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Résurrection chez Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 27 octobre 2012

1988-1991 : La perpétuelle résurrection

         Battues, souillées, humiliées, transpercées mais toujours vivantes, les personnages que donne Laurent Boutonnat à Résurrection chez Mylène Farmer dans Mylène et SYMBOLISME m9908h-218x300interpréter à son égérie continuent de subir la violence de l’Homme. Après avoir montré clairement la mort de son héroïne, l’avoir imagée, le réalisateur qui entreprend un réel processus de fin de carrière de la chanteuse la met en scène selon une optique différente. En l’identifiant à la mort elle-même plutôt qu’à une mourante, Boutonnat trouve un juste compromis entre les différents statuts de mortelle qu’endossait son héroïne dans ses précédents clips. Pour lui le personnage ne subit plus la mort, elle l’incarne. Ambition difficilement compatible avec la forme du clip, Boutonnat se sert du dispositif qu’il a mis en place afin d’introduire, de mettre en scène dans la longueur, sur plusieurs films courts, la personnification de la mort.

  C’est dans Pourvu qu’elles soient douces que cette incarnation est la plus évidente. Le long duel qui oppose Libertine à sa rivale est monté alternativement avec une bataille sanglante opposant Français et Anglais pendant la guerre de sept ans. Alors empalée par un sabre, la rivale succombe sans que le spectateur n’ai pu voir si la lance qu’elle tendait en direction de Libertine l’avait atteinte. La rivale montrée comme morte en champ, aucun contre-champ ne vient montrer le personnage principal dont l’état nous est alors inconnu. C’est bien plus tard, lorsque le petit tambour anglais sera en ligne de mire de la dernière troupe française qu’elle fera sa réapparition pour le sauver, et que le clip basculera dans l’onirisme. Vêtue d’une longue cape noire sur un cheval au pas, Libertine revient. Est-elle morte ? Tout nous laissera penser qu’elle est la mort, qu’en fauchant le petit tambour devant les yeux médusés des français elle frappe une dernière fois et tétanise ceux qui la voient. Vivante ou pas, peu importe. Pour la première fois un clip de Boutonnat conclue sur autre chose que l’état mortel ou vivant de son héros, ici tout cela est largement dépassé. La voix off adulte du petit tambour se souvient de ce passage qui ressemblait pourtant à un trépas :

« -Mon père m’avait prévenu : tu reconnaîtra la mort à son grand cheval noir. Et si par malheur un jour elle s’arrête devant toi, surtout, ne la regarde pas. […] Je ne l’ai jamais revue, mais jamais je n’oublierai l’odeur de son parfum et la douceur de sa peau, tandis qu’elle m’emportait vers la vie. »


 

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La victimisation chez Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 27 octobre 2012

Aspect mi-victime mi-bourreau des héros.

