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Mylène Farmer et la rupture

Posté par francesca7 le 4 août 2012


Confidences de Elsa Trillat (Photographe)

Mylène Farmer et la rupture dans Mylène en CONFIDENCES DSCF0014-300x225Un mois après, on fait une séance photo avec des loups. Bertrand organise ça dans une sorte de zoo en province, vers Le Mans, ça s’appelle La Flèche, je crois. Mylène porte une superbe robe verte en velours à la Scarlett O’Hara. Elle entre dans le domaine des loups avec un dresseur et se retrouve avec un loup et une louve. Moi je reste de l’autre côté de la barrière et je shoote. Pour ne pas être dans le champ, le dresseur s’éloigne, tout en conseillant à Mylène d’être plus proche du mâle qui est plus calme. Sa robe, le loup, les rochers dans le fond, c’est magnifique. Mais soudain, la femelle, folle de jalousie, se jette sur Mylène et l’attrape par les cheveux. Heureusement, le dresseur est suffisamment rapide pour que ça n’aille pas plus loin. Je développe les photos. Elles sont belles, mais ne paraîtront jamais nulle part – c’est Mylène qui les a aujourd’hui, je crois. En fait, je ne sens plus le truc, je ne reconnais plus Mylène. Pour moi, il y a clairement un avant et un après « Sans contrefaçon ». Les gens ont commencé à devenir hystériques avec Mylène à partir de ce titre, et plus généralement du deuxième album. Et Mylène a commencé à changer. J’ai connu ça avec d’autres stars avec qui j’étais copine et que je n’ai plus reconnues au bout d’un moment – Sophie Marceau (dont j’ai fait rentrer son frère Sylvain à la maquette de « Match »), Emmanuelle Béart (avec qui j’ai fait mon déménagement)… Il n’y a guère que Sandrine Bonnaire qui soit restée la même. Mylène ne sortait plus sans sa cour, ils étaient tous habillés comme elle, ils parlaient comme elle, j’ai trouvé ça ridicule !

Le jour où je vais chez elle pour lui montrer les photos avec les loups, on est tranquilles et, tout à coup, sa bande de copier-coller déboule. Je quitte rapidement les lieux tellement je trouve ça insupportable. Arrivée en bas, je monte dans ma voiture et j’éclate en sanglots. Je comprends que ce ne sera plus jamais pareil. Je rentre chez moi. Je prends le téléphone et j’appelle Mylène. Je lui dis très exactement ce que Sophie Marceau m’a dit deux ans avant : « Je t’appelle pour te dire que je n’ai plus envie de te revoir ». On parle longuement. Je lui explique clairement que je ne supporte pas de voir comment elle évolue au contact de ses adorateurs : « Tu ne vois pas qu’ils sont faux, qu’ils jouent un rôle ?! ». Elle me répond qu’elle en a tout à fait conscience et me conseille d’aller dormir, persuadée qu’on y verra plus clair après. Le lendemain, je reçois un coup de fil de Bertrand au journal : « Elsa, je ne veux pas savoir ce qui se passe entre Mylène et toi, mais elle m’a appelé à cinq heures du matin complètement affolée, n’arrivant pas à dormir. Alors, appelle-la tout de suite et dis-lui que vous allez vous revoir ! ». Je m’exécute. Elle décroche le téléphone et me coupe rapidement la parole : « J’ai réfléchi. Je crois que tu as entièrement raison. Ne nous voyons plus ! ». Elle est en revanche d’accord pour continuer à faire des photos ensemble. Ca me paraît difficile à gérer, mais il était prévu de longue date qu’on aille au Canada deux ou trois semaines après pour faire un reportage dans sa maison d’enfance. Un calvaire !

