Interview paru dans IAO – Mylène 1991

Posté par francesca7 le 1 avril 2012

INTERVIEW DE MYLÈNE FARMER 1991

Propos recueillis pour FréquenstarPour un clip avec toi – animée par Laurent Boyer pour l’émission de M6 – Février 1991.

 C’est le cinquième jour de tournage, ça fait combien de temps que vous êtes installée ici Mylène ?

     Ca fait à peu près huit jour.

Interview paru dans IAO - Mylène 1991 dans Mylène en INTERVIEW 2000-c10 Il y a des conditions climatiques qui ne sont pas évidentes, je sais qu’il a fait très froid la semaine dernière…

     Oui, beaucoup plus froid qu’aujourd’hui.

 Et vous vous levez très tôt et vous tournez toute la journée, c’est ça ?

     Nous avons des horaires un peu différents chaque jour mais ce matin nous nous sommes levé à cinq heure.

 Il y a à peu près une centaine de figurants ici. Pourquoi avoir choisi des enfants, et des enfants hongrois, ici à Budapest ? Il y a une raison particulière ?

     Oui, il y a plusieurs raisons pour le choix de la Hongrie. Il y a d’abord la neige, on voulait un paysage de neige. D’autre part on voulait beaucoup de figurants et surtout des enfants qui portent quelque chose de grave dans le visage et dans le regard. Et c’est vrai que les pays de l’Est pour ça c’est fabuleux. D’autre part il y a beaucoup de techniciens en Hongrie qui sont performant et professionnels. Et enfin une des dernières raisons c’est que c’est beaucoup moins chère, et qu’on peut faire des choses grandioses avec peu de moyen finalement.

 Est-ce que ça veut dire que ça va être dans la lignée de l’imagerie Mylène FARMER ? Parce qu’on vous associe aux clips scénarisés qui sont en fait des films. Est-ce que ça s’inscrit toujours dans cette veine scénarisée et à grand spectacle ?

    Ce sera la même chose. C’est la même écriture et le même réalisateur, et pratiquement la même équipe à chaque fois sur chaque tournage.

 Est-ce qu’on peut dire aussi que si vous venez tourner ici en Hongrie ou à Budapest -on y pense souvent quand à toi- c’est pour tes ambitions cinématographiques et celles de Laurent ? On sait que Cyrano De Bergerac a été tourné ici, on peut dire aussi qu’il y a les prémices d’un futur long métrage ou le moyen aussi de repérer pour un long métrage…

    Ca c’est quelque chose d’envisageable ou qui a été envisagé, mais j’avoue que pour l’instant c’est quelque chose qui n’existe pas. Et c’est quelque chose qui appartient à Laurent pour l’instant. Je ne puis rien dire, mais ce que je sais c’est qu’il avait fait effectivement des repérages avant d’envisager le clip en Hongrie pour un long-métrage.

2000-c11 dans Mylène en INTERVIEW Vous êtes un peu avares d’images sur le travail que vous faites en équipe sur le tournage d’un clip comme en ce moment.

     Je ne sais pas si nous sommes avares mais c’est assez difficile qu’une autre équipe intervienne. Parce qu’un tournage comme celui-ci c’est une grosse machinerie. Donc s’il y a perturbation, quelque fois cela peut perturber le metteur en scène et tout le monde. Et c’est vrai qu’on a un soucis de garder les choses secrètes, mais parce que je suis probablement comme les enfants, j’aime encore les surprises. Donc j’aime bien l’effet de surprise quand on a un nouveau clip ou de nouvelles chansons. C’est pour ça que je fais très peu écouter l’album avant qu’il ne sorte. C’est une manière de préserver la chose.

Dans le clip on voit une centaine de jeunes enfants avec des têtes très particulières, grimées, masquées, habillés un peu comme toi…

    Oui, tout à fait. Encore plus sales même !

 …Assez minimalistes dans la tenue. D’où a été l’inspiration de ce choix ?

    Là j’avoue qu’il est né d’un amour commun de Laurent et moi- même pour ce qui est DICKENS, Oliver TWIST. On aime beaucoup tout les deux David LEAN, qui avait réalisé Oliver TWIST, un de ses premiers longs-métrages. Et c’est surtout cette approche du conte qui est permanente.

Dans Désenchantée c’est quoi ? On dirait un univers carcéral mais particulier…

     On a essayé d’avoir quelque chose d’intemporel. Ce qui explique aussi le choix de ces costumes, parce qu’on ne peut pas tout à fait situer l’époque. Ca se situe en effet dans un milieu carcéral, il y a une autorité autour de ces enfants, et que ces enfants n’ont plus rien à perdre donc il leur reste comme solution la révolte. Et c’est ce qui va se passer dans le clip. Il y a dans le clip de jeunes enfants qui sont handicapés. Il y a une anecdote magnifique, un handicapés qui est sur le tournage s’y est adapté en quatre jours. Son éducatrice nous a dit qu’en quatre jours il avait fait des progrès de six mois. Donc c’est une jolie récompense…

 Comment tu échanges avec tous ces jeunes hongrois qu’on voit ?

     C’est un échange uniquement de regards puisque nous n’avons pas la même langue. Les interprètes ne sont pas toujours là pour traduire. Ce sont des regards et tous ces figurants sont très justes, ils jouent mais en aucun cas ne sur-jouent et c’est ce qui est fascinant. Ils ont une spontanéité et on a l’impression qu’ils sont nés dans ces costumes dans cette époque et c’est un plus pour le tournage.

J’ai eu l’occasion de discuter avec ce qu’on appelle un casting-producer, qui me disait que dans le choix des gens, il y avait peu de comédiens hors-mis la matonne. Il y a des délinquants, des jeunes enfants d’écoles.

     Oui, il y a de tout. Ce sont des gamins de la rue…

 …Avec leurs réactions. Quand on vit à Budapest, avec la vie qu’on a eu, avec l’histoire qu’on a vécu, il y a une âme mais une pression.

     En tout cas habitée. Il y a une dureté réelle.

 dscf0012Il y a une infrastructure, une équipe très importante sur ce tournage…

     Il y a à peu près 120 personnes et 12 personnes dans l’équipe technique qui viennent de Paris.

 Des français avec qui vous avez l’habitude de travailler. 

     Oui, j’ai Jean-Pierre SAUVAIRE qui est chef-opérateur, Carine SARFATI qui est aux costumes et beaucoup d’autres. Je m’excuse de ne pas pouvoir tous les citer.

C’est une équipe de copains, on a l’impression que c’est presque une famille.

    Oh oui, ce sont des gens de grande qualité humaine et professionnelle. C’est vrai que c’est un plaisir de les réunir chaque fois à nouveau.

 

FréquenstarPour un clip avec toi – M6 – Février 1991.

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