre énergique. En effet, c’est grâce à une musique entraînante que la chanteuse parle du suicide ! On ne la changera pas…

Dans toute sa chanson, Mylène compare la mort au sommeil. Elle l’introduit dès les premières paroles. Pour tout le monde, un homme allongé dort, mais pour Mylène il est mort. Dormir aura donc le sens de mourir par la suite, et plus particulièrement le sens du suicide. Mylène nous montre un monde pessimiste. Ainsi, une amphore à moitié pleine est perçue à moitié vide. D’un point de vue « mathématique », c’est pareil, mais le fait de la voir à moitié vide montre que l’on voit plutôt le vide que le plein, ce qu’il manque, le côté pessimiste de la chose. Puis Mylène nous incite ensuite à « voir la vie du côté pile », c’est-à-dire à voir les choses de façon optimiste (la côté pile d’une pièce étant le plus important). Dans les moments de déprime la chanteuse en revient aux élégies, qui sont des poèmes souvent tristes. Pourtant, ce n’est pas la tristesse qui « guérit » la déprime ? Mylène nous incite donc au suicide ? Les vers suivants pourraient nous mener à cette conclusion… En effet, Mylène a peur du bonheur ! Etrange ! Des envies de suicide la tourmentent vraiment…

images-4 dans Mylène et SYMBOLISMELe refrain se caractérise par de nombreuses contradictions. En effet, c’est une belle journée, pourtant Mylène va se coucher ! Etrange ! Une belle journée donnerait plutôt l’envie de se promener, de profiter de la vie… mais pour Mylène, cela lui donne l’envie de se coucher (donc de mourir). Puis elle ajoute encore une contradiction : une belle journée donne l’envie d’aimer mais elle préfère mordre l’éternité. Mordre l’éternité, tout comme mordre la poussière exprime le fait de ne plus être en vie. La chanteuse nous dit ensuite qu’une belle journée donne l’envie de paix, de tranquillité, pourtant elle veut voir des anges à ses pieds. Ne serait-ce pas au Paradis que résident les anges ? Cependant, pour la chanteuse, mourir c’est « se faire la belle ». Etrange vision de la vie après la mort ! Souvenons-nous quand même que Mylène ne s’aime pas : « physiquement, je ne me supporte pas. Je me regarde peu, je ne vois jamais mes clips. C’est très douloureux. » Alors Mylène quand on meurt, on devient beau ?

Le deuxième couplet joue sur un effet de parallélisme. Il rappelle sa conception du sommeil (= la mort) ainsi que la vision pessimiste des gens. Toutefois ici, Mylène fait partie de ces gens peu optimistes (« je la vois »). Les vers suivants parlent d’amour. Ils comportent un sous-entendu. « En amour si c’est du lourd »… et Mylène ne termine pas sa phrase. Cela signifie que si l’on est vraiment amoureux, tout va bien. Toutefois « si le cœur est léger » (qui marque ici le malheur en amour), plus rien ne va et les élégies vous font sombrer dans la déprime. L’amour est fait de plaisirs longs et courts. Longs pour l’amour fou et courts pour les amours fugasses qui mènent à la solitude. Aussi Mylène a le souffle court, donc elle est malheureuse en amour. Ceci dit, faut-il se suicider si on est en manque d’amour ?

Le troisième couplet pourrait finalement montrer que le suicide n’est pas si bien que ça. En effet pour Mylène la vie est belle comme aile, une aile d’oiseau qu’on ne doit froisser pour qu’il continue à voler (et donc à vivre). Toutefois, la vie de Mylène est belle mais la sienne va s’emporter (vers le ciel ? Sûrement !). Et la chanteuse va commencer à vivre ? (« j’entre en elle »). Vivre après la mort ! Etrange encore ! Mais Mylène est mortelle et elle veut partir maintenant comme le rappelle le verbe à l’impératif « va » qui ici a un sens de « meurt »…

