Mylène Farmer Space Bercy

Posté par francesca7 le 27 mai 2012

 

Mylène Farmer Space Bercy dans Mylène et SYMBOLISME MFBercy96_22aL’image frappe dès l’entrée en salle : un énorme coffre, une porte ornée monumentale interdit l’accès à un temple (très boutonnesque) on ne peut plus mystérieux. Mur aveugle qui fait monter progressivement une excitation que rien ne peut contenir. C’est après un court-métrage d’Alain Lescalle (mélange confus de guirlandes japonisantes sur une esthétique de jeu vidéo des années 90) que le scaphandre cybernétique renfermant la chanteuse attirera les regards au centre du plafond de Bercy  Et c’est après une descente et un parcours qui le mène au pied du temple que le ton esthétique du show est donné : coiffure pour le moins inattendue composée de marguerites improbables, tenues multicolores de robes lamées et de corsais surchargés, soupiraux de pierre et escaliers vertigineux, le temple dans lequel nous entrons est celui du délire visuel.. et textuel. L’entrée en scène se fait au son scratché de chœurs scandant « shut up Farmer » (« Ta gueule Farmer ») ce qui promet pour les 2 h 30 de show qui suivent.

De quoi être bousculé. On ne peut qu’être déçu par l’enchainement mollasson des toutes premières chansons (XXL sans envie, California lassant, Dans les rue de Londres eu minimum syndical). Mais c’est avec la chorégraphie percutante (et sans danseuse) de Pornographique que le spectacle démarre vraiment. La suite assez rythmée fait étrangement l’impasse sur 2 albums (Cendres de lune, et Innamoramento), et reste à l’image de l’entrée en scène : un certain futurisme des années 80 sur des décors de « La Belle et la bête ». Chapeaux haut-de-forme sur Sans Contrefaçon, Je t’aime mélancolie en altitude sous des voiles rétractables, QI et sa chorégraphie hispanisante reprenant les gestes du clip, et à la surprise générale Les Mots en duo avec l’imposant et charmeur batteur Abraham Laboriel Jr.

Un chandelier aux allures de pieuvre pose la chanteuse sur une scène centrale en forme de croix de malte (symbole du secourisme) pour un tableau marquant le milieu du spectacle. La proximité de tout le public donne une force indéniable à un long tableau composé de chansons acoustiques, accompagnées par Yvan Cassar sur un piano noir collé à une plateforme réversible. Fin de la partie avec La réussite du spectacle : un Désenchantée ultra dansant en formation restreinte (Abraham sur une mini-batterie pas plus grande qu’un guéridon, une simple guitare, une unique percussion et Yvan fidèle au piano) et une Mylène tournoyante avec ses danseuses pour que chacun des spectateurs tout autour d’elle n’en perde pas une miette. C’est, avec Sans Contrefaçon, les deux moments forts du show… car peut-être les deux seuls vrais tubes.

 Avant que l’ombre, la bien nommée clôturera un spectacle foisonnant en entrouvrant un rideau d’eau sur une Mylène FARMER d’une neutralité retrouvée, qui disparaîtra symboliquement nue au sommet d’un escalier féérique orné de lustres suspendus à une autre planète. Rappel du rideau d’eau, le mot « passé » écrit en retombées pluvieuses s’écrasera au sol à plusieurs reprises. De loin le final le plus réussi, le plus émouvant aussi. Le final suicidaire du concert de 1989 n’est pas très loin dans cette grille du cimetière remplacée par le monumental coffre dont la résonnance de la clôture résonne encore à nos oreilles.

 Un spectacle incroyablement délirant et forcément jouissif, tant de retour de la vraie audace du duo FARMER-BOUTONNAT était attendu.

 

Signé J.S.M http://fr.wikipedia.org/wiki/Jodel_Saint-Marc

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