Déjà, on ne voyage pas ensemble dans l’avion. Arrivés à Montréal, on loge dans le même hôtel mais on ne se parle pas. J’apprends qu’elle organise une sushi-party dans sa chambre pour elle et sa cour. Je n’y suis pas conviée. Pour faire souffrir, c’est la reine ! Quand il s’agit de louer une voiture pour aller jusqu’à la ville où elle a passé son enfance, Bertrand me dit que c’est à moi de la payer. J’ai beau lui expliquer que je n’ai que du liquide et pas de carte bancaire sur moi, ça n’y change rien. Je suis donc contrainte de lui donner tout mon argent pour la voiture. Je n’ai dès lors plus un centime pour le reste du séjour, y compris pour manger. L’horreur ! Le pire, c’est que, de retour à Paris, Bertrand m’appelle pour me dire que Mylène ne veut pas que les photos soient diffusées, sans même les avoir vues ! Contrainte par le magazine qui a investi dans le reportage, j’en ai finalement passée une dans « Match ». De toute façon, je les trouve moches ces clichés. On sent que ni elle ni moi n’avions envie de les faire.

A partir de là, plus de nouvelles. J’ai beau écrire des lettres, je n’ai jamais de réponse. Nous sommes à la fin de l’été 1988. Je n’ai plus jamais revu Mylène depuis. Sauf une fois, en 1991, à l’aéroport de New York. Je suis avec Emmanuelle Béart. On fait la queue en file indienne pour embarquer dans le Concorde. Emmanuelle se retourne et me chuchote : « C’est pas Mylène Farmer juste derrière toi ? ». Je regarde dans le miroir, et qui je vois, tête baissée ? Mylène ! On avance doucement vers la porte de l’avion. A un moment, j’ai le courage de me retourner et de lui dire bonjour. Elle me répond poliment, juste poliment. En revanche, elle salue Emmanuelle avec enthousiasme. Puis on s’installe dans l’avion. Emmanuelle me dit d’aller lui parler : « C’est trop bête. Vous êtes dans le même avion ». Je me lève, je traverse l’allée. Hélas, elle est du côté hublot. Je peux difficilement me mettre sur les genoux de son voisin pour aller lui parler. D’autant qu’à chaque fois que je passe, je fais en sorte de regarder le paysage. Et quel paysage ! Y a beaucoup de choses à voir quand on est en Concorde ! Tant pis. Arrivée à Roissy, je laisse mon chariot à bagages à Emmanuelle et je vais la voir. Je lui demande si on peut aller déjeuner ensemble un jour prochain. « Non ». Juste boire un café alors ? « Non ». Je lui explique que ça fait trois ans, qu’on a changé depuis. Et là, elle me regarde droit dans les yeux à travers ses petites lunettes bleues et elle me dit : « Changé ? Pourquoi veux-tu qu’on change ? J’ai eu trop de mal à la tourner, cette page, je ne peux pas revenir en arrière ». Elle reste gentille et douce dans sa façon de me parler, mais ça n’en fait pas moins mal. Puis Laurent arrive pour la chercher.

L’année suivante, je la croise dans un supermarché de Santa Monica, à Los Angeles. Je suis avec une collègue de « Paris Match » qui me déconseille d’aller lui parler, m’assurant que, Mylène logeant chez une connaissance, elle irait prendre la température. Elle me confirme rapidement que Mylène ne souhaite pas spécialement me voir. En revanche, elles deviennent copines toutes les deux. Quelques jours plus tard, je tombe malade. Ma collègue m’accompagne à l’hôpital. Elle appelle Mylène pour la prévenir de ce qui se passe car elles devaient dîner ensemble ce soir-là. Et là je réalise que Mylène se souvient de tout car elle pose des questions très précises, du style : « Combien a-t-elle de créatinines ? »… Elle propose même de prévenir un médecin français qu’elle connaît sur Los Angeles. J’ai trouvé ça touchant. Vraiment ! C’est le dernier contact que j’ai eu avec Mylène, fût-il par procuration.

Il y a deux ans, dans une station de ski près de Saint Gervais, Le Betex, je descends du télésiège et je tombe nez à nez avec Laurent. Il est avec un couple d’amis. Il n’a pas changé d’un iota. Je lui demande s’il se souvient de moi, il me répond : « Oui, bien sûr ! ». Je lui propose qu’on prenne un verre à la station le soir même ou le lendemain. Il est OK. Je ne l’ai jamais revu.
Mylène reste présente dans ma vie de tous les jours. J’observe son chemin et je lui garde une place dans mon cœur. Nine, ma petite nièce de cinq ans, commence à prendre le relais. Elle a adoré « C’est une belle journée ». Pour elle, Mylène Farmer c’est la plus belle du monde ! Ca me fait plaisir de voir que Mylène arrive à séduire encore une nouvelle génération.