Mylène signe un joli texte qui lu au premier degré est incompréhensible. Le clip qui accompagne ce titre montre une femme triste qui attend que le temps passe et s’ennuie. Des envies suicidaires Mylène ? En tout cas nous on espère que non car même si tes textes traitent du suicide, ils sont magnifiques…

images-51A noter aussi, que lors d’une interview télévisée dans l’émission « Sept à huit » diffusée en janvier 2006, Mylène Farmer avait apporté une anecdote sur cette chanson. Voici la réponse de la chanteuse à l’intervieweur qui lui demandait si elle se permettait beaucoup de choses :
« En tout cas, je ne m’interdis rien, si ce n’est… Je fais appel à ma mémoire… Mais je me souviens quand j’ai écrit « C’est une belle journée », dans le refrain j’avais mis « C’est une belle journée, Je vais me tuer » à la place d’aujourd’hui, « C’est une belle journée, Je vais me coucher ». Et je crois que là, ce pourrait être un appel au suicide de certaines personnes un peu fragiles et j’ai changé ce mot pour un autre, parce que c’était peut être tout d’un coup quelque chose de trop fort, trop déterminant. Je crois que tout est possible à partir du moment où une fois de plus on ne fait de mal à personne. »

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Mylène avec les mots !

Posté par francesca7 le 23 février 2013

Mylène avec les mots ! dans Mylène AU FIL DES MOTS iao

Dans un premier temps, voyons quels sont les noms communs préférés de Mylène Farmer. Les noms représentent les thèmes récurrents… Mylène aime bien le mot « vie » qu’elle utilise dans 43 chansons, soit près de une sur deux. On remarquera le thème de l’amour assez récurrent… Mais alors Mylène est encore une de ces chanteuses qui parle d’amour ? Je vous laisse à votre propre interprétation de ces résultats… A noter que l’on comptabilise aussi les mots au pluriel. (Ex : œil/yeux).

1 – vie (43)
2 – amour (25)
3 – âme (25)
4 – monde (21)
5 – coeur (20)
6 – nuit (17)
7 – oeil (16)
8 – mot (16)
9 – temps (16)
10 – main (15)

Voyons maintenant les verbes qui représentent les actions… (Passons les verbes « être » et « avoir » en première et deuxième position, que j’ai écartés pour leur « non sens »). Oh, on retrouve encore une fois l’amour avec le verbe « aimer ».

1 – aimer (37)
2 – dire (36)
3 – savoir (33)
4 – faire (33)
5 – voir (29)
6 – vouloir (27)
7 – pouvoir (18)
8 – aller (17)
9 – prendre (15)
10 – mourir (15)

Jetons un œil aux adjectifs qualificatifs : pas de réelle émergence… Rappelons que l’on comptabilise les féminins et les pluriels. (Ex : beau/beaux/belle/belles).

1 – beau (12)
2 – long (12)
3 – petit (11)
4 – doux (9)
5 – seul (7)
6 – tendre (6)
7 – triste (6)
8 – nu (6)
9 – froid (6)
10 – lent (5)
11 – suspendu (5)

Voilà, je crois que c’est tout ce que l’on peut dire pour le moment… Inutile de s’attarder à toutes les catégories grammaticales de mots… Notons qu’en général, la chanteuse parle d’elle, de sa vie, son histoire… En effet, voici les résultats pour les pronoms sujets :

1 – je (60)
2 – on (39)
3 – il (38)
4 – tu (37)
5 – nous (29)
6 – elle (17)
7 – vous (13)
8 – ils (9)
9 – elles (5)

Je n’ai pas de statistiques sur des suites de mots, comme par exemple « adjectif + nom » ou « nom + adjectif » (sauf « main experte » que l’on retrouve dans deux chansons). Pour l’anecdote, Mylène utilise pratiquement autant les noms de genre masculin que de genre féminin…

à vous d’interpréter ces résultats…

Les linguistes pourraient se pencher sur des analyses plus littéraires, comme des comparaisons avec des auteurs ou des artistes. Mon seul rapport est celui des chiffres. Pour information, ces techniques de statistiques et d’analyse m’ont été enseignées dans le cadre de mes études durant les cours d’ »Extraction de connaissances dans les données ». Cette matière s’intéresse à l’analyse informatique de textes et la mise en évidence de données « cachées » dans des documents…

Je vous propose maintenant d’aller retrouver un(e) de vos ami(e)s fans de la rousse et de lui poser la fameuse question : « Quels sont, selon toi, les mots que Mylène Farmer utilise le plus souvent dans ses chansons ? ».

