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L’Annonciation de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 18 décembre 2012

 

Seule façon d’entendre l’Annonciation   : se procurer (à prix d’or !) le SP ou le maxi d’On est tous des imbéciles, où le titre est gravé en face B. en effet, sitôt éditée, cette chanson semble avoir disparu de la mémoire de Mylène (Polydor laissant les droits à RCA, à la différence de ceux de Maman à tort, rachetés par la maison de disques actuelle de Mylène). Jamais chantée à la télévision, sur scène ou reprise en spectacle, l’Annonciation n’en est pas moins un titre intéressant. D’abord parce que c’est le premier titre entièrement écrit par Laurent Boutonnat. En effet, alors que la musique de Maman à tort fut cosignée avec Jérôme Dahan, l’Annonciation est l’œuvre de Boutonnat seul (la face A, On est tous des imbéciles   , étant confiées entièrement à Dahan). Et pour cette première chanson, Boutonnat explore déjà tous les thèmes chers à lui-même et à sa chanteuse. Le titre d’abord nous fait pénétrer dans l’univers farmérien : L’Annonciation.

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Et ce titre est à prendre au premier degré, puisqu’il fait référence à l’ange Gabriel qui vient révéler à Marie qu’elle est enceinte. En effet, selon la Bible, Jésus n’est pas né d’une union charnelle ; c’est le Saint Esprit qui a conçu Jésus. L’Eglise a choisi de célébrer l’événement neuf mois avant Noël (soit le 25 mars). Cependant, la Bible ne nous dit pas si cette grossesse extraordinaire a effectivement duré neuf mois comme pour le commun des mortels… Quoi qu’il en soit, le ton est donné, et la chanson reprend la notion de visite (« Il est entré dans mon lit / Sans un bruit »), du Saint-Esprit (« Dans mon sein je l’ai maudit / Ce saint esprit »), de l’ange Gabriel (« L’ange m’a fait croie au bonheur ») et de Dieu (« Et moi je sais que Dieu existe »). Mais il est bien évident que Boutonnat ne se contente pas ici d’une mise en chanson de l’Annonciation. Il fait de cette « visite » un épisode douloureux : « Une larme en frisson c’est l’heure / Celle qui sonne la douleur / Celle où seule on sent son cœur / Qui s’affleure », ou encore « La vie pour moi c’est fini ». Et l’on comprend vite à travers les mots de Boutonnat que l’héroïne de sa chanson vient de subir un avortement par un faiseur d’anges : « L’ange m’a fait croire au bonheur / C’est un faiseur », « Mon sauveur / Mon petit baigneur / Sans toi je meurs » ou « Et moi je sais que Dieu est triste / Car dans mon ventre / ça nait ça meurt ».

Nous sommes bien ici en présence de la genèse de l’œuvre de Mylène dans ce premier texte annonçant son premier album, avec Plus grandir ou  Au bout de la nuit ; a noter la musique de l’Annonciation, qui est particulièrement mélancolique, avec uniquement des cordes (violoncelles et violons tziganes).

issu du livre de Benoît CACHIN sorti en octobre 2012. Aux éditions Gründ. Page 19/220

 

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Une Mylène Farmer inspirée

Posté par francesca7 le 18 décembre 2012

Des textes que Mylène a pratiquement tous écrits et qui éclairent ainsi sa personnalité. Une personnalité souvent qualifiée de mystérieuse, étrange, voire décalée par la presse à sensation. Et pourtant ! En lisant attentivement les paroles de ses chansons, on y découvre une femme sensible, ouverte, qui n’a guère plus de mystères qu’une autre. Et si l’artiste reste discrète sur sa vie privée et ne l’évoque qu’en de très rares occasions, elle n’hésite pas à se livrer corps et âme dans ses textes.

 Une Mylène Farmer inspirée dans Mylène AU FIL DES MOTS 3063079779_1_3_ihl8tidm-202x300Ainsi soi-je… Laisse le vent emporter tout, Rêver, Redonne-moi, autant de pépites qui permettent de comprendre et de toucher au plus près l’univers et la sensibilité de la chanteuse. Car il s’agit bien de cela, la sensibilité. A fleur de peau (notamment sur scène), Mylène se laisse aller à ses états d’âme au travers de ses chansons, y décrit ses désirs et ses peurs. En effet, de grands thèmes parcourent ses textes.

 Certains évidents comme la mort qui l’effraie et la fascine en même temps. Mais pas seulement ; la peur de vieillir, et surtout celle de grandir, de devenir adulte avec tout ce que cela comporte de désagréments et d’obligations ; la religion catholique est également très présente dans ses textes, Mylène utilisant toute son imagerie ; et comment ne pas parler du sexe ?

 Jamais artiste, hormis Serge Gainsbourg, n’aura été aussi loin en chanson pour évoquer la sexualité, de la sodomie à la masturbation en passant par l’éjaculation précoce…. De quoi lever un coin du voile sur le fameux mystère Farmer ! Pourquoi en dire plus en effet quand tout se trouve dans ses chansons. Des chansons toutes répertoriées ici. Sans analyse sauvage, en respectant les zones d’ombre de l’artiste, nous avons tenté d’expliquer les textes de la chanteuse et de découvrir ses influences. Des influences littéraires évidentes parfois (Choderlos de Laclos, Charles Baudelaire  , Edgar Allan Poe   , Primo Lévi   , Francesco Alberoni  …) d’autres moins connues (Emily Dickinson, Pierre Reverdy   , Sylvia Path, Etty Hillesum…) mais aussi picturales (Egon Schiele    , Robert Doisneau, Gustave Doré…) ou cinématographique (Elephant Man, Les Liaisons dangereuses, Les Griffes de la nuit…).

 

Un univers riche donc que nous vous proposons de découvrir immédiatement. Peut-être elle, au fil des mots…

 Propos repris par B.Cachin :

Podium mais 1985, propos recueillis par Brigitte Protti

France Dimanche le 23 juillet 1984 – propos recueillis par Dominique Préhu.

 

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