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Mylène Farmer apprécie Etty Hillesum

Posté par francesca7 le 25 décembre 2012

 

Mylène Farmer apprécie Etty Hillesum dans Mylène et les AUTEURS etty-hillesum-182x300Esther « Etty » Hillesum, née le 15 janvier 1914 à Middelbourg, en Zélande, aux Pays-Bas et décédée le 30 novembre 1943 au camp de concentration d’Auschwitz en Pologne, est une jeune femme juive connue pour avoir, pendant la Seconde Guerre mondiale, tenu son journal intime (1941-1942) et écrit des lettres (1942-1943) depuis le camp de transit de Westerbork.

Grande figure de la spiritualité contemporaine, Etty Hillesum, jeune femme âgée de 27 ans en 1941, au début de son Journal, vivait à Amsterdam, où elle a obtenu une maîtrise de droit en 1939. Elle commença alors des études de russe, que la guerre et l’occupation vont bientôt interrompre, tandis qu’Etty commence à tenir un journal intime, dans lequel elle relate la spirale inexorable des restrictions des droits et des persécutions qui amènent en masse les juifs néerlandais vers les camps de transit, puis vers la mort en déportation.

D’innombrables notations font de ce texte, et de ses lettres de Westerbork, camp de transit proche d’Amsterdam, où elle séjourna à plusieurs reprises, des documents historiques de premier plan pour l’étude de l’histoire des Juifs des Pays-Bas pendant la guerre. Dans son journal, elle évoque aussi son évolution spirituelle, qui, à travers la lecture, l’écriture et la prière, la rapproche du christianisme, jusqu’au don absolu de soi, jusqu’à l’abnégation la plus totale, tout en gardant, avec une admirable constance, son indéfectible amour de la vie, et sa foi inébranlable en l’homme, alors même qu’elle le voit journellement accomplir ses crimes parmi les plus odieux.

Le nom d’Etty Hillesum reste aussi associé à celui de l’homme qui l’initia à elle-même, Julius Spier, « l’accoucheur de mon âme », confie-t-elle. Ce juif allemand, héritier de la psychologie deCarl-Gustav Jung, s’était spécialisé dans la chirologie (diagnostic à partir de la morphologie et des lignes de la main). Etty entreprit une thérapie avec lui le 3 février 1941. Des relations complexes se tissèrent entre la jeune femme et le psychologue quinquagénaire : elle fut à la fois sa cliente, son élève, sa secrétaire et son amie de cœur, et ils ne cessèrent de se défier pour se faire grandir mutuellement. Douze mois plus tard, elle écrit « je suis venue au monde un 3 février » et fête ses un an et la « plus belle année » de sa vie.

Esther, surnommée Etty, était la fille de Louis Hillesum, docteur ès lettres classiques, proviseur du lycée de Deventer, et de Rebecca Bernstein, émigrante originaire de Russie, dont elle avait fui les pogroms, arrivée aux Pays-Bas en 1907. Une fois installée, Rebecca a vécu de cours particuliers de russe, et se maria en 1912. C’est bien sûr grâce à sa mère, (dont elle a hérité le caractère passionné et la vivacité d’esprit) qu’Etty lisait et parlait le russe, et, comme sa mère, elle vivait grâce aux leçons particulières de russe qu’elle donnait et qui lui permettaient de continuer ses études. De son père, issu de la bourgeoisie juive d’Amsterdam, grand érudit, Etty possédait la curiosité et la rigueur intellectuelles. Etty avait deux frères, Jaap (interne en médecine au moment de sa déportation) et Mischa (pianiste dont les dons exceptionnels firent un moment espérer à la famille Hillesum qu’il échapperait au sort des Juifs). Mischa et les parents d’Etty succomberont comme cette dernière à Auschwitz en 1943. Jaap ne survivra pas à l’évacuation de Bergen-Belsen en 1945. Ce sont les écrits d’Etty qui donneront une postérité à cette famille, par leur grande valeur historique, spirituelle mais aussi littéraire.

Citations 

affiche_congres dans Mylène et les AUTEURS« Je cherche à comprendre et à disséquer les pires exactions, j’essaie toujours de retrouver la place de l’homme dans sa nudité, sa fragilité, de cet homme bien souvent introuvable. Enseveli parmi les ruines monstrueuses de ses actes absurdes. »

« La plupart des gens ont une vision conventionnelle de la vie, [...], il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toutes normes [...] il faut oser faire le grand bond dans le cosmos : alors la vie devient infiniment riche, elle déborde de dons, même au fond de la détresse. »

« Je suis de ceux qui préfèrent continuer à se laisser flotter sur le dos les yeux tournés vers le ciel. »

« Et puisque, désormais libre, je ne veux plus rien posséder, désormais tout m’appartient et ma richesse intérieure est immense. »

« Je vais T’aider mon Dieu, à ne pas t’éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d’avance. Une chose cependant m’apparait de plus en plus claire : ce n’est pas Toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons T’aider – et ce faisant nous aider nous-mêmes. »

