Le Rite de Sorcellerie de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 20 décembre 2012

 

 

VIEUX BOUC est une étrange chanson où Mylène chante un rite de sorcellerie, le Sabbat.

Et qui symbolise le diable dans ce genre de cérémonie ?

Le bouc cornu ! Selon la tradition, dans les contes et légendes, le Sabbat est célébré dans une clairière, une lande, à un carrefour, de nuit dans un endroit désert, près d’une source ou d’une fontaine, et toujours dans la nature et à son contact. Au centre de ce rite, un bouc cornu qui sert de lien avec le diable. Le bouc est même beaucoup représenté dans certaines illustrations ou certains tableaux, comme Le Sabbat des Sorcières (musée Lazaro Galdiano, Madrid), de Francisco de Goya, qui inspirera certainement Boutonnat pour le clip de Sans logique.

 Le Rite de Sorcellerie de Mylène Farmer dans Mylène AU FIL DES MOTS hexensabbat

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sabbat_(sorcellerie) 

 

Quoi qu’il en soit, Mylène semble, dans cette chanson, participer à ce genre de réunion où elle s’adresse – non sans humour d’ailleurs – directement au diable, le « vieux bouc » : « Vieux bouc, je vous sens fébrile / Aimez-vous mon petit nombril ? », « Vieux bouc, êtes-vous fragile / Aimez-vous mes cloches matines ? », « Vieux bouc, c’est l’heure du baptême / Je vous aime devant l’éternel / Je sais, l’enfer c’est les autres / En ce monde, on est tous des vôtres. »

Boutonnat, et donc Mylène, détourne ici le sens des mots de Jean-Paul Sartre (« L’enfer, c’est les autres », Huis clos, 1944) pour faire de la chanteuse une adapte de l’enfer et de ses rites. Rites qui vont même jusqu’au baptême, ici blasphématoire, pour mieux offrir son âme et son corps : « L’hymen sera mon présent / Maintenant, j’ai l’enfer dans le sang ». Le refrain de la chanson est, bizarrement, tout autre. Mylène chante ici son rejet de l’enfer et du bien bouc infernal ; « Ma petite âme est sale / Prends-la nue dans ses bras / Et je m’en irai loin, si loin, si loin / Loin de toi, vieux malin ».

 

Une demande de rédemption après la confession ? Une chanson que l’on peut rapprocher alors d’Agnus Dei et du clip de Je te rends ton amour, qui illustrerait parfaitement Vieux bouc. Côté musique, Boutonnat fait particulièrement fort avec des sons bizarres à peine identifiables, qui ponctuent sa chanson, comme une bande-son passée à l’envers au début du titre. On peut tout de même reconnaître des rires de Mylène, le bêlement d’une chèvre et les voix de la « Chorale des moines fous du Tibet » (appellation fictive et fantaisiste cependant, puisque cette choral e n’existe pas !). Un ensemble bien inquiétant…

 

A noter, l’interprétation particulièrement réussie de Mylène sur ce titre.

 

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issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 27/220

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