MYLENE et le cinéma

Posté par francesca7 le 25 mars 2012

MYLENE et le cinéma dans Mylène et des CRITIQUES ClipTrist4  Les plans rapides du clip TRISTANA stoppent lorsque Boutonnat semble offrir un nouvel hommage à l’autre géant du cinéma russe : Andreï Tarkovski. Les plans lents et oniriques trouvent ici mieux leurs places dans cette sorte de lyrisme fantastique. Boutonnat ira en fait tourner ce court-métrage durant cinq jours dans les forêts entourant la commune de La-Chapelle-en-Vercors. Il acheminera pour cela de Normandie une demi-douzaine de loups gris naturalisés empruntés à Gaétan, un ami louant des animaux pour le cinéma à travers sa société Jacana. Laurent Boutonnat se servira encore de cette entreprise pour le tournage de Beyond my control (1992) et Giorgino (1994). Tout comme son film précédent, la Bande Originale sera disponible dans le commerce (estimée aujourd’hui à 160 Euros). Le tournage du clip Tristana est rapide, Laurent Boutonnat a recours à certains stratagèmes pour gagner du temps. Il n’utilise par exemple qu’une unique pose de rails de travelling pour filmer toutes les scènes de poursuite dans la forêt (au début du clip et au milieu), en utilisant ces rails dans tous les sens (travelling avant, travelling arrière, travellings latéraux) sans que ça se voit (rien ne ressemble plus à un coin de forêt qu’un autre coin de forêt!)

 ClipTrist6 dans Mylène et des CRITIQUESDans cette adaptation enneigée qu’est TRISTANA, le prince charmant est Rasoukine, un agriculteur des plaines déjà enneigées en ce moi d’octobre 1917. La sorcière est une tsarine (interprétée par la baroque Sophie Tellier déjà présente en tant que rivale dans Libertine) et Blanche-Neige est Tristana, une jeune fille amoureuse de Rasoukine. Les cosaques, envoyés par la tsarine, veulent lui ramener l’enveloppe charnelle de Tristana qui paraît-il, est plus belle qu’elle. On notera l’allégorie du miroir par lequel la sorcière demande dans Blanche-neige « -Qui est la plus belle ? ». Ici, la tsarine le demande au moine que l’on voit précisément à travers ce miroir. Il est en fait le reflet même de ce qu’est la tsarine, un personnage laid et sournois, au service d’une supériorité (la beauté physique pour elle et Dieu pour le moine)  qu’elle seule considère comme telle. Tout pourrait ressembler ici à un conte merveilleux traditionnel. Mais tout, ici, est transposé dans l’univers glacé de Boutonnat, ce qui donne facilement à la version originale signée Disney, un goût consensuel, voir aseptisé. Laurent Boutonnat fait toutefois une infidélité au dessin animé de Disney dont il s’inspire en changeant la fin de l’histoire.

ClipTrist8Lorsque Rasoukine le « prince charmant » embrasse Tristana pour lui redonner  vie, elle ne répond pas à son baiser et reste indéfiniment entre la vie et la mort. Elle gagne ainsi, par la grâce de l’amour et d’un baiser, le double bonheur de l’éternité et du repos infini. Pour mettre en images cette scène, la fin du film nous donne un onirisme le plus total. On voit Tristana, les bras ouverts et la tête inclinée en arrière rire aux éclats sous la neige qui tombe, inondée de soleil et de flocons. La dernière image qui servira de fond au générique de fin est donnée à Rasoukine, face au soleil se couchant sur les montagnes russes, et expirant dans un souffle de désespoir un laconique « - Je t’aime« . 

écrit par Jodel St Marc http://fr.wikipedia.org/wiki/Jodel_Saint-Marc

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