Un dimanche en famille avec Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 1 novembre 2012

 

A la fin de la séance de Photographier avec Elsa Trillat (photographe) raconte :

 Mylène vient vers moi et me demande ce que je fais le reste de la journée. C’est dimanche et je n’ai rien prévu. Elle m’invite alors à passer la fin de l’après-midi avec elle, chez sa mère qui habite dans la maison familiale non loin de là. Je me rappellerais toujours la tête que fait Bertrand à ce moment-là ! A priori, ce genre d’invitation n’est pas fréquent de la part de Mylène. Ils montent alors dans l’Austin Mini blanche de Bertrand. Je les suis dans ma Mini bleue et noire. Direction Chaville. On arrive dans la maison. Mylène me présente sa mère, ses deux frères et sa sœur.

Un dimanche en famille avec Mylène Farmer dans Mylène dans la PRESSE mf_nmaIls regardent « Starsky & Hutch » à la télé ! Je me rappelle d’ailleurs qu’à un moment, il y a une secte dans cet épisode qui répète inlassablement : « Gloire à Satan, Gloire à Satan », et on se met à danser en cercle autour de la table en les imitant ! Puis Mylène sort le champagne. Et on discute de plein de choses. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, c’est une famille très unie. Mylène a de très bons rapports avec sa mère. Ceci étant, je me rappelle qu’une fois, sa mère a fait une projection de photos de famille. J’ai vu Mylène bébé, elle était bien costaude. Ravie, Mylène se tourne vers moi et me dit : « Tu vois, quand je suis née, j’ai déchiré les entrailles de ma mère ! ». Mais bon, je ne me suis pas sentie dans la famille Addams pour autant. La maison est, elle aussi, tout ce qu’il y a de plus normale : grande, avec plein de chambres, vu que c’est là qu’ils ont tous vécu en arrivant du Canada. Je passe un moment merveilleux. Vraiment. Je m’entends particulièrement bien avec Brigitte, la sœur de Mylène, et Michel, le cadet de la famille. Je les ai beaucoup revus dans les quelques années qui ont suivi. On aurait pu en profiter pour faire des photos de famille, ça se fait souvent pour « Match ». Mais Mylène est contre. C’était clair dès le départ. D’autant que la famille est encore assez perturbée par la mort du papa. C’est assez récent. Moins d’un an, je crois. D’ailleurs, je me rappelle qu’en arrivant dans la maison, j’ai vu une sorte de vase au milieu de la pièce principale. J’ai demandé ce que c’était, et Mylène m’a répondu « C’est mon père ». Je reviendrai plusieurs fois dans la maison familiale avec Mylène qui y amène régulièrement son linge sale, elle n’a pas de machine à laver dans son appartement parisien. Je me souviens de parties de ping-pong mémorables dans le jardin. Mylène est extrêmement douée à ce jeu.

Le lendemain, j’envoie les photos au labo. Je les récupère dans la journée. Je demande à Mylène de venir les voir au journal, c’est plus pratique. Plus tard, elle « profitera » de sa position vis-à-vis de moi pour me faire d »placer avec une table lumineuse chez elle. Mylène arrive donc au journal avec Bertrand. Elle regarde les photos. Elle en retire. Je me dis : « Mon Dieu ! Elle n’aime pas ». Finalement, elle n’en retire pas tant que ça. Mieux, elle met des croix sur plein de diapos. Quand elle met une croix, c’est qu’elle aime beaucoup. Pour la séance prise chez Bertrand, elle a mis cinq croix à certains ektas, elle est visiblement folle de cette série ! Je crois qu’à partir de là, elle s’est sentie en confiance face à mon objectif. En tout cas, un mois après, elle ne travaille plus avec Christophe Mourthé. Le papier sort dans « Match ». Dès lors, on commence à s’appeler beaucoup. Et à se voir plusieurs fois par semaine. Mais pas dans les palaces ou les grands restos. Elle n’a pas beaucoup d’argent à l’époque. Elle m’explique qu’elle n’a toujours pas touché les royalties pour « Libertine » parce que ça prend du temps ce genre de choses. Donc c’est plutôt resto chinois. Et McDonald’s à fond ! On passe des journées entières chez elle, rue Quincampoix, assises par terre à manger des hamburgers en sirotant du Coca, à regarder la télé, et surtout à refaire le monde, avec E.T. sur la tête qui nous pouille les cheveux. On lui donne des feuilles et des stylos, et il fait des dessins. Il est incroyable ce singe, il sait même reboucher les feutres ! Je devrais dire « elle » d’ailleurs puisque c’est une fille. Quelques mois plus tard, à Noël, Mylène a eu Léon. Elle m’a dit que quand il ferait des bébés avec E.T., elle m’en donnerait un. Ma mère, qui garde déjà mes chats et mon chien quand je pars en reportage, n’est pas vraiment pour ! En parlant de mon chien, Popcorn, une petite célébrité à « Paris Match », je me souviens que Mylène l’aimait beaucoup. Elle n’était pas spécialement fan des chiens. Mais c’était un cocker gold, il était roux comme elle !

mylene6-300x274 dans Mylène dans la PRESSEA l’époque, quand on n’est pas chez Mylène, on organise des parties de Trivial Pusruit chez Bertrand. Surtout le dimanche après-midi. On hait tous le dimanche ! En fin de journée, pendant que les garçons se prélassent, Mylène et moi sommes de corvée de vaisselle. Imaginez Mylène avec des gants Mapa !

Mylène est fan de Peter Gabriel à l’époque. Elle prend des polaroïds de lui quand il passe à la télé ! C’est aussi la période où elle a un livre fétiche qu’elle tient absolument à me faire voir. Mais j’ai toujours refusé de le regarder. C’est un bouquin de photos de monstres de la nature, du genre des enfants nés avec des écailles de crocodile ! Ca l’intéresse vraiment ! Ou plus exactement, ça l’intrigue. Ce n’est vraiment pas de la curiosité malsaine. Juste une envie de comprendre. Comme une enfant.

Parution dans le Mylène Farmer Magazine – en 2003

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