L’honnêteté de Mylène FARMER

Posté par francesca7 le 12 avril 2012

 

L'honnêteté de Mylène FARMER dans Mylène et SYMBOLISME MF80_191aEn 2005, à la sortie de Fuck Them All, la quarantaine dépassée, Mylène Gautier montre enfin le bout de son nez et zappe une Mylène FARMER devenue caricaturale. Le personnage intemporel et finalement peu crédible disparaît au profit de la femme hédoniste qui vit au présent, sans amertume ni remord, délestée de tout son passé et indifférente de son futur. Sur le fon d, la suite logique et cohérente d’Innamoramento, qui amorçait déjà un retour à la vie. 

Mylène FARMER, après avoir discouru sur des thèmes emphatiques et peu maniables devient enfin le témoin de sa propre vie, en l’aimant, en la connaissant, sans la prendre au sérieux. Le seul point de perspective à tout ce témoignage reste la solitude, voulue, paradoxale pour une personne qu’on imagine si bien entourée. En ce sens, la séance de photographie qui illustre le livret tombe en plein dans l’homogénéité des Ballades fluides qui le composent. Reprise des même clichés comme des instantanés d’un quotidien enfin supportable qui se répète, sourire apaisé devant la simplicité de vire enfin trouvée, Mylène Gautier comme elle se voit vraiment, en intérieur, en logis, libérée des studios et de toute forme de symboles ou de mise en scène. Il y a cette pochette simple, mais finalement mystérieuse où le canapé recueillant le corps de la chanteuse apaisée rappelle le velours d’un cercueil qui garde un être dont l’avenir appartient au passé. Mylène est dans son monde, pas celui qu’on connaît ; proche de sa vraie nature intrinsèque, et finalement assez neutre. 

Il y a ce crucifix de pacotille, mais lourd de sens, celui du pardon, de l’amour, des amours et surtout de cette spiritualité débarrassée des pollutions bouddhiques et de ses Lamas à l’optimisme béat. Mylène FARMER aime. Et pour l’instant ? Rien d’autre. 

Pas même les grands auteurs dont elle se désintéresse. On se tourne avec bien plus de désinvolture vers des références légères, comme Dorothée à laquelle elle empreinte le mélodique refrain de Hou la menteuse pour les couplets de l’Amour n’est rien. Bien sûr cette franchise et cette épaisseur certaine se créent au détriment de l’efficacité « tubesque » ou des émotions brutes dont on nous avait habitués avec tant de délices. Le grand public pourra facilement s’ennuyer là où le passionné tombera de nouveau en amour devant la femme et l’(les) artiste(s). 

Lascive, mais dépassée par une vulgarité inappropriée encore récente, elle est proche de toutes les formes de sensualité, mais éloignée de toute idée masturbatoire. L’évocation sexuelle, pourtant crue, est purement intellectuelle, entièrement décomplexée et désinhibée. L’idée de sexe prévaut, mais l’homme en lui-même semble lasser. Le toucher reste important. C’est sans doute pourquoi elle renoue aussi avec la sensualité de l’objet (le CD imite brillamment le vinyle). Mylène FARMER aime les plaisirs de la vie, et Aime finalement cette vie qui les lui permet. Mylène FARMER est morte, vive Mylène Gautier.

 

Signé J.S.M http://fr.wikipedia.org/wiki/Jodel_Saint-Marc

 

 

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