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Des Pts Bonus sur Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 23 février 2013

 

En décembre 2010, on apprenait dans une interview qu’elle donnait à Paris Match que Mylène aimait beaucoup Jean Rochefort : « Un acteur unique, un homme d’une classe folle, un charme renversant. Je suis sensible à sa grande délicatesse, c’est un être totalement décalé, si émouvant aussi. Bref… magnifique.« 

Mais comment se sont-ils rencontrés ? Et bien ils avaient en fait un projet de film ensemble entre 2002 et 2010 ! Ils sont depuis devenus amis. C’était un film de Delphine Gleize qui n’a pas pu se finaliser et sur lequel ils étaient donc destinés à être acteurs. Et si vous vous demandez la source de cette anecdote : Jean Rochefort lui-même !

On se souvient à ce sujet d’un article de presse paru au Canada (publié en janvier 2004, voir page 1 et page 2) qui annonçait que Marc Lévy avait écrit entre 2002 et 2003 son premier scénario original pour un film appelé « A deux pas de chez toi » et que Mylène Farmer y jouerait le rôle de Léa, une infirmière vivant un road movie avec une personne âgée. Dans une interview accordée en mars 2004 à Femme Actuelle, Marc Lévy expliquait à nouveau que Mylène « jouerait dans son prochain film ». Et une rumeur à l’époque disait que l’acteur principal serait Michel Serrault ou… Jean Rochefort ! Il avait en revanche rectifié à un de ses lecteurs ce que disaient certains à propos du synopsis : « Le personnage principal n’est pas du tout en phase terminale, il va très bien c’est juste un vieux monsieur« .

Des Pts Bonus sur Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES 230_image

 Peu après le tournage du clip A l’ombre, un fan a pu rencontrer Olivier de Sagazan, l’artiste que l’on voit dans le clip effectuer une transfiguration. Il a ainsi pu rapporter de nombreuses anecdotes sur les coulisses de cette collaboration, racontées par Olivier de Sagazan lui-même.

Mylène a pris contact avec cet artiste il y a un peu plus d’un an, après qu’un ami londonien lui ait montré une vidéo de son travail sur Youtube. Mais les chansons que Mylène lui a alors proposé (probablement de l’album Bleu noir) ne lui ont pas convenu, la collaboration ne s’est donc pas faite à ce moment-là. Mylène est revenue vers lui pour le retour Monkey me, en lui proposant de collaborer cette fois-ci sur le titre A l’ombre. La chanson – et notamment son texte – ont convenu à Olivier de Sagazan, qui a alors accepté la collaboration à condition qu’ »il se passe vraiment quelque chose ». Autrement dit que Mylène participe à la transfiguration… Au départ elle n’aurait pas voulu directement, par claustrophobie. Finalement, après qu’Olivier de Sagazan l’aie convaincue qu’il fallait « se mouiller », Mylène s’est lancée, en douceur…

391_image-224x300 dans Mylène et des CRITIQUESLa première rencontre de l’artiste avec Mylène Farmer et Laurent Boutonnat a eu lieu chez ce dernier. Olivier de Sagazin s’est alors rendu compte en arrivant chez lui que « ce n’est pas n’importe qui ». Le contact est tout de suite très bien passé entre les deux hommes. Il trouve Mylène et Laurent « très intelligents ».

Olivier de Sagazan regrette deux choses : d’abord, que des plans dans lesquels Mylène et lui se faisaient face, et interagissaient vraiment l’un avec l’autre, n’aient pas été conservés dans le montage final. Ensuite, que Mylène n’aie pas évoqué son travail lors de son passage au JT de TF1 à la sortie de l’album. Il est toutefois resté en bons termes avec Mylène, chez qui il a dîné peu de temps après le tournage du clip.

Il décrit la chanteuse comme vraiment timide. « Elle ne se la raconte pas », dit-il. Il a également rapporté que le lieu de vie de Mylène est très impressionnant, « un vrai musée d’art contemporain », avec des oeuvres torturées de partout.

 

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La linguistique à Mylène

Posté par francesca7 le 20 février 2013

 

La linguistique à Mylène dans Mylène et des CRITIQUES images-112Il faut quand même dire que ce n’est pas très lisible ! Mais très utile ! Ensuite, chaque mot doit être rendu sous sa forme canonique, c’est-à-dire tel qu’on le trouve dans le dictionnaire. (ex : un nom au pluriel est rendu au singulier, un verbe conjugué est donné à l’infinitif…).

