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Les travers de Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 24 juillet 2012


CONFIDENCES DE John Frost (Photographe)

 Cigarettes

Les travers de Mylène Farmer dans Mylène en CONFIDENCES 186473763-300x251Venant d’Angleterre, j’ai tout d’abord travaillé en tant que photographe de plateau et je me suis vite installé dans un studio près de Clichy, à Paris, où j’ai commencé à faire des portraits de gens, au cours Florent. Isabelle Nanty (ndlr : l’inoubliable « nurse » de Tatie Danielle!) y était à l’époque, avec Marie-Sophie L., la future femme de Lelouch, et, entres autres, Mylène Gautier! On a fait des reportages et des photos ensemble, pour faire son book. De là est née la première pochette de Mylène pour Maman a tort. Je crois qu’il s’est passé un truc entre nous et elle s’est livrée à des photos assez fascinantes. Ça ne s’est d’ailleurs pas passé sans heurts! Mylène est quelqu’un d’extrêmement nerveux. Petite anecdote, je n’ai jamais vu quelqu’un pouvoir déchirer un paquet de cigarettes en si peu de temps! Extraordinaire! Après les prises de vue, on allait prendre un café et elle réduisait son paquet de cigarettes en poudre! Mylène était aussi d’une extrême timidité. On a parlé de ça il n’y a pas longtemps avec Isabelle Nanty, avec qui je suis resté en contact… Mais Mylène a « rompu » avec tous ces gens-là, dès le début de sa carrière de chanteuse, il me semble. 

Maman a tort

DSCF0014-300x225 dans Mylène en CONFIDENCESJ’avais donc fait ces photos avec Mylène, et puis Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat sont venus me voir. Ils voulaient utiliser les photos de ce reportage pour aire la pochette du premier 45 tours. Pourquoi Laurent n’a pas fait ces photos lui-même, ça reste un grand mystère… Mais je ne connais pas bien le lien entre Laurent et Mylène. Elle ne m’avait en tout cas pas dit, en faisant les photos, qu’elle pensait à une carrière de chanteuse. Elle voulait être comédienne, même si elle ne se sentait pas à l’aise au cours Florent. Comme beaucoup, d’ailleurs. Les cours Florent, c’est très spécial, il y a beaucoup d’enfants de riches qui y vont pour passer le temps. Mais il y a aussi, dans le tas, beaucoup de gens connus qui en sont sortis… C’est sûr que Mylène n’était pas très heureuse au cours Florent. Mylène était pudique et en même temps, elle avait envie de se montrer. Et je crois que ça se sent dans les photos que j’ai faites. Ça m’a plu de faire des photos avec elle. Il me semble qu’on a fait trois séances, qui se passaient dans mon studio. Mylène amenait un certain nombre de vêtements, et moi je décidais ce qu’on faisait. Ça durait trois-quarts d’heures à chaque fois. Je me rappelle qu’à un moment, elle est partie du studio en pleurant, mais je ne me souviens plus exactement pour quelle raison! Je l’ai rattrapée, et après ça s’est très bien passé! 

Texte issu de l’Instant-Mag – 2002

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Symbolique de A qui je sers de Mylène

Posté par francesca7 le 24 juillet 2012

 

Symboles suicidaires du premier achèvement d’une oeuvre et d’une première vie d’artiste.

    Tournés dans un noir et blanc granuleux au lac de Grandlieu, à Passay (Loire-Atlantique) en août 1989, la chanson et le clip se trouvent justifiés par les conditions dans lesquelles leurs auteurs les ont écrits. Pour promouvoir la grande tournée que Mylène Farmer s’apprête à faire, elle écrit avec Laurent Boutonnat une chanson évoquant la fin d’un cycle : le leur. Si la Symbolique de A qui je sers de Mylène dans Mylène et SYMBOLISME 2005-Robin-004b-225x300critique a souvent qualifié le duo de nihiliste, c’est bien à cause de ce petit court-métrage, qui semble rejeter toute forme de croyance et de respect religieux. C’est bien d’autodestruction qu’il s’agit ici, en « suicidant » les héros de Laurent Boutonnat, Mylène Farmer achève leur première oeuvre, la plus noire. En brûlant quelques mois plus tard le décor de leur tournée dans un champ irréel, Laurent Boutonnat terminera cette destruction. même Mylène regardera le décor flamber, signature macabre de leur autodestruction.

