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J’attends de Mylène F.

Posté par francesca7 le 7 mai 2012


 

J'attends de Mylène F. dans Mylène et SYMBOLISMEL’attente, inévitable à ce stade, à son stade. « Envahie par l’amour » elle le dit elle-même, elle attend pourtant quelque chose. Les nuits se succèdent auprès de celui qu’elle aime, de celui qui l’aime, mais il manque pourtant quelqu’un, dont il faut se consoler de l’absence. La passion présente, cette femme doit s’en contenter, car l’Amour qu’elle attend ne viendra probablement jamais. La mort dans l’âme, sans lui, sans cet enfant, elle pense « passer à côté de sa vie », en vient à demander à l’homme de sa vie « qui nous unis ? » Définitivement personne, alors, il faut « l’étreindre pour deux », pour elle et ce fruit de l’amour qui ne naîtra pas. Alors finalement s’accrocher à cet amour présent, car c’est le seul qui « compte vraiment ». La fin de la chanson ressemble à un encéphalogramme plat, en un son strident, pendant de longues secondes, comme une vie qui n’apparaît pas.

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Double lecture des clips de Mylène

Posté par francesca7 le 7 mai 2012

    Destinés à être “multi-diffusés” à la télévision, à être projetés en salles de cinéma en avant-programme de long-métrage de Double lecture des clips de Mylène dans Mylène et SYMBOLISME MF80_41afiction, ainsi qu’à être vendus plus tard sur support vidéo dans le commerce, les clips de Laurent Boutonnat doivent non seulement supporter sans problème la vision répétée par le spectateur, mais aussi la susciter ; c’est pourquoi le réalisateur intègre plusieurs niveaux de lectures à certains de ses films. Relevant de la forme du clip, donc avec un régime de diffusion l’ouvrant à public assez large, la grande majorité des clips de Boutonnat est tout à fait abordable en tant que simples films de divertissement. Afin de répondre aux attentes d’un public plus averti qui lira ou relira les clips avec une grille d’analyse un peu différente de celle du grand public, et par goût de la parabole du symbole et parfois de la subversion, le réalisateur niche dans quelques-uns uns de ses clips des thématiques qui ne sont pas clairement revendiquées à l’écran. Dès Maman à tort (1984), les paroles pourraient prêter à la « sur-interprétation » tant elles sont floues, et certains des détails apparaissant dans les plans statiques du clip laissent évoquer à la fois l’infanticide, la rébellion, ou encore l’enfance maltraitée.

    Sans cohérence ni réel lien, cette suite d’images ne tient pourtant pas encore de réel discours sur les sujets que l’on croit entrevoir. Il faut attendre Plus Grandir (1985) et son arrière-plan biblique pour réellement avoir l’occasion de voir un clip de Boutonnat de deux façons différentes. A la fois récit d’une déchéance physique et critique d’une religion aveugle et impuissante, Boutonnat met en scène dans Plus Grandir des éléments détenant un sens pour chacun des deux niveaux de lecture. Il prend parti d’opposer au lent vieillissement du personnage des images du catholicisme comme par exemple la statue de la sainte vierge ou deux nonnes violentes et vindicatives. On peut lire la présence et l’action de ces éléments comme les signes avant coureurs d’une sérénité relative à la vieillesse prochaine du personnage, voire à sa mort inéluctable, mais également comme l’omniprésence d’une religion qui bannit de manière systématique les agissements de ce même personnage. Ainsi dans le clip, la statue de pierre s’anime pour se cacher les yeux devant une prière vaine, et les nonnes punissent sévèrement par les coups la perte de virginité de l’héroïne : passage symbolique violent à l’âge adulte qui la précipitera rapidement dans la déchéance physique la plus totale.

MF80_16a dans Mylène et SYMBOLISME      En 1987 les doubles lectures sont plus clairement affichées chez Laurent Boutonnat. Tristana affiche au moins trois degrés de compréhension, dont deux clairement revendiqués par l’emploi des références à Blanche-Neige et les sept nains (Walt Disney – 1937). Sans Contrefaçon  joue quant à lui sur la seule transposition des Aventures de Pinocchio de Mario Collodi, histoire largement inspirée d’un conte très populaire qui impose par son traitement le décryptage par n’importe quel spectateur des deux niveaux de lecture qu’elle comporte. L’action du clip trouve précisément son intérêt dans sa référence perpétuelle au célèbre roman de Collodi ; c’est par le processus de l’adaptation que Boutonnat guide le spectateur vers un raisonnement ludique qui le mène à suivre l’histoire selon deux optiques : celle de la diégèse du clip, et celle du célèbre roman original. Boutonnat réutilisera ce système pour plusieurs clips dont nous parlerons plus tard, comme Sans Logique (1989) ou Moi …Lolita (1999).

    Laurent Boutonnat rend hommage dans Tristana au film Octobre de S.M. Eisenstein, oeuvre grandiose de propagande soviétique, qui retrace les journées de juillet et la révolution bolchevik de 1917. On y retrouve les mêmes thèmes comme celui du montage signifiant, des figures de Lénine, de l’amour sous-jacent, de la bourgeoisie et celui de la révolte envers les Tsars.

écrit par Jodel St marc http://fr.wikipedia.org/wiki/Jodel_Saint-Marc

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