Vous vous êtes sûrement demandé quels étaient les thèmes principaux que Mylène Farmer utilisait dans ses chansons. Grâce à une analyse sémantique des paroles de ses titres, nous avons pu extraire le principal vocabulaire de la chanteuse.
Mais avant de continuer, je vous propose de réfléchir quelques secondes à la question suivante : 

« Quels sont, selon vous, les mots que Mylène Farmer utilise le plus souvent dans ses chansons ? ».

J’espère que vous avez pris le temps de la réflexion et que vous pourrez comparer avec les vrais résultats. Si vous avez choisi les mots « mort », « mystère », « ange » ou « prolixe », vous avez perdu !  

Pourtant, lorsqu’on est en possession de ces informations capitales, il est ensuite possible grâce à un maniement des chaines de caractère d’extraire les principaux mots utilisés dans les chansons de Mylène Farmer !

Les statistiques ci-dessous indiquent le nombre de chansons qui contiennent au moins une fois le mot en question… Attention, le comptage ne prend pas en compte les mots qui apparaissent plusieurs fois dans une chanson. (Exemple dans la chanson « Libertine », le « je » n’est compté qu’une seule fois bien qu’il apparaisse à plusieurs endroits dans les paroles : « Je, je suis libertine, je suis une catin »).

Voilà, vous connaissez dans les grandes lignes la méthode utilisée, ne reste plus maintenant qu’à vous présenter les résultats. Il est à préciser que ces analyses se font sur toutes les chansons interprétées par la chanteuse, soit un total de 86 chansons.

D’autres analyses plus poussées pourraient être réalisées pour analyser uniquement les compositions de Mylène ou les compositions de Laurent. On pourrait aussi imaginer travailler avec les chansons d’un album en particulier ou pour Alizée… Et pourquoi pas avec les interviews de la chanteuse ! Bref, il y a de nombreuses possibilités…

A VOUS DE TESTER….

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Aux musics Award 2013

Posté par francesca7 le 20 février 2013

 

Aux musics Award 2013 dans Mylène 2013 - 2014 images-2A quelques heures de la grande cérémonie des NRJ Music Awards 2013, les twittos trépignent d’impatience, à l’idée de retrouver leurs artistes préférés sur scène à Cannes, et donnent leurs pronostics sur les lauréats de la soirée…

L’attente est presque terminée…En effet, c’est dans exactement 2 heures que débutera la cérémonie des NRJ Music Awards 2013 à Cannes, et sera retransmise au même moment en direct sur la chaîne TF1. Une cérémonie qui ne cesse de faire du bruit sur les réseaux sociaux ce week-end puisque depuis hier soir, le hashtag #NMA est en tête des tendances françaises sur Twitter. On peut dire que les twittos brûlent d’impatience à l’idée de voir leurs artistes préférés sur scène ce soir. Il faut dire que du beau monde est attendu pour l’occasion : Alicia Keys, Psy, Shy’m, Matt Pokora, Jenifer, Taylor Swift, Patrick Bruel, Carly Rae Jepsen, Amel Bent, Tal, Mylène Farmer, Birdy et le célèbre boys band One Direction. Tandis que certains coquins souhaitent retrouver la robe ultra sexy de Shy’m qui avait enflammé Twitter lors des NRJ Music Awards 2012, d’autres font leurs pronostics sur les lauréats de la soirée ! Et vous, êtes-vous impatients ? Qui voulez-vous voir gagner ce soir ?

C’est par un court vol en jet privé que Mylène Farmer a atteri à l’aéroport de Cannes-Mandelieu, entourée par plusieurs membres de son équipe, le vendredi 25 janvier. La chanteuse, qui cartonne dans les charts avec son dernier opus intitulé Monkey Me (330 000 exemplaires déjà vendus), s’est rendue sur le plateau afin d’enregistrer la chanson Je te dis tout, son nouveau single. Bien qu’elle ne soit pas nommée cette année, malgré un très bon album et un succès commercial, Mylène Farmer reste fidèle à la cérémonie qui lui a déjà offert neuf prix, alors qu’elle boude les Victoires de la musique.

