Boutonnat part en Live

Posté par francesca7 le 28 octobre 2012

 

    15 juin 1996. Fin d’un règne. Images balancées d’une oeuvre qui se termine. Réalisation post-mortem d’un cinéaste qui n’en est plus un. Comment passer en quelques jours, une semaine d’octobre 1994, du statut d’artiste complet et encore prometteur à celui de simple commerçant du disque. 

Boutonnat part en Live dans Mylène et mes BLABLAS fanalex3        Il faut que ça claque. Qu’importe d’user du sexe vulgaire et outrancier (Que Mon Cœur Lâche), des poses lascives (Libertine) qui tuent le mythe, des larmes faciles et désormais trop fréquentes (Rêver). Ce n’est pas ici que repose la sobriété, devant une James Bond Girl à moitié nue qui laisse défiler honteusement derrière elle des gros plans d’elle en train de pleurer. On est moins proche à ses moments là de cette prétendue sobriété que d’une simple pornographie sentimentale. Sous l’épaisse couche de fond de teint ne se cache que tristesse et ennui. A Lyon le 15 juin elle tombe de la scène de la halle Tony Garnier de Lyon : Mylène Farmer meurt à cet instant précis.

    Le processus est enclenché. Laurent Boutonnat consacrera tout le reste de sa vie d’artiste à détruire ce qu’il avait mis si longtemps à construire. Rien que de Hasta Siempre (1997), achevé et romanesque, à Moi…Lolita (2000), superficiel et finalement assez agaçant, que de chemin parcouru à contre-sens. Plus rien n’a plus d’importance. Il faut désormais vendre, à n’importe quel prix.

Laurent Boutonnat est mort.

    Mylène Farmer danse sur sa tombe. Pendant deux heures; elle devant, et lui derrière, rient ensemble d’avoir franchi si facilement l’étape qui les conduit à l’éternelle médiocrité. Plus jamais ils ne tourneront à perte. Plutôt engager des nouvelles « bimbos »  latines ou mineures que d’être à nouveau courageux, ne serait-ce qu’au cinéma.

    Heathcliff, Toutankhamon, Requiem Publishing, et bientôt Calliphora, Stuffed Monkey, Dichotomie. Les affaires se multiplient bien plus rapidement que les oeuvres. Laurent Boutonnat refusera toutes les interviews. Par simple modestie, pour éviter d’avoir à s’expliquer, ou par honte ? On se plait quand même, souvent, à accorder à Laurent Boutonnat des circonstances atténuantes, de trouver du talent dans les clips économiques qu’il veut bien tourner en 2 jours. On peut aussi prier pour que tout cet argent accumulé soit prochainement mis au service d’un projet, et de lui souhaiter, avec espoir, une résurrection prochaine .

Jodel Saint-Marc, le 14 février 2001.

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