Mylène F. et le mortifère

Posté par francesca7 le 16 juin 2012

 

Très utilisée chez Boutonnat, la mort frappe le plus souvent le héros du film.

Mylène F. et le mortifère dans Mylène et SYMBOLISME 1373778470_smallOn distingue deux nuances : soit le symbole est utilisé pour souligner le trépas du personnage en question, soit pour figurer son statut de défunt. Plusieurs films du réalisateur mettent en effet en scène des personnages morts dont on suit l’action dans l’au-delà. Certains d’entre eux peuvent être rangés dans la première catégorie, la mort par fusillade de Libertine est montrée de manière on ne peut plus claire, celle de Tristana est rendue indirectement par le visage terrifié de l’héroïne auquel succède la giclée de sang sur le portrait de Karl Marx accroché au mur, ou encore la lente agonie du toréador de Sans Logique que l’on voit transpercé par des cornes de la femme-Centaure. En revanche, d’autres clips évoquent la mort du personnage plus qu’ils ne la montrent, ceci dans des clips plus sobres et plus lents. Clips qui véhiculent une espèce de romantisme éthéré qui épargne par un hiatus diégétique le décès du personnage dont la cause importe peu. A la fin de Plus grandir, la mort de l’héroïne intervient lors du fondu enchaîné elliptique entre deux de ses états : le plan de son visage vieillissant est en surimpression avec le recueillement de son fantôme devant sa propre tombe, posture faisant écho début du clip.

Afin de souligner le trépas du personnage, l’élément de la colombe qui se pose devant elle évoque la paix retrouvée, en contraste avec les tortures et la confusion qui ont précédé dans sa vie. Cet élément qui conclu la vie du personnage conduit le spectateur à voir le plan du cimetière comme une apparition post-mortem de l’héroïne, et donc à intégrer l’idée de son décès sans que celui-ci n’ait été montré. Le décès du personnage de la marionnette de Sans Contrefaçon est particulière car il n’aboutit pas à la suppression du personnage mais à son passage d’un état animé à un état inanimé.

20070117.FIG000000047_28518_3 dans Mylène et SYMBOLISMELa marionnette de cire en question voit sa réelle naissance marquée par sa transformation en personnage de chair et de sang. Sa mort sera un retour à ce premier état, comme si ce qui précédait la naissance relevait du même domaine que ce qui succède au décès. La mort de la marionnette devenue humaine n’est pas montrée, mais on sait au moment présumé du décès que la fée qui lui avait donné la vie quelques minutes plus tôt part sur la plage en signe d’abandon. C’est précisément ce détachement que Laurent Boutonnat prend pour métaphore de la mort de la marionnette, et le traitement du conte qui régit le clip fait beaucoup pour la justification d’un tel symbole : celle qui a donné la vie par sa venue la reprend par l’effet de sa disparition. Suite au plan de la fée se retirant au loin sur le rivage, le marionnettiste tenant son pantin dans les bras se rendra compte de sa soudaine raideur et le découvrira redevenu de bois et de chiffons. Cette femme en noir, transposition d’une fée détenant le pouvoir de vie, est aussi symbole de mort, et emporte avec elle l’existence des êtres qu’elle a effleurés.

Signé J.S.M http://fr.wikipedia.org/wiki/Jodel_Saint-Marc

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