Au-delà des disques et des photos, Mylène m’a laissé en souvenir une chouette en terre qu’elle a faite elle-même. Elle adorait les chouettes. Elle disait que ça portait bonheur… 

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Issu du magazine : Mylène Farmer Magazine – 2003

 

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Mini album de Mylène F avec H.Biggs

Posté par francesca7 le 4 août 2012

 

CONDIDENCES de Henry Biggs (Professeur d’anglais)

 

 

Rencontre exclusive avec le premier artiste (et seul à ce jour) pour lequel Mylène a composé tout un mini-album. Révélations de ce mister Biggs, visiblement fan transi de littérature française et déjanté à ses heures perdues !

Pour nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore, pouvez-vous nous parler de votre travail artistique ?
Mini album de Mylène F avec H.Biggs dans Mylène en CONFIDENCES 2000-Claude-Gassian-029b-184x300Le projet « Headmess » a vu le jour en 1996 (ndlr : 1994 en fait !). Mylène et moi commencions à travailler sur le premier CD et je crois bien que c’était aux alentours de 1996, je ne suis pas très bon dès qu’il s’agit des dates. L’idée était celle d’une fusion entre la musique et les paroles qui seraient alternatives ; des messages profonds mêlés à une approche différente de la musique, ou alors des chansons composées comme des puzzles. En fait, c’est intéressant pour vos lecteurs de voir s’ils sont capables de « résoudre » l’énigme de chacune des chansons… Plusieurs paroles sont inspirées directement par des auteurs français comme Proust, Perec ou le mouvement Oulipo, par exemple. Si je me souviens bien, c’était une lutte pour nous d’être joués en radio puisque les paroles ont été écrites en anglais, mais les lois françaises sur les quotas en anglais étaient passées en même temps. Plus brièvement, le second CD « Puzzle » a été réalisé en 2003. Il est plus complexe, peut-être encore plus inspiré par les français que le premier, avec cette chanson, « Wrap », qui est un titre puzzle inspiré par le style de l’acrostiche de François Villon ou « Check me out » qui est une chanson puzzle inspirée par le livre « La disparition » de Perec et par l’Oulipo. Encore une fois, je pense que c’est compliqué de comprendre totalement ces chansons sans les indices laissés sur le CD, mais essayez, je vous en prie ! Actuellement, le premier single du prochain CD, « X marks the spot », sortira le mois prochain. Ce sera une chanson anti-guerre et qui a déjà été décrite comme trop pittoresque et explicite par les radios. Eh oui, il y a beaucoup d’aliénation de la part des gouvernements ! Je pense qu’être banni des radios signifie que je ne suis pas très loin de la vérité… Vos pouvez toujours voir la vidéo de ce CD sur le site www.getheadmess.com.  Cependant, pour finir sur une note humoristique, une de mes plus grandes qualités, c’est mon corps, et pour vos lecteurs qui préfèrent les hommes, il est entendu qu’ils préfèreront me voir nu plutôt que Mylène. Si la demande devient trop pressante, dites-le moi ! Je posterai mes jambes pour commencer pour vous le prouver sur mon site à l’adresse déjà donnée !

Comment avez-vous rencontré Mylène Farmer et Thierry Rogen ?
J’ai rencontré Mylène à Los Angeles. J’étais étudiant en langues à l’UCLA et elle m’a demandé de travailler avec elle afin de développer son anglais, et spécifiquement de perfectionner tout ce qui concernait son accent américain quand elle s’exprimait. Elle avait une très bonne oreille, mais elle m’a raconté que quelques années plus tard, les anglais étaient horrifiés par son accent et qu’ils essayaient de le lui corriger. Ils sont fous ces britanniques ! J’ai rencontré Thierry à travers Mylène et il m’a beaucoup impressionné. Je n’ai rien d’autre que d’excellents souvenirs. Thierry était un « professionnel de la profession », un vrai maître dans son domaine.

Le magazine « Instant-Mag » avait interviewé Thierry Rogen il y a quelques années, et il nous avait raconté à demi-mot l’élaboration de votre disque, dont personne n’avait entendu parler. Pouvez-vous nous conter cette aventure ?
Mylène a fait venir Thierry parce que le projet comportait du rap et du hip-hop et je pense qu’elle avait une confiance totale en ses capacités de travailler avec beaucoup de rythmiques complexes et de leur conférer la nature exacte que nous recherchions. Encore une fois, il a fait un travail incroyable.