« La vie est pleine de sens dans son absurdité. »

Bibliographie

Textes d’Etty Hillesum traduits du néerlandais3075359315_1_3_wuy2q8ln-196x300

  • Lettres de Westerbork, Seuil,125p, 1988 (ISBN 2020103583)
  • Une vie bouleversée – Journal 1941-1943, Seuil,361 p, 1995 (ISBN 2020086298)
  • Les Ecrits d’Etty Hillesum – Journaux et Lettres, 1941-1943,réunis par Klaas A D Smelik ,Seuil,2011,(ISBN 202056833)

Études consacrées à d’Etty Hillesum

  • Paul Lebeau, Etty Hillesum un itinéraire spirituel, Amsterdam 1941-Auschwitz 1943, Albin Michel, 2001
  • Ingmar Granstedt, Portrait d’Etty Hillesum, Desclée de Brouwer, 2001
  • Cécilia Dutter, Etty Hillesum une voix dans la nuit, Robert Laffont, 2010
  • Yves Bériault, o.p., Etty Hillesum témoin de Dieu dans l’abîme du mal, Médiaspaul, 2010, 192p.
  • Sylvie Germain, Etty Hillesum, Pygmalion, Gérard Watelet, 1999,
  • Charles Juliet, Dominique Sterckx et Claude Vigée, Etty Hillesum, « histoire de la fille qui ne savait pas s’agenouiller ». Préface de Liliane Hillesum. Paris : Arfuyen, 2007.
  • Catherine ChalierEtty Hillesum, Rejoindre la vie que je portais en moi in Le désir de conversion, Seuil, Paris, 2011, pp. 229-276.
  • Marie-Hélène Du Parc Locmaria, Tant souffrir et tant aimer selon Etty Hillesum, Éditions Salvator, Paris, 2011, 256p.
  • Le convoi, documentaire, A. Bossuroy, 60 minutes, 2009 – Voyage initiatique de deux étudiants en Europe, inspirés par la lecture d’Etty Hillesum.

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Mylène Farmer apprécie Sylvia Plath

Posté par francesca7 le 25 décembre 2012

 

Mylène Farmer apprécie Sylvia Plath dans Mylène et les AUTEURS 220px-sylvia_plathSylvia Plath, née le 27 octobre 1932 à Jamaica Plain, dans la banlieue de Boston, et morte le 11 février 1963 à Londres, est une écrivaine américaine ayant produit essentiellement des poèmes, mais aussi un roman, des nouvelles, des livres pour enfants et des essais. Si elle est surtout connue en tant que poète, elle tire également sa notoriété de The Bell Jar (en français, La Cloche de détresse), roman d’inspiration autobiographique qui décrit en détail les circonstances de sa première dépression, au début de sa vie d’adulte.

Depuis son suicide en 1963, Sylvia Plath est devenue une figure emblématique dans les pays anglo-saxons, les féministes voyant dans son œuvre l’archétype du génie féminin écrasé par une société dominée par les hommes, les autres voyant en elle une icône dont la poésie, en grande partie publiée après sa mort, fascine comme la bouleversante chronique d’un suicide annoncé.

Née d’un père émigré allemand et d’une mère d’origine autrichienne, Sylvia Plath est une enfant douée qui publie son premier poème à l’âge de huit ans. La même année, le 5 octobre 1940, son père, Otto Plath, universitaire renommé dans le domaine de l’entomologie, meurt brutalement des suites de l’amputation d’une jambe gangrenée. Un de ses amis étant décédé d’un cancer du poumon, il s’était persuadé qu’il avait la même maladie et ne s’était pas occupé de soigner son diabète avant qu’il ne soit trop tard. À la mort de son père, elle a ce mot : « je ne parlerai plus jamais à Dieu ». Ce premier drame la marque au fer rouge, et ce père mythique hante ensuite nombre de ses poèmes. Issue d’une famille cultivant l’ambition et le culte du travail, elle s’avère souvent trop exigeante avec elle-même comme avec les autres. Brillante élève, très précoce en poésie, Sylvia décide dès l’adolescence de devenir écrivain.

Tout au long de sa vie d’adulte, Sylvia Plath souffre de troubles bipolaires graves[réf. nécessaire] (autrefois appelés maniaco-dépression). Grâce à l’octroi d’une bourse d’étude, elle intègre en 1950 l’une des plus grandes et prestigieuses universités américaines réservées aux femmes, Smith College, située à proximité de Boston.Elle y fait sa toute première tentative de suicide. Plus tard, en 1963, elle décrit dans son roman autobiographiqueLa Cloche de détresse, l’épisode dépressif qu’elle a ainsi traversé en 1953. À ce moment-là, elle est admise dans une institution psychiatrique et semble montrer des signes de guérison satisfaisants, puisqu’elle termine brillamment ses études à Smith College, obtenant en 1955 son diplôme avec les félicitations du jury (summa cum laude).