Mylène Farmer, qui était chaudement vêtue à son arrivée sur le tarmac, partagera la scène de la soirée avec une foule d’artistes comme la belle Shy’m, qui promet de ne pas passer inaperçue ou encore Amel Bent, en dépit de sa blessure.

Si Mylène était en direct, sa prestation était enregistrée, d’où l’absence pendant son interprétation de ‘Je te dis tout’ de la mention « en direct ». Extrait du nouvel album et première interprétation de ce titre à la télé.

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A force de… de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 18 février 2013

La fiche de A force de…

A force de est une chanson extraite de l’album Monkey Me (piste numéro 11) de Mylène Farmer sorti en 2012.

 A force de... de Mylène Farmer dans Les Chansons de Mylène a-force

Ecoute sur …. http://www.wat.tv/audio/force-5e3lb_5e36r_.html

Paroles de A force de de Mylène Farmer

 

A l’envers
Cette terre
Il pleut sur Vienne
La vie est belle

A force de mourir
Je n’ai pas su te dire
Que j’ai envie de vivre
Donner l’envie de vivre

A force de courir
De perdre l’équilibre
Moi j’ai envie de vivre
Donner l’envie de vivre

La force des rapides
Des vents qui se déchirent
Me donnent l’envie de vivre
Donner l’envie de vivre

A force d’étincelles
Que la nature est belle
Moi j’ai envie de vivre
Et de mourir sans chaînes

Impalpable
Cette flamme
La vie est belle
Quand on aime 

mf-a-lombre dans Les Chansons de Mylène
 

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Nuit d’Hiver de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 18 février 2013

 La fiche de Nuit d’Hiver…

Nuit d’Hiver est une chanson extraite de l’album Monkey Me (piste numéro 10) de Mylène Farmer sorti en 2012.  

Vidéo http://www.dailymotion.com/video/xvzpa0

Paroles de Nuit d’Hiver de Mylène Farmer

Envoyer « Nuit d’Hiver » sur mon Portable

Chloé…
Chloé…
Chloé…

Eh, oh, ce matin
Y a Chloé qui s’est noyée…

Suis là…

Eh, oh, ce matin
Y a Chloé qui s’est noyée… 
 

Nuit d'Hiver de Mylène Farmer dans Les Chansons de Mylène telechargement1

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Symbolisme « Jardin de Vienne » de Mylène

Posté par francesca7 le 17 février 2013

symbolisme de « Jardin de Vienne »

Paroles : Mylène Farmer
Musique : Laurent Boutonnat

+ d’infos sur cette chanson

 

Symbolisme

C’est le live 1989 qui a sauvé cette superbe chanson de la catégorie « chanson mineure ». Son côté morbide aurait pu l’assimiler aux premières « gothiques » de l’artiste, style « au bout de la nuit », alors qu’elle porte en elle un message bien plus puissant.
Comme de nombreuses oeuvres de cette époque, « Jardin de Vienne », à la première écoute, laisse l’auditeur troublé comme après une croisière houleuse, voire perturbé comme après un cross hard ! C’est l’histoire, mythique, d’un amoureux qui se pend, semble-t-il, de désespoir. Le rôle de Mylène n’est pas évident. Elle peut être l’amante qui le découvre au crépuscule ou, comme le type de voix choisi l’indique, la fille du défunt. Tout est raconté avec un nombre minimal de mots : tant mieux! Cette restriction volontaire donne à chaque mot sa force de frappe et contribue à l’aspect pudique du texte.

« Jardin de Vienne » s’ouvre par un extrait symphonique de Malher (d’ailleurs utilisé dans le film « Mort à Venise »). Puis, elle prend la forme d’une comptine plus ou moins légère qui tourne à la vertigineuse psalmodie. L’ouverture a l’avantage de planter le décor : on est dans une sorte de marche funèbre. On entrevoit déjà la procession, les robes noires, le cercueil… Mais, coup de génie, au lieu de poursuivre sur un morbide kitsch à la « Agnus Dei », la musique glisse sur une atmosphère plus trouble, quand la voix de Mylène apparaît, prenant le timbre enfant mignon de « Plus grandir ». 

