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Interview Mylène Farmer

Posté par francesca7 le 22 mars 2012

 

La couverture de STUDIO, offre deux dossiers, l’un sur Boutonnat et l’autre sur Mylène Farmer en avant première, pour la sortie de Giorgio.

 Interview de Mylène :

Qu’est ce qui vous a le plus frappée quand vous avez rencontrée Laurent Boutonnat .

 Ses yeux, je pense (rire). A la fois des yeux très doux et des yeux de fou ! Et puis j’ai tout de suite su que j’avais à faire à quelqu’un de très très talentueux, mais de très secret, et qui a du ma à s’exprimer.

 Allez-vous beaucoup au cinéma ?

 J’y vais de plus en plus. Il faut dire que maintenant, je n’ai plus cette peur que j’avais il ya quelques années, de sortir dans la rue, d’aller au cinéma, d’être regardée. Je commence à m’en débarrasser… Depuis le film.

 C’est le tournage de Giorgio qui vous a libérée de cette appréhension là ?

 Le tournage, je ne sais pas, en tout cas la rencontre de certaines personnes. Et puis aussi sans que je sache vraiment l’exprimer ou le définir, c’est comme si, pendant le film, je m’étais libérée de quelque chose qui était enfoui en moi depuis très longtemps.

 Quel a été votre sentiment lorsque vous avez lu le scénario de Giorgino ?

Interview Mylène Farmer dans Mylène en INTERVIEW GiorginoPhotos03 J’aimais beaucoup l’univers. Et cette histoire sombre et tourmentée. Le titre aussi me plaisait : il y a dans ce mot quelque chose d’enfantin et de mystérieux.

 Le tournage s’est déroulé dans le plus grand secret. Vous n’avez montré aucune image jusqu’à aujourd’hui. La seule chose que Boutonnat ait bien voulu nous dire, c’est qu’il s’agissait d’une grande historie d’amour romantique. Comment définiriez-vous votre personnage ?

 C’est une jeune fille qui a du mal à quitter l’enfance, qui a quasiment le comportement d’une autiste la plupart du temps. C’est quelqu’un d’un peu perdu, et en même temps, d’une grande lucidité. Ce’ pourrait être une enfant de dix ans mais avec une clairvoyance étonnante. C’est quelqu’un que les gens ne comprennent pas bien, il y a donc forcément une violence à son égard.

 Comment avez vous travaillé ? Vous y avez longtemps réfléchi toute seule ? Vous avez beaucoup parlé avec Laurent Boutonnat ?

 Non, très peu. Je lui ai demandé comment il voulait mon personnage, je l’ai écouté et puis on en a plus jamais reparlé. Moi, de mon côté, j’ai souhaité rencontrer des personnes en hôpital psychiatrique. Pour écouter, pour regarder… De toute façon, je suis fascinée par les enfants autistes. Par le mystère qu’ils gardent. Par leur incapacité à communiquer… En tout cas, pour le film, je ne voulais pas de choses trop évidentes ou trop outrancières. Il faut faire attention ; c’est si facile de se laisser porter par le spectacle de la folie..; J’ai donc observé, juste pour trouver de petites choses qui seront d’ailleurs, j’imagine, totalement imperceptibles aux autres. Après, ma foi, le fait de porter un vêtement particulier vous aide mieux que tout le reste. Tous, d’un coup, on bascule dans un univers qui n’est plus le sien. Ce n’est plus le quotidien.

 Le film s’est tourné en anglais, c’était un défi supplémentaire ?

 C’est une langue que j’aime beaucoup et que je trouve très belle, donc ça n’a pas été difficile. C’était encore un sentiment de décalage supplémentaire. Jouer dans une langue qui n’est pas la sienne, c’est étrange et agréable parce que c’est étrange, justement. Le film s’st fait en anglais parce que Laurent, ne trouvant pas le personnage en France est allé le chercher à l’étranger.

 Vous souvenez-vous de votre état d’esprit la vielle du premier jour de tournage de Giorgio ?

 GiorginoPhotos05 dans Mylène en INTERVIEWJ’étais angoissée bien sûr ! (rires) J’avais peur d’aller jouer… Monter sur scène, c’est très différent. ON  est seule. Seule au monde. Même s’il y a des techniciens, même s’il y a eu préméditation. Au cinéma, il faut soudain se confronter, se heurter même, à cinquante personnes qui sont autour de vous. C’est très difficile, soudain, de faire abstraction de ses inhibitions, de ses angoisses, de soi-même. Mais une fois que c’est enclenché, on a plus le temps de réfléchir et il faut y aller… En plus, ce tournage s’est déroulé dans des conditions particulièrement éprouvantes… Physiquement d’abord. Parce que Laurent m’a toujours fait beaucoup courir (rires). Eventuellement avec des robes serrées, dans la neige par moins vingt degrés, et à perdre haleine  ! Mon côté garçon manqué m’a servi… En tout cas, je voulais être là tous les jours. Même quand je ne tournais pas. J’ai donc passé cinq mois à me lever à cinq heures du matin. J’adorais voir ce puzzle se mettre en place petit à petit. Voir ces personnages qui prenaient vie.

