Mylène, sodomique de corps et d’esprit

Posté par francesca7 le 21 décembre 2012

Pourvu Qu’elles Soient Douces a intégralement été tourné au sud de la ville de Rambouillet (Yvelines), dans le parc régional de la Haute Vallée de Chevreuse, en bordure du bois de la Droue (appelé aussi « bois Saint-Benoît »). La séquence de la bagarre dans l’eau avec la rivale a été tournée au même endroit, dans une rivière nommée « La Drouette ».

Mylène, sodomique de corps et d'esprit dans Mylène dans la PRESSE clippqsdmini07S’il est bien un film qui ai valu à Laurent Boutonnat le qualificatif de « mégalo » que lui a attribué la presse, c’est bien Pourvu Qu’elles Soient Douces. Un clip de  18 mn, avec cinq jours de tournage (nuit et jour), six cent figurants et un budget de 1,5 millions de francs (et non 3 comme annoncés à l’époque) peut il être encore appelé un clip ? Au delà des moyens mis en oeuvre, reconnaissons au réalisateur d’utiliser les méthodes et le matériel d’une production cinématographique. Laurent Boutonnat utilise de la pellicule 35 mm, couleur ou noir & blanc, il use des travellings sur rail, des grues, des loumas et des steady-cam. Son cinéma est identifiable, par son vocabulaire et encore plus par la grammaire qu’il applique à l’agencement de ses plans. En ce sens, Libertine II est l’exemple type du cinéma de Laurent Boutonnat qu’il faudrait montrer à quelqu’un qui ne connaîtrait pas encore sa façon de le concevoir. PQSD obéit à une structure chère au cinéaste : on y retrouve l’héroïne, comme toujours Mylène Farmer, moitié bourreau moitié victime, on y retrouve aussi un contexte historique, daté ou non. La fin du film touche souvent à l’onirisme (Tristana, Sans Contrefaçon). L’armée de terre a mis a disposition de Laurent Boutonnat six cent hommes pour jouer les troupes anglaises et françaises. Les costumes sont confectionnés par l’équipe de Carinne Sarfati et les chevaux utiles aux cascades proviennent de l’écurie de Mario Lurashi (auquel Boutonnat refera appel pour le cheval noir de Giorgino). C’est d’ailleurs le célèbre dresseur qui tiens le rôle du lieutenant français qui achète les ribaudes. Pour mener la troupe de prostituées, Sophie Tellier est rappelée pour tenir le rôle qu’elle jouait dans Libertine I.

Contrairement à Libertine I qui a été entièrement story-boardé, cet épisode à été lui conçu sur un découpage technique  complet (méthode favorite de Laurent Boutonnat ). Voici les    commentaires de la presse « jeune » de l’époque qui retracent le travail de Laurent Boutonnat.

    Égérie clipée, sculpturale, allure rousse comme les interdits, Mylène la Farmer, sur laquelle on fantasme, a réussi la galipette majuscule d’accéder au trône de la renommée sans douleur… Révélation 1988, elle a supplanté ses consœurs, ne leur laissant que le choix des larmes. Sulfureuse, diabolique, corrompue au champ du sexe, la libertine  qu’elle ose paraître, a récidivé dans le sens, d’un empire des sens non recommandé par l’office catholique… « Sodomique de corps et d’esprit… 

clippqsdmini20 dans Mylène et des CRITIQUESDans Pourvu Qu’elles Soient Douces, telle une chevalière sans honte et sans reproche, Mylène a posé sous toutes ses coutures, et via cette violence romanesque, digne des épopées d’antan, elle a flirté avec les fleurs du mâle… Androgyne, l’ambiguïté calquée à son « Moi-je », Farmer pourchasse les bonnes manières, fouette les tabous et coupe l’herbe sous le pied des lignes « bien pensantes ». Iconoclaste et révoltée, l’âme entre deux désespoirs, Mylène joue dans ses clips celle qui n’est ni tout à fait elle, ni tout à fait une autre. Incandescente, irréelle et décadente. 

Farmer chuchote les mots et montre les images. Laurent Boutonnat, son frère d’émotion vénère sa muse. Il lui fait chanter des notes d’auteur et lui taille des portraits à travers des clips cinématographiques. Mes chers frères prions pour elle : la pécheresse officielle de cette fin de siècle. N’est-il pas vrai qu’il y a du « Marie-madeleine » en elle, mais en doutiez-vous ? Après les mots, les photos tournées en forêt de Rambouillet avec décors et costumes… S’il vous plait… quel faste !

Graffiti, Décembre 1988. 

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