Le contraste grandit, mené de main de maître, la chanson se déchire, nous avec, et s’ouvre sur les états d’âme de la chanteuse comme un écrin sur un diamant pur. Le contraste, comme une lumière obscure, est d’abord musical. Tandis que les synthés et les guitares martèlent nerveusement, que le vent siffle, la corde grince à en mettre nos nerfs à vif, la voix de Mylène se fait douce, oscillant entre l’étonnement et la compassion. Il faut attendre la phrase qui tue (« ce soir, j’ai de la peine… ») pour comprendre qu’elle est affectée par la mort. Le regard de Mylène est peut-être celui d’une femme qui, choquée par un drame que les mots ne peuvent décrire, semble retomber en enfance, avec sa naïveté et son ignorance devant la réalité de la mort. Ainsi, elle cache son insondable tristesse derrière des expression gamines, genre « petit bonhomme », « monte sur l’arbre ». Mylène compare la descente du corps à la cueillette d’une pomme! Plus l’interrogation simplette (« est-ce pour me voir? ») pour se préserver de la cruauté de la vérité. C’est la musique qui révèle la douleur de Mylène, renforcée par l’apparition des batteries militaires (elles-mêmes adoucies par la flûte de Pan!) : il y a donc un parfait équilibre entre le tragique exacerbé de la musique et la pudeur du texte.

La mort, le suicide, thème-clé, est assez « soft ». D’abord, aucun mot du champ lexical du funèbre n’est prononcé jusqu’à l’aveu (quand Mylène se rend enfin compte de la vérité!). Ainsi, l’homme « s’est endormi », « ne sourit plus », il dit « au revoir », il fait « l’oiseau ». Mort soft qui se balance entre la douce amertume du « vent du soir » et l’ironie grinçante de l’auteur. C’est du macabre à la Baudelaire, à la « Gaspard de la Nuit » qui nous ramène dans cette Vienne romantique où on allait se pendre parce que la demoiselle avait refusé la dernière valse! A noter que Mahler était un compositeur romantique… viennois! Mylène retrouve en elle cette sensibilité du XIX siècle, et « Jardin de Vienne » contribue à la moderniser, la ressusciter dans notre actualité.

Mais le refrain prend le pas sur le macabre lorsqu’il est répété, psalmodié jusqu’à la fin (6 fois!). c’est lui qui doit nous marquer.

L’histoire banale de l’amoureux qui se pend n’est pas choisi au hasard. Mylène utilise la mythologie du romantisme pour cacher son message derrière divers symboles. 

D’abord, il y a le Jardin. En général, c’est plus un lieu de détente qu’un cimetière, et on y trouve plus de couples qui s’emballent que de suicidaires. Or, justement, dans notre histoire, c’est l’amour qui cause la mort : on retombe sur notre contraste. On est face à un rituel de purification. Le gars meurt d’ amour, ce qui permet à son âme de « monter plus haut », de libérer son âme. Voilà comment le contraste s’explique : c’est celui du corps qui souffre, qui meurt, qui se déchire pour que l’âme puisse s’envoler. La mort est donc dépassée par l’espoir d’une vie nouvelle et mystérieuse, loin des souffrances du corps dont on peut bien se moquer puisqu’il ne sert à rien!

219_image-264x300 dans Mylène et SYMBOLISMELe jardin s’intègre aussi puisqu’il participe au rituel en tant que temple, idée de sanctuaire de l’amour. Même s’il se donne la mort, l’homme (dont l’anonymat indique qu’il peut s’agir de chacun d’entre nous) est purifié car il agit par l’amour. Amour que Mylène ne semble pouvoir partager puisqu’elle doit rester sur terre, avec les souffrances de son corps. Ce n’est pas l’homme qui souffre, mais elle. Elle a perdu son amant. 

« Jardin de Vienne » est la comédie d’une mort, le drame d’une séparation et l’espoir d’une délivrance.
Par sa richesse, sa beauté au-delà du macabre, elle mériterait une place dans un best of. Elle ne l’a pas obtenue, soit parce qu’elle apparaît sur un CD truffé de candidates à best of, soit parce que, comme toutes les chansons de Mylène Farmer, elle porte un danger : un certain phénomène d’accoutumance…

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Symbolisme de l’Horloge de Mylène

Posté par francesca7 le 17 février 2013

Analyse de « L’horloge »

Paroles : Charles Baudelaire
Musique : Laurent Boutonnat

+ d’infos sur cette chanson

Mylène Farmer a cette originalité d’allier dans ses chansons une expression puissante de sa personnalité indépendante et une inspiration importante et avouée de sources diverses. Le poète Charles Baudelaire en fait partie. 

