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Mylène Farmer et Laurent avec les défunts

Posté par francesca7 le 23 juin 2012


 Mylène Farmer et Laurent avec les défunts dans Mylène et SYMBOLISME DSCF0017-225x300                  Deux des clips de Laurent Boutonnat mettent en scène leur héroïne en tant que personnage défunt : A quoi je sers et Regrets. La diégèse des clips en question se situe dans un au-delà rendu d’une manière stylistique assez identique : un noir et blanc surexposé et des paysages déserts. Pour rendre l’aspect irréel et post-mortem de l’au-delà de A quoi je sers, Laurent Boutonnat use d’une symbolique biblique, qui met en scène un mystérieux passeur sur un fleuve qu’on reconnaîtra comme étant le Styx, fleuve des enfers. La venue de personnages morts dans les précédents clips, comme le capitaine de Libertine II, sa rivale ou le toréador de Sans logique accentue le statut de défunte de l’interprète à laquelle ils se joignent. Dix ans plus tard dans Parler tout bas (1999) Boutonnat s’attache à décrire, à nouveau dans un monde mi-réel mi-imaginaire, le passage d’une jeune fille à l’âge adulte. Loin de la poésie dont il avait fait précédemment preuve avec l’usage d’une symbolique relativement juste et discrète, Laurent Boutonnat quelques années après s’être illustré avec les clips de Mylène Farmer fait avec Parler tout bas (2000) un clip uniquement peuplé de symboles. Ici aucun d’eux n’est au service d’une histoire et seul le basculement de l’enfance vers l’âge adulte justifie leur emploi. Du point de vue des éléments filmés, on pourrait lire ce clip comme une suite du précédent réalisé par Boutonnat : Moi…Lolita (1999).

 Le jeune homme amoureux d’elle dans le premier opus revient dans celui-ci, et alors qu’elle le rejetait à l’époque, le garçon trouve à présent devant lui les bras grands ouverts de la protagoniste ; preuve du passage de la jeune fille à l’âge adulte. On peut remarquer aussi que Parler tout bas commence dans une maison en ruines jonchée de jouets cassés et de boue, probablement celle qu’habitait la jeune femme alors enfant dans Moi…lolita. Le champ désert et boueux qu’elle traverse pour enterrer sa vie d’enfant ressemble lui aussi aux champs d’orge du premier « épisode ». Mais ici la reprise de ces éléments se fait dans un contexte plus onirique qui rappelle celui de Plus Grandir (1985). Parler tout bas ressemble justement à un rêve ; ou plutôt à un cauchemar de petite fille qui ne voudrait pas devenir grande, tout comme Plus grandir. Les lieux que traversait la jeune fille dans Moi…Lolita étaient autant peuplés, ensoleillés et vivants que ceux qui leurs correspondent dans Parler tout bas sont déserts, pluvieux et désolés. Après avoir enterré son ours en peluche sur lequel elle plante une croix de bois, la jeune fille rejoint une dizaine de poupées géantes symbolisant on l’imagine l’accompagnement éternel de l’âme d’enfant dans sa vie d’adulte. La grossièreté des symboles de Boutonnat dans cette période non-assumée de sa carrière a pour mérite de justifier l’emploi que le réalisateur faisait d’une symbolique qu’il a toujours dit ignorer.

 Signé J.S.M http://fr.wikipedia.org/wiki/Jodel_Saint-Marc

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Le Cheval dans les Clips de Mylène

Posté par francesca7 le 23 juin 2012


Autre personnage noir, le cheval de Pourvu qu’elles soient douces est nommément désigné dans le clip comme le symbole de la mort. La voix du narrateur cite son propre père en désignant le cheval noir comme le signe distinctif du prochain trépas :

Le Cheval dans les Clips de Mylène dans Mylène et SYMBOLISME MF80_119a« -Tu reconnaîtras la mort à son grand cheval noir. Si par malheur un jour elle s’arrête devant toi, surtout ne la regarde pas ».

L’emploi du cheval dans un premier temps comme symbole est cependant vite dépassé par l’apparition de la mort elle-même sur le cheval, sans que celle ci ne soit présentée verbalement comme symbolique. Le personnage de la mort est figuré dans le clip par Libertine vêtue de noir, car c’est elle qui monte le cheval et en est propriétaire. La suite du clip confortera cette lecture, la mort et son cheval noir faucheront le petit tambour anglais devant les yeux médusés et impuissants de la troupe française pourtant armée. Ici le statut symbolique de l’élément est intégré d’une manière totalement diégétique à l’histoire, et ce uniquement afin d’introduire par un effet dramatique le personnage de Libertine sensé être l’incarnation de la mort. Nous préciserons que l’emploi du cheval noir comme symbole de la mort sera repris dans le long-métrage Giorgino ; c’est lui qui suivra le héros du début à la fin du film et sera l’annonceur de sa mort. A l’extrême fin du film, après la mort du héros et pendant l’approche de centaines de loups, le cheval en question se réfugiera dans une église et s’abreuvera au bénitier, seule utilité trouvée à la religion dans tout le film. D’autres signes dans Giorgino laisseront entrevoir l’emploi du cheval comme symbole mortuaire : c’est par exemple à lui que sera attaché le cadavre de Sébastien Degrâce traîné au sol les bras en croix ; c’est aussi du passage d’un autre cheval noir à l’exacte moitié du film que sera associée l’apparition fantomatique de l’âme des orphelins noyés, sur lesquels le héros est venu enquêter.

   Signé J.S.M http://fr.wikipedia.org/wiki/Jodel_Saint-Marc

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