 En pleine tournée, est intégrée au milieu exact du spectacle une chanson inédite simultanément à sa sortie dans le commerce en 45 tours. A quoi je sers est une chanson au rythme dansant mais aux paroles désespérées. Elle fut écrite un soir de blues, ce qu’on pense assez rare chez Mylène Farmer. Dans ce contexte de sortie, entre les salles de concert remplies et les loges vides, ce n’est bien évidemment pas par hasard que le texte de la chanson parle ouvertement de suicide  :

«Chaque heure demande pour qui, pour quoi se redresser / Pourquoi ces larmes ? A quoi bon vivre / Je divague, j’ai peur du vide, je tourne des pages, mais des pages vides / J’avoue ne plus savoir à quoi je sers, sans doute à rien du tout / à présent je peux me taire si tout devient dégoût. »

    Sans album à promouvoir, et ainsi débarrassé d’obligations promotionnelles, Laurent Boutonnat se sent donc une liberté totale pour la mise en images du clip. Il fera le choix d’aller vers une sorte d’abstraction en noir et blanc, remplie de langueurs et de symboles. Évoquant sous un angle biblique et symbolique le suicide (artistique) de la chanteuse, le clip représente sa longue et calme traversée d’un fleuve avec pour seul accessoire une valise dont le contenu nous restera inconnu.

    937_001-209x300 dans Mylène et SYMBOLISMELe brouillard envahi tout. Une pirogue avance, guidée par un vieux passeur, vêtu de noir et défiguré par le temps. Mylène Farmer monte dans cette barque-cercueil qui la fera traverser ce qu’on imagine être le Styx, le plus grand fleuve des enfers, en direction d’un autre affluant, qui sépare les vivants des morts. Selon cette lecture du clip, le passeur est Caron, chargé de faire passer les défunts dans l’autre monde. Leur embarcation traverse les roseaux que le vent fait plier, symbolisant selon la science des rêves le tourment et les problèmes existentiels. L’interprète, elle, ne pose son regard sur rien. Le passeur aux yeux cernés conduit la chanteuse dans les marais monochromes non loin de la rive gauche du Léthé, qui mène celui qui y arrive à l’oubli de sa vie. Mylène Farmer se retourne enfin, peut-être sur son passé, acceptant la propre mort de son personnage et reconnaissant les héros des clips de Laurent Boutonnat, ayant eux, déjà trépassé antérieurement. Ceux avec qui elle a débuté sa carrière sont présents.

En rendant sa cohérence à l’ensemble des clips qu’il a produit, Laurent Boutonnat en fait une œuvre homogène et ne filme là rien d’autre que la fin de cette époque. Son public sait dorénavant que ni Libertine ni sa rivale ne renaîtront une nouvelle fois de leurs cendres, et constate que Mylène Farmer et son mentor posent le voile de l’oubli sur un style qui leur fut si personnel. Poussant l’idée un cran plus loin pour bien que son public les comprenne, la face B du 45 Tours est une chanson titrée La Veuve noire qui reprend en boucle la mélodie d’introduction de A quoi je sers. La Veuve noire semble évoquer la mort artistique de la chanteuse le soir de la date de son premier concert :  

« Toi veuve noire tu périras ce soir de mai »  

  Mais peut-être que le tableau n’est pas si noir, peut-être qu’une renaissance est possible… En tout cas, à l’époque, nombreux sont les fans qui se sont demandés si la carrière de Mylène Farmer ne se terminait pas ici.

 Signé J.S.M http://fr.wikipedia.org/wiki/Jodel_Saint-Marc

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