Comment compose Mylène Farmer ?
Je pense qu’il est important de respecter la personne privée, donc je ne vous donnerai aucun détail précis, mais je tiens à dire que Mylène est une instinctive. Elle est très talentueuse et sait souvent instantanément ce qui peut fonctionner ou non et réagit en conséquence. Cela ne sera sûrement pas très surprenant pour ses fans, mais Mylène compose très souvent à n’importe quel moment, dans sa vie privée. Je la respecte pour cela, car c’est aussi dans le privé que je préfère composer.

Que pensez-vous de la musique qu’elle a composée pour vous ?
C’était extraordinaire. Je me souviens de la première fois qu’elle m’a joué ce qu’elle avait composé pour moi sur « Hell and hunger ». J’étais vraiment sans voix, c’était excellent. Cette musique était si bonne, avec un tel appel à la méditation, que c’en était vraiment honteux ! Je pense que si le gouvernement n’avait pas imposé ses règles, ce style et cette approche de la musique auraient pu révolutionner le monde musical (ndlr : modeste !).

Artistiquement, comment se passait votre travail avec Mylène et Thierry Rogen ?
Court et doux. Nous avons travaillé fiévreusement pendant une semaine. Je me souviens avoir écrit dans le vestibule d’un hôtel jusqu’à quatre heures du matin, réécrivant et reconsidérant mon travail, incessamment, à chaque heure. Je voudrais simplement dire que chaque personne avait son espace. Mylène comprenait totalement comment devait être travaillée la chanson, ajoutant des mélodies quand c’était nécessaire, et Thierry avait le contrôle total de la production. Mylène m’a donné plusieurs fois un coup de main sur mes paroles et elle avait souvent raison !

1996-Marianne-Rosenstiehl-001b-205x300 dans Mylène en CONFIDENCESEst-ce que Laurent Boutonnat, le compositeur officiel de Mylène, a participé au disque ?
J’aime beaucoup Laurent et j’apprécie son travail, mais à ma connaissance, il n’a pas été impliqué en quoi que ce soit sur ce projet.

Saviez-vous que la mélodie de « Madeleine » a servi de base à la chanson « Et si vieillir m’était conté » en 1999 ?
Mylène me l’avait mentionné, mais j’avais oublié le titre exact de la chanson. C’est une mélodie vraiment formidable. J’aime beaucoup l’idée originale de « Madeleine » qui était une nouvelle considération de mauvais goût des fameux gâteaux de Proust.

La plupart des fans de Mylène n’ont entendu parler de ce disque que tout récemment. Comment expliquez-vous que l’on n’apprenne son existence qu’en 2006 ?
Croyez-le ou non, mais les universitaires américains se sont montrés très intéressés par les paroles de six des chansons, dont « Madeleine » et « Ain’t no rythm ». Nous les avons incluses pour une collection dédiée à la distribution universitaire. Il y a dix chansons en tout et pour tout. Cependant, les six chansons ont été éditées par CD Baby en 2006 et ce label est commercialisé en France. Le monde en est devenu fou et cela s’est transformé en un véritable phénomène ! C’est incroyable, surtout dix ans après !

Êtes-vous toujours en contact avec Mylène et suivez-vous sa carrière ?
Je rencontre souvent des personnes qui veulent avoir des informations concernant Mylène, lui demander des choses, etc. Je ne veux rien ajouter de plus, je ne veux pas passer pour un importun ou un pique-assiette, alors j’essaye de respecter son espace. Cela dit, c’est toujours un plaisir de la revoir.

Quels sont vos projets actuels ?
Le prochain CD « Headmess » sortira en octobre et s’intitulera « Pop Lit » et quelques-unes des chansons et vidéos se trouvent à l’adresse donnée plus haut. Nous essayons aussi de voir ce qu’il est possible de faire pour une tournée en Europe et au Japon l’été prochain pour promouvoir le CD. Nous sommes en train de réfléchir aux endroits où nous produire. 

Issu de Mylène Farmer et vous de 2006

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