Dans la famille des écrivains hallucinés, dépressifs, macabres et aussi géniaux que démodés, Baudelaire est le patriarche. On ne s’étonnera donc pas qu’il ne soit guère lu par les publics de Paul-Loup Sulitzer ou de J.K.Rowling, ce qui fait, en les additionnant, la majorité des consommateurs. 

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L’homme qui a enterré les vieillissantes doctrines romantiques a eu ce tragique destin de finir sur les mêmes étagères que ceux auxquels il s’opposait. A quelques exceptions près, la poussière semble être l’avenir fatal de toute œuvre dépassant les trente-quarante années d’existence. 

L’espérance de vie d’un livre devient inférieure à celle d’une cannette de bière !
Grâce à Mylène, il y aura au moins un auteur de sauvé (avec Poe dans « Allan »). Reprenant le texte original d’un poème de Baudelaire, Boutonnat et Mylène ont réussi à lui coudre un « habillage » contemporain à peu près à sa taille. 
Mais le choix de Baudelaire et de « L’Horloge » est plus qu’une opération de sauvetage par nostalgiques décalés. C’est une partie importante de l’œuvre mylénienne complète.

Rendons à chacun ce qui est à chacun : les textes de Baudelaire, au niveau du pur jeu poétique, sont supérieurs à beaucoup de textes de Mylène. C’est la différence entre le maître et l’apprentie. Mais, au niveau de la réflexion, Mylène ne se borne pas à copier Baudelaire. Elle veut le dépasser, ou plutôt passer par lui pour suivre un autre chemin, un chemin qui n’est pas loin de celui des « Fleurs du Mal », mais qui mène à d’autres lieux et d’autres paysages. 
Pour preuve, le fait que Mylène commence son premier « grand » album avec le poème qui finit le grand recueil de Baudelaire : la quatre-vingt-cinquième fleur du Mal. Une petite ambition de poursuivre sur la voie du maître ? En tout cas, de lui rendre un hommage musical.

D’ailleurs, Baudelaire lui-même était un grand amateur de musique, et il fut l’un des premiers à rechercher une musique dans les mots, les vers et les rimes, ce qui inspirera Verlaine. Baudelaire fut l’explorateur des correspondances entre mondes visible et invisible, sensible et matériel, poétique et musical. Il n’aurait donc peut-être pas craché sur une adaptation de ses poèmes en musique. Mais il aura dû attendre plus d’un siècle…

Sans se lancer dans une analyse détaillée du poème, il faut faire quelques remarques sur sa forme. 
D’abord, « L’Horloge », c’est six strophes de quatre alexandrins, ce qui fait vingt-quatre vers. Autant que de chiffres sur un cadran. Les strophes sont des quatrains : quatre vers. Autant de quarts d’heure. 
Ensuite, c’est un système, qui marquera Mylène durant toute sa carrière de poète, d’allitération et de jeux de sonorités construisant un rythme, donnant un tempo. 

Et Baudelaire a ce pouvoir d’utiliser les mots pour peindre le temps.
Vous pouvez vérifier. Les deux premiers vers et le dernier ver de chaque strophe comportent toutes au moins deux sifflantes par vers : en début ou en fin de vers. La consonne semble revenir inlassablement : « sinistre/impassible, menace/souviens-toi, cible ». Et c’est ainsi dans chaque strophe ! Impressionnant.

On ne sera pas étonné de trouver dans la partition de Boutonnat un même rythme implacable, presque conquérant, accompagné d’un thème descendant lentement. De même, Mylène alterne les passages parlés et chantés, graves et plus aigus, tel un perpétuel mouvement de balancier.