         Malgré une réponse que Laurent Boutonnat juge visiblement disproportionnée à l’effort fourni, les commentaires qui accompagneront les rediffusions de ses clips s’axeront sur les enrichissements que le réalisateur a ponctuellement donné à la forme. Émancipation diront les uns pendant que d’autres parleront de contournement. Il changea son système de La victimisation chez Mylène Farmer dans Mylène et SYMBOLISME 71644_306_people-136x300financement, l’enrichit d’attributs propres à la production indépendante, et fit d’un objet à priori de promotion une œuvre à promouvoir. Ces particularités ont un double objectif : se démarquer du flux environnant afin de promouvoir l’artiste, puis ouvrir la voix au traitement approfondi d’histoires plus longues que celle du clip-type. Comme allonger des histoires déjà simplistes ne suffit pas à “sortir du lot”, il faut donner aux personnages des profils se démarquant de ceux d’interprètes de clips à structure habituelle. Ceux-ci se montrent habituellement sous leur meilleur jour, capables d’exploits surhumains comme de surpuissance sexuelle. Qu’il soit vainqueur ou qu’il sorte valorisé de sa prestation, l’artiste est de toute façon rendu supérieur par son vidéo-clip. Puisque Boutonnat semble s’attacher à contredire une par une chaque contrainte inhérente à la forme du clip, une question se pose quant à l’appréhension des rôles qu’il donnera à son artiste qui occupera la place centrale : Comment se soustraire à la mise en valeur systématique et à la surexposition des artistes dans les clips tout en faisant de la chanteuse son objet principal ? La solution est pour le manager Laurent Boutonnat de trouver une cohérence très forte entre ce rôle à l’écran et ce personnage public qui devra parler de lui dans les interviews. Prenant très probablement ombrage sur son vécu personnel, Boutonnat crée avec l’accord de la chanteuse Mylène Farmer un personnage qu’elle devra camper à chacune de ses prestations, qu’elle soit musicale ou verbale. La naissance de l’aspect public de ce personnage se fera à partir de 1985. C’est à partir de cette date qu’on trouvera dans les interviews de la chanteuse les premières traces de maux prononcés. Elle se refusera désormais à parler de son enfance prétendument douloureuse, alors que cela ne lui posait aucun problème un an auparavant.

1984-1985 : Naissance d’un personnage par sa victimisation à outrance

dscf0017-225x300 dans Mylène et SYMBOLISMECe qui différencie le plus la création de ce rôle par rapport à ceux endossés par d’autres interprètes réside dans le soin apporté à sa faiblesse. Sans parler d’anti-héros, le personnage inventé pour son égérie par Boutonnat rassemble assez de contradictions, de défaites et de névroses pour qu’il en devienne à la fois attachant et intrigant. Aussitôt que Laurent Boutonnat réalise ses premiers clips, l’héroïne qu’il créé subit d’ors et déjà davantage qu’elle ne fait subir : battue puis décapitée dès Maman à tort, elle est violée dans Plus grandir. C’est dans ces deux clips de jeunesse que le réalisateur a probablement pris le plus ombrage de ce qu’il avait vécu comme des échecs dans son enfance. Dans un cadre familial tout d’abord, Laurent Boutonnat est l’aîné d’une famille de cinq enfants. On retrouve les relations parfois conflictuelles figurées par un unique plan succédant aux pancartes « Maman à tort ! » brandies par la petite famille : La tête de la grande sœur est posée sur une table autour de laquelle ses frères et sœurs vindicatifs s’apprêtent à s’acharner à coups de fourchettes]. Laurent Boutonnat lors d’un interview avait aussi parlé des difficultés qu’il avait eu chez les jésuites où il avait fait une partie de sa scolarité ; ce qui explique peut-être l’apparition des deux nonnes de petites tailles dont l’une frappe avec une règle les mains de la jeune fille fautive agenouillée devant elle, pendant que l’autre lit des versets de la Bible. On peut également lire l’influence de toute une éducation religieuse dans l’animation de la statuette de pierre représentant la sainte vierge qui se cache les yeux devant un viol qu’elle ne pourrait supporter. Un plan qu’aurait pu tourner Cocteau, et qui est peut-être la vision d’un enfant devenu adulte sur son éducation refusant de voir le chemin autodidacte que son élève a osé prendre. Autant dans Maman à tort que dans Plus grandir, la mort de l’héroïne est impliquée, mais étrangement jamais montrée. Alors qu’on l’imagine prochainement dévorée par sa fratrie, la grande sœur du premier clip bénéficie de l’absence d’une réelle intrigue et d’une narration confuse pour renaître au plan d’après grâce à un montage a-chronologique. Dans Plus Grandir, seule une danse accompagne le vieillissement de la jeune fille, qui finira dans un grand état de déchéance physique, immobile derrière une fenêtre ouverte. Sa mort ne sera évoquée symboliquement qu’au dernier plan, lors de son passage devant sa propre tombe. Malgré ces outrages perpétuels qui présentent au public un nouveau personnage, c’est pourtant sa mort montrée sous tous les points de vue à la fin de Libertine qui la fera naître à ses yeux.


