Mylène Farmer ou la rencontre d’une star

Posté par francesca7 le 25 juillet 2012


CONFIDENCES DE Chris Cox (Remixeur)
dans Q.I

 

Mylène Farmer ou la rencontre d'une star dans Mylène en CONFIDENCES 3dffca59-300x297A l’époque où vous avez découvert Mylène et appris à l’apprécier, avez-vous tenté de l’approcher ou d’entrer en contact avec son entourage pour travailler avec elle ?
Non .Sans prétention aucune, j’ai la chance que le travail vienne à moi depuis pas mal d’années, je n’ai sollicité personne depuis facilement dix ans. Pour le cas de Mylène, j’ai été approché par son label parce qu’ils aimaient mon travail. Un jour, j’ai reçu un mail de Universal France le disant qu’ils cherchaient des remixeurs internationaux pour le projet « Remixes » et voilà… Je me rappelle qu’ils commençaient à me faire le laïus sur sa carrière, son parcours. Et je leur au dit : « Pas la peine, je connais très bien le travail de Mylène Farmer » (rires). Je crois qu’ils étaient impressionnés, ou en tout cas surpris que je la connaisse.

C’est vous qui avez choisi de remixer « Désenchantée » pour ce projet ?
Oui ! Je leur ai demandé s’ils ovulaient que je travaille sur un morceau en particulier ou si je pouvais choisir. Ils m’ont répondu que si je souhaitais une chanson bien précise, je pouvais leur dire. A l’évidence, « Désenchantée » était en tête de ma liste (rires). Par chance, la chanson était sur leur track-listing et, comme j’ai été l’un des premiers DJ à être sollicités pour ce projet, elle était encore disponible.

C’est votre chanson préférée de Mylène ?
Oui. D’abord parce que c’est la première chanson de Mylène que j’ai entendue de ma vie. Et puis je trouve la mélodie magnifique. Elle me rappelle plein de bons souvenirs, donc j’étais très heureux de pouvoir travailler dessus.

C’est le plus gros tube de Mylène. Était-ce une pression supplémentaire pour vous ?
Un peu parce que je savais que ce serait un des remixes les plus attendus par le public. A titre personnel, je sais que quand j’adore une chanson, je suis beaucoup plus critique quand on la remixe, y compris quand c’est moi qui le fais. Je n’avais clairement pas envie de décevoir. J’ai récemment travaillé sur un remix de « Le freak » du groupe Chic, qui est une de mes chansons préférées de tous les temps, et ça a été très difficile nerveusement pour moi parce qu’il fallait trouver un son qui convienne au marché d’aujourd’hui, mais sans ruiner l’essence même de ce qui est devenu un vrai classique des dancefloors. Je ne peux pas ignorer ce genre de considérations quand je travaille sur une chanson qui s’est avérée être un énorme tube populaire.

Avez-vous eu des réactions de Mylène, de son entourage ou de ses fans après ce remix ?
Apparemment Mylène a aimé puisque j’ai été rappelé pour « Q.I ».

52955455 dans Mylène en CONFIDENCESVous arrive-t-il de jouer vos remixes de Mylène lors de vos sets aux États-Unis ?
Malheureusement non car le public américain est totalement hermétique à tout ce qui n’est pas chanté en anglais. On peut éventuellement utiliser un petit sample en langue étrangère, mais pas une chanson en entier. Une chose que j’adore chez vous en Europe, c’est que vous n’avez aucun problème à écouter de la musique des autres pays. Dans une même soirée ici, je peux passer des chansons en allemand, en espagnol, en français, en anglais ou en italien, ça ne pose aucun problème.

Et d’ailleurs dans le monde, vous arrive-t-il de passer du Mylène ?
Oui, bien sûr. Surtout en Europe où « Désenchantée » a été un vrai tube. Je n’avais pas vraiment compris l’impact de cette chanson avant de la jouer à Paris : la foule était hystérique sur ce titre. Je l’ai jouée à Mexico City aussi, devant deux mille personnes, et à ma grande surprise, l’ambiance est devenue simplement folle, les gens ont adoré !

Savez-vous que nombreux sont les journalistes à surnommer Mylène la « Madonna française » ? Vous qui avez travaillé avec Madonna, qu’en pensez-vous ?
C’est marrant parce que je reviens de Grèce où j’ai fait un show avec Anna Vissi, une immense pop star là-bas, et elle est surnommée la « Madonna grecque » (rires) ! Je pense que dès qu’une chanteuse devient une méga star, voire une légende dans son pays, elle devient la Madonna de ce pays. Ca prouve l’immense impact planétaire de Madonna. Au-delà de cela, il est clair que quand Mylène porte des culottes, des soutiens-gorge ou des bustiers sur les pochettes de ses disques, ça amplifie la comparaison.

Comment avez-vous appréhendé le travail sur « Q.I » ? Est-ce Mylène ou sa maison de disques qui vous ont donné des directives ?
Non. Ils m’ont envoyé une copie de la chanson, et une copie avec juste la voix de Mylène. Et c’est tout. Je pense qu’ils aiment bien mon travail et qu’ils m’ont accordé une totale confiance.

Le fait de garder intacte la structure de la chanson (couplets et refrains), n’était-ce pas leur volonté ?
Non, c’était la mienne. Quand je suis engagé pour remixer un single, je pense bien sûr aux clubs, mais aussi à l’artiste et à son public. Je suis un fan des vocalistes et des chansons donc j’essaie de les respecter.

Vous pensez que ce n’est pas le cas de tous vos collègues ?
Beaucoup de DJ ou de remixeurs se contentent de sampler une phrase ou même un mot répété à l’infini sur une musique totalement différente de l’originale. Je n’appelle pas ça un remix, c’est carrément une autre chanson ! J’ai envie de leur dire : « Hey les mecs, faites vos propres disques, mais n’appelez pas ça le remix de tel chanteur ou telle chanteuse ! ». Je ne vois pas en quoi ils servent les artistes.

Qu’avez-vous pensé de « Q.I » quand vous l’avez entendue pour la première fois ?
J’ai beaucoup aimé. J’avais juste un souci par rapport au rythme qui est assez lent. J’avais très envie de lui donner de l’énergie pour les clubs, mais je n’étais pas sûr de pouvoir y parvenir.

115172441Et pourtant quelle réussite ! Saviez-vous que les radios françaises ont plus diffusé votre version que l’originale ?
Non je ne savais pas ! En fait, dans la mesure où je suis en Californie, je n’ai pas trop d’échos sur la suite du projet. Le label m’a juste envoyé quelques exemplaires du maxi vinyle, mais c’est tout. Je n’ai pas vraiment de retours sur ce qui se passe en France.

Vous remixes ont-ils été acceptés d’emblée par Mylène et son entourage, ou avez-vous dû les remanier plusieurs fois ?
Ils les ont aimés à la première écoute, ce qui m’a grandement soulagé. Ils étaient très contents. J’ai seulement fait deux ou trois petits changements pour la version radio pour laquelle ils avaient quelques souvis avec certains niveaux de son qu’ils voulaient plus forts par ci ou moins forts par là. Quant à la version club, elle a été acceptée immédiatement.

Issu du magazine IAO – 2005

 

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