Le goût de Boutonnat pour l’étrange trouve en Baudelaire un prétexte pour se déchaîner. Et le musicien n’hésite pas à employer les effets attendus du genre : cris de bébé, résonances d’aéroports, voix de Jugement Dernier (« Souviens-toi », « Remember ») qui annoncent « Beyond my control », mystérieux arrangements au synthé, ruisselantes sonorités. 
Le rôle de Mylène paraît assez réduit, sa voix devant se conformer à un rythme particulièrement précis. Elle parvient pourtant à joindre une forte émotion à une sorte d’automatisme machinal. 

images-111 dans Mylène et SYMBOLISME« L’Horloge » rassemble plusieurs thèmes baudelairiens. 
Par exemple, ce n’est pas son seul poème qui parle du Temps, incarné par l’horripilant tic-tac de l’horloge, comme l’ennemi de l’homme. On en sent l’universalité dans la quatrième strophe, quand l’horloge dit « parler toutes les langues ». Avec malice, Mylène dit ce vers en imitant la voix d’un enfant, provoquant en nous un sentiment particulier quand on se rappelle combien on était heureux quand on était gamin et combien ce temps nous paraît loin.

C’est à cause de ce temps qui nous file entre les doigts que la vie nous apparaît comme un supplice, balançant jusqu’à la fin entre l’amertume de l’ennui (quand le temps est trop long) et les affres de la vieillesse (quand le temps nous trahit). 
C’est exprimé dans le poème dans le déroulement des strophes. D’abord, la deuxième strophe fait référence à l’âge des plaisirs, où l’on essaie de profiter de la vie tant elle est courte, puis c’est le temps de la paresse (« mortel folâtre »), juste avant de s’apercevoir qu’on a dépensé sa vie à ne rien produire. Les regrets d’avoir oublié de cultiver les valeurs humaines apparaissent trop tard. « L’auguste Vertu » reste « vierge », sans qu’on ait cherché ni à la toucher ni à l’aimer…

L’homme est soumis au Temps (« qui gagne sans tricher à tous coups ») comme à une « loi ». En effet, Dieu l’a créé périssable, il nous a déterminé en nous imposant le temps. C’est pourquoi l’horloge est un dieu « sinistre ». L’étymologie de ce mot est sinister : qui peut dire l’avenir. C’est cet avenir tragique que Baudelaire ne comprend pas. Pourquoi avoir créé la nature et ses merveilles (« la sylphide ») si on meurt avant d’en avoir réellement profité ? Absurde. 

La situation décrite dans le poème est terrible, parce qu’elle se situe juste avant la mort : non pas durant la nuit, mais au moment du crépuscule (« le jour décroît, la nuit augmente »). On ressent donc pleinement la menace de la mort, dont on ne sait vraiment qu’une seule et unique chose : elle viendra. 

Et, à ce moment, le temps qu’on avait cru gagner nous fera défaut, la chance qu’on croyait à nos côtés nous abandonnera, bref, toutes ces forces que l’humanité ne peut contrôler se retourneront contre elle. Et il sera trop tard pour demander pardon, car on n’efface pas le passé et la culpabilité reviendra nous tourmenter. C’est la signification de l’obsédant « souviens-toi ».
Reste à savoir en quoi Mylène se sent-elle interpellée par ce message. Elle est jeune, jolie, intelligente, sans complexe avec les hommes. N’a-t-elle pas le temps ?

mylMais n’est-ce pas ce que tout le monde croie, en se laissant berner par l’apparente longueur de la vie, alors qu’il manquera toujours de l’eau dans la clepsydre ? 
Deux éléments expliquent l’angoisse de Mylène. D’abord, la maturité de sa réflexion, qui la vieillit intérieurement et prématurément : elle le sentait déjà dans « Plus grandir ». Et puis, la proximité qu’elle entretient avec la mort. 
C’est surtout le caractère inconnu de la mort qui attire Mylène. Qu’en savons-nous, après tout ? Elle est omniprésente, omnipotente, frappe par surprise aussi bien que sans surprise. C’est un ennemi invisible qui détruit irréversiblement ceux qu’on aime et finit par nous prendre aussi. Elle est aussi bien adorée (il faut voir le nombre de films au cinéma qui magnifient la mort) qu’abhorrée, et universellement crainte. 

Mais, le pire, c’est qu’on ne sait pas ce que l’on craint. 
Bien sûr, il y a la souffrance. Mais, au bout de quelques années de vie sur cette planète, on y est vite habitué, même si, dans notre société, elle apparaît plus sous sa forme de souffrance morale que physique. 
Tenter de percer cet inconnu implique forcément de braver un interdit. Ce sera un facteur déterminant dans la poésie de Mylène. D’où la position en ouverture d’album de « L’Horloge ».

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