Au cours de ses années universitaires, elle publie des poèmes, s’occupe d’une revue, participe aux fêtes et aux bals de la vie étudiante. Sa beauté et son humour lui valent d’être unanimement appréciée. Elle est toutefois constamment dubitative quant à son avenir et sa vocation, son humeur oscillant de la plus grande joie au plus profond découragement : c’est à ce stade de sa vie qu’elle s’aperçoit à quelle point elle est prise en étau entre le conformisme ambiant et l’impérieux besoin de liberté et d’indépendance qui l’anime.

En 1956, Sylvia Plath obtient une bourse Fulbright pour étudier en Angleterre, au Newnham College de l’université de Cambridge où elle va faire la connaissance de Ted Hughes, un jeune poète anglais. Rencontre fulgurante s’il en est, ils se marient quelques mois plus tard. Ted et Sylvia vivent alors à Londres. Sa vie d’épouse, les tâches ménagères, les soucis financiers et la dactylographie des manuscrits de Ted occupent Sylvia davantage que sa propre carrière.

220px-Smith_College dans Mylène et les AUTEURSLe couple décide alors d’aller vivre deux ans aux États-Unis, de 1957 à 1959, les deux poètes tentant de subsister de leur plume, mais Sylvia doit occuper de petits emplois temporaires, notamment dans un hôpital psychiatrique. Elle obtient toutefois aussi un poste d’enseignante dans son ancienne université, Smith College. Parallèlement, elle assiste à des conférences données par le poète américain Robert Lowell, au cours desquelles elle rencontre la poétesse Anne Sexton. Ces cours auront une influence capitale sur son œuvre. Sylvia étant enceinte, en octobre 1959, le couple décide de retourner à Londres, où ils vivent en symbiose et s’aident mutuellement dans leur travail. Frieda, leur premier enfant, naît en 1960, et leur fils Nicholas en 1962.

Très vite, Sylvia et Ted quittent Londres pour s’installer dans la campagne anglaise, dans le comté de Devon. Elle publie son premier recueil de poèmes, The Colossus, en Angleterre en 1960. En février 1961, elle fait une fausse couche, événement qui hantera par la suite bon nombre de ses poèmes. Le couple Ted et Sylvia bat de l’aile, et ils se séparent moins de deux ans après la naissance de leur premier enfant. Cette séparation s’explique principalement du fait des troubles psychiatriques de Sylvia, et de la liaison de Ted Hughes avec l’épouse d’un ami poète. Sylvia brûle alors des lettres et des manuscrits de Ted. Paradoxalement, cette période de colère et de désespoir constitue la plus productive de sa vie d’écrivain.

En 1962, Sylvia Plath retourne s’installer à Londres avec ses enfants, Frieda et Nicholas. Elle loue un appartement dans une maison autrefois occupée par le poète irlandais William Butler Yeats : elle en est extrêmement heureuse et considère cela comme un bon présage dans le contexte du début de sa procédure de divorce. Mais l’hiver 1962/1963 est l’un des plus rudes du siècle à Londres et, le 11 février 1963, au petit matin, malade et dépressive, Sylvia place un torchon dans le four de la gazinière, ouvre le gaz, et attend sa fin. Auparavant, elle a calfeutré la porte de la cuisine, et préparé sur la table des biscuits et du lait pour ses enfants, qui dorment à l’étage supérieur et qui échapperont à l’empoisonnement par le gaz. Son dernier poème connu, intitulé Edge (en français, Le Bord) fait figure de testament prémonitoire. Sylvia Plath est enterrée au cimetière de Heptonstall, dans le comté anglais du Yorkshire de l’Ouest. Sa mort fut une tragédie non seulement pour ses enfants, mais aussi pour son mari, Ted Hughes, et sa mère, Aurelia Plath, qui ne s’en sont jamais remis.

Le fils du couple de poètes, Nicholas Hughes, souffrant de dépression, s’est suicidé par pendaison à son domicile en Alaska, le 16 mars 2009, à l’âge de 47 ans.

Œuvres

fanauroremylaurore3-273x300N.B : Les dates indiquées sont les dates de première publication. Les œuvres de Sylvia Plath sont constamment rééditées, en anglais comme en français.

Poésie En français

  • Trois femmes : poème à trois voix (1975)
  • Ariel (1978)
  • Arbres d’hiver (1999)
  • Choix de poèmes suivi de Le Livre des lits, traduction française et préface de Jean-Pierre Vallotton (1999)

Prose

En français

  • La Cloche de détresse (1972), roman
  • Lettres aux siens (1988), lettres à sa mère
  • Le Jour où M. Prescott est mort (1990), nouvelles
  • Carnets intimes (1997), journal
  • Journaux 1950-1962 (1999), journal

Littérature enfantine

En français

  • L’histoire qu’on lit au bord du lit (1997)
  • Ça ne fait rien ! (1998)

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