 (…) Et vos rapports complices avec Laurent Boutonnat ?

 Il faut oublier les rapports complices avec Laurent ! (rires) Parce que sur le tournage, c’était un autre homme. Il a changé du tout au tout C’est quelqu’un qui pour moi était totalement nouveau. Il y avait d’un côté une confiance absolue – Laurent sait tellement ce qu’il veut et ce qu’il fait, il est tellement précis, il a l’œil tellement fait pour la caméra… – Et de l’autre côté, une absence de dialogue. Il a certainement eu besoin, pour mener cette entreprise jusqu’à son terme, de se protéger du monde. Je respecte ça. En tout cas aujourd’hui. Maintenant que c’est terminé. Et parce que c’est finalement conflictuel pour lui-même.

 Le tournage a-t-il changé vos rapports à tous les deux ?

 Forcément, puisque j’ai découvert un autre homme. Il n’y a pas à se demander si c’est en bien ou en mal, ils ont simplement changé. C’était avec moi qu’il était certainement le plus dur, mais ça, c’est assez normal. Ce qui était surprenant, c’était de le voir basculer dans une espèce de folie, dans sa propre folie, très raisonnable bien sûr, mais quand même. C’était une machine de guerre ! Et parfois j’ai eu le sentiment d’être là, moi, l’être le plus fragile au monde face à une machine de guerre ! (rires) Ne vous y trompez pas, il n’y a pas de rancœur dans ce que je dis. C’est juste un constat. Cela sans doute, ne pouvait pas être autrement.

 Simone Signoret disait que ce n’est pas l’acteur qui entre dans la peau du personnage, mais plus le personnage qui entre dans la sienne…

GiorginoPhotos09 Justement, pendant le tournage, je me demandais si c’était Mylène qui nourrissait Catherine, ou si c’était Catherine qui nourrissait Mylène… Je ne sais toujours pas. J’avais juste le sentiment pendant les scènes, que la frontière entre le normal et la folie est très mince, très mince…

 Ce qui est émouvant dans l’aventure de Giorgino, c’est qu’on a véritablement le sentiment que le film est né de la conjonction de deux désir s du cinéma très forts et très anciens, le votre et celui de Laurent Boutonnat.

… C’est vrai. Dès qu’on s’est rencontrés, on a parlé cinéma. D’ailleurs, on en a toujours parlé.

 … Tant est si bien que l’on ne sait pas si c’est l’aboutissent de deux démarches ou le départ d’une nouvelle aventure…

 J’ai plutôt le sentiment que c’est le départ d’une nouvelle aventure.

 

Parution dans le magazine STUDIO n° 80 en pages 42 à 49 et 125. Propos recueillis par J.P Lavoignat.

 

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Mylène a effectivement grandi

Posté par francesca7 le 22 mars 2012

 

Mylène a effectivement grandi dans Mylène et SYMBOLISME Mylene_Farmer_0011496Le clip de Plus Grandir Live peut être lu comme la réponse à cette chanson écrite par la chanteuse cinq ans auparavant, en 1985, alors qu’elle était encore dans un anonymat certain. Malgré ces demandes, Mylène FARMER a bel et bien grandi, elle est devenue une star, et c’est le seul clip qui le montre. Cet effet rétrospectif sur le début de sa carrière la rend attendrissante, car erronée. Une deuxième lecture plus cohérente avec cette étape de sa carrière peut être faite : Mylène FARMER et Laurent Boutonnat ne voudraient plus grandir, au sens figuré. Arrivés au sommet d’une œuvre, on ne peut plus maintenant que décroître, ayant créé une œuvre déjà complète et diverse. Le duo se trouve dans la position où il faut tout arrêter pour tout reconstruire, ou la redondance les guetterait inéluctablement. Plus Grandir n’est donc pas un choix, mais une contrainte pour eux. Cette hypothèse est vérifiée dans le sens où Mylène FARMER en concert et A quoi je sers signent la fin de leur première carrière commun, autant dans le sens artistique que symbolique, ainsi que sur le plan de l’écriture. Rappelons que dans le long métrage et Allan, le décor et les spectateurs brûlent sous le regard sans pitié de la chanteuse, que le final est un adieu, que A quoi je sers met en scène leur suicide artistique, et que le dernier réel clip en date, Sans Logique, est le seul à se terminer par le mot « FIN ».

 

Fin d’une première carrière pour deux artistes qui ne veulent plus grandir, pour ne pas mourir de n’être plus achetés, pour ne pas souffrir de n’être plus aimés… si ça avait continué.

 

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