 

 

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La symbolique chez Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 27 octobre 2012

symbolique Libertine II.

 

La symbolique chez Mylène Farmer dans Mylène et SYMBOLISME 1-190x300(pourvu quelles soient douces) Un légionnaire de dix ans est plongé dans une bataille opposant français et anglais.

     Le film de Libertine II s’ouvre sur le même type de plan que le premier volet : la verdure. La première scène suivra intelligemment la même structure scénique. La caméra suit des pas qui découvriront la mort, soit en l’ayant provoquée, soit en la provoquant. La dernière scène de Libertine date peut-être d’un jour, voire de quelques heures. Les deux cadavres sont encore frais, la rivale a fait ses ravages très récemment. Libertine, encore vivante, est recueillie par un bataillon anglais ayant fait fausse route et se retrouvant malgré eux en France. Nous sommes en Août 1757, pendant la guerre de sept ans, souvent évoquée au cinéma. Libertine est rapidement soignée et est espionnée dans son sommeil par le capitaine anglais qui vient la regarder de très près. Il retire le drap qui la recouvre avec… son fouet. Surpris par le petit tambour, il le ramène dehors pour le fouetter à la vue de tous ses militaires du rang. Libertine arrive, se saisit du fouet pour en frapper le capitaine.  

    On retrouvera une vision de l’union particulière de Libertine et du capitaine anglais quelques heures plus tard lors de l’incroyable orgie contée par Laurent Boutonnat , la nuit dans le campement. Un gros plan sur  leurs mains fera juste sentir la capitaine sur Libertine, unissant leurs destins. Les prostituées donnent alors du « plaisir » aux militaires dans une orgie très esthétique, comme toutes les fêtes montrées par Laurent Boutonnat (comme dans Libertine, celle de Giorgino d’ailleurs, sera un exemple du style Boutonnat). Les ralentis sont nombreux et on se rappellera de certaines images, comme celle du vin coulant sur le corps d’une prostituée allongée à terre. 

 Au petit matin, après le signe d’une prostituée (on retrouvera cette actrice dans d’autres clips dont Sans Logique et Que mon cœur lâche), les troupes françaises attaquent, ne laissant aucun répit aux militaires anglais. Le capitaine à moitié endormi sort vite de son état comateux pour donner ses instructions, tandis que Libertine, sortant inquiète de la tente, regarde les premiers dégâts autour d’elle. Encore une fois, là où l’intrigue est à son maximum, Boutonnat insert un personnage totalement à contre-courant de l’action. […] Pour succéder au bruit assourdissant de la bataille qu’il vient de raconter à son spectateur, Laurent Boutonnat monte un plan très explicite : sur un très faible sifflement de vent, le cheval noir de Libertine trotte au ralenti entre les cadavres des guerriers français et anglais étendus sur le sol. La voix racontant le contexte de l’histoire au début du film revient. C’est celle du petit tambour, devenu grand qui fait un constat détaché des conséquences de la bataille et de la vie en général : « -Dieu, dans sa miséricorde verse le sang des hommes pour les laver de leurs pêchers. La mort allait frapper une dernière fois« .

   En fait, Libertine est bien morte dans le premier épisode, c’est (au delà de son personnage mort) la mort elle-même qui revient ici pour achever la rivale et emporter l’enfant… vers une vie que lui aurait retirée cette guerre de sept ans.

 Influences ?

    Le remix de Pourvu qu’elles soient douces, tel qu’il a été utilisé dans le clip et dans le concert l’année suivante, rappelle fortement la version single du titre Im in Alu, de la chanteuse Israëlienne Ofra Haza sorti quelques mois auparavant et culminant à l’époque au sommet des charts européens.

 

Jodel Saint-Marc.

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