Pourvu qu’elles soient douces Mylène

Posté par francesca7 le 1 septembre 2012

 

symbolique : L’Affaire du trou

   Alors passé inaperçu à l’époque, ce n’est aujourd’hui plus un secret pour personne, le texte parle de sodomie, sans le revendiquer ouvertement :

« Ton goût tu revers n’a rien de pervers / Ta maman t’a trop fessé / Le nec plus ultra en ce paysage c’est d’aimer les deux cotés / D’un poète tu n’as que la lune en tête / Tout est beau si c’est vu de dos ! »

  Pourvu qu'elles soient douces Mylène dans Mylène et SYMBOLISME r5f1c07r-300x208   On comprend alors mieux le titre de la chanson, et le clip, qui s’offre différemment sous une seconde lecture. Notamment juste avant que le générique commence, le capitaine anglais répète à propos de Libertine qu’elle a l’air « si douce » à deux reprises, comme chacune de ses parties charnues ; on peut grâce à ça déjà deviner ses penchants et son obsession. Les titres du générique arrivent sur l’écran par le côté et non de face, le capitaine est tué dans le dos, « par derrière » dirait-on, et la rivale de Libertine meurt finalement empalée ! Les détails se rapportant à la pratique sexuelle dont il est question dans la chanson ne maquent pas. Inutile de s’attarder sur la scène de contemplation devant une Libertine endormie à l’abdomen dénudé, ni sur celle, la jouxtant, du petit tambour, incliné en avant sur une botte de paille, se faisant fouetter l’arrière train.

     Libertine fuyant le capitaine, volontairement écorchée par on ne sait quoi, la main maculée de sang, sont les prémices à un premier contact charnel mais douloureux entre les deux futurs sodomites. L’acte sexuel est en lui-même filmé avec sobriété, à la lumière du feu de camp anglais, en nous montrant seulement Libertine le dos tourné au capitaine. Le reste ne sera résumé que par un gros plan des deux mains l’une posée sur le dos l’autre, les doigts s’entrecroisant, ô symbole !  

    « La perversité des uns est la normalité des autres. » C’est par cette seule phrase laconique que Mylène Farmer dans la presse justifie son texte. Laurent Boutonnat a du visiblement s’en servir comme charte pour l’étendre à bien d’autres pratiques qu’on retrouve par-ci par-là dans le clip. Il traite ainsi de la prostitution comme dans Libertine en ajoutant le rapport à l’argent dont il ne parlait pas jusqu’à lors ; mais aussi de la masturbation, de l’homosexualité, du voyeurisme, du masochisme et du tabou de la pédophile. Par exemple, lorsqu’au début du film le soldat anglais avec le petit tambour âgé d’une dizaine d’années découvrent Libertine inanimée, le petit fait remarquer au grand qu’elle a les mains douces, lui qui vient de vanter la beauté de celui qu’il prend pour un garçon. Le soldat lui répond alors : « - Pas plus que les tiennes. » Or, comment le soldat peut-il parler de la douceur des mains du petit tambour sans les avoir eu en contact avec sa peau ? On remarque aussi que lorsque le petit tambour, en jeune voyeur, regarde en douce Libertine et le capitaine faire l’amour, il a un certain mal a maintenir le trou qu’il a fait dans la tente avec une seule main ; c’est donc que son autre main est déjà occupée…

Extrait signé par  Jodel Saint-Marc

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