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Interview Mylène 2003

Posté par francesca7 le 14 mars 2012

 

Interview après projection de presse sur Giorgino, en ligne depuis le 2 avril 2003.

 

 

Jodel : Et votre rencontre avec Laurent Boutonnat ?

MF : C’est quelqu’un que j’ai tout de suite beaucoup aimé, avec lequel j’ai tout de suite eu beaucoup d’affinités. Donc ça a été un plus.

J : Par rapport à quoi ?

MF : Par rapport à un contact, à des tas de petites choses. Et ce film c’était la continuité logique du travail commun. Et surtout la volonté que de jouer.

J : Justement, de ce côté là vous avez vu beaucoup de changement sur le plateau ?

Interview Mylène 2003 dans Mylène en INTERVIEW MF2000_10aMF : Oui parce que sur un clip il n’y a pratiquement pas de répétition, c’est-à-dire que le metteur en scène, Laurent donne ses indications et on tourne directement. Alors qu’au cinéma il y a des dialogues et plein de problèmes inhérents au tournage, donc en ce sens c’est différent, le ton est différent, le temps de répétition est différent, et puis il y a plus de personnages que dans mes clips. Maintenant vous dire que c’était un autre métier, non, je ne l’ai pas appréhendé de cette façon là, il se trouve que c’est un film de trois heures.

J : Maintenant vous comptez donner rendez-vous à votre public sur scène ?

MF : Mon deuxième rendez-vous non. Je le referai sans doute une fois et j’aurai le sentiment que ce sera le dernier. Mais au jour d’aujourd’hui vous dire que je vais remonter sur scène inlassablement : jamais. Tout ça pour vous dire que c’est un moment rare et qu’il correspond réellement à une envie. En 1990, une fois que j’ai eu terminé tous les spectacles, je me suis dit que je ne remonterai plus jamais sur scène. Et aujourd’hui, je reviens sur mes souvenirs, mes impressions, et j’ai besoin d’un deuxième rendez-vous.

J : On peut dire que votre rôle dans Giorgino vous a renvoyé à votre propre enfance ?

MF : Je ne peux pas répondre à votre question dans le sens où je n’ai pas de souvenirs de mon enfance. Ce n’est pas fabriqué, c’est plutôt quelque chose de triste, je ne dis pas que ça vient d’un passé violent, mais je ne m’en souviens pas.

J : A partir de quand êtes-vous née ?

MF : A partir du moment où j’ai pu regarder l’Autre, c’est ma vraie naissance.

J : Et donner à votre tour naissance à ce film c’est important ?

GiorginoPhotos07 dans Mylène en INTERVIEWMF : Non non, là je dirais que le film appartient avant tout à Laurent. Avec lui on a voulu créer quelque chose et l’image, le cinéma, ça a été son mode d’expression. Je ne me présente pas pour ce film comme partenaire de Boutonnat, mais comme actrice. « J’exécute » ce qu’on me demande de faire. Je n’avais pour le film qu’une appréhension à la lecture du scénario, c’était « est-ce que le personnage va être accessible ou pas accessible ». Et je l’ai accepté. Dans la même idée, je me demandais comment allait rendre la scène de la réanimation, comment j’aillais développer cette histoire d’amour, comment la faire renaître.

J : Alors vous ne vous êtes pas plus investie que ça dans le film ?

MF : Si, après le tournage, je pense avoir été assez présente, le montage me passionne autant que l’étalonnage et que toutes ces choses qui sont très techniques. J’étais très souvent à ses côtés dans des moments difficiles, j’essayais d’aider, alors que le tournage ça n’a été qu’ne histoire pour moi.

J : Alors pourquoi cet excitation pour le cinéma ?

MF : C’est un problème moral.  Il restait une schizophrénie autorisée au cinéma et qui l’est moins dans la scène, et elle est plus difficile à supporter au cinéma. Je dis autorisée parce que là c’est votre métier, vous pouvez y aller, faites-le vous êtes payés pour ça. Donc tout à coup on a plus la lourdeur de sa propre schizophrénie. Sur scène c’est différent, c’est « avec moi avec moi, avec moi ».

J : Pourtant le travail sur un film c’est un travail d’équipe aussi.

MF : Oui bien sûr, c’est une équipe, mais vous n’êtes pas portée par des musiciens. Les techniciens vous les aimez mais jamais je ne me suis sentie portée, ça été plus pour moi un travail solitaire qu’un travail d’équipe.

J : Que vous direz-vous si le film ne marche pas du tout en salles ?

MF : Je me dirai qu’on a eu raison de faire ce qu’on a fait, d’aller jusqu’au bout.

J : L’envie est passée par-dessus tout ?

MF : Ce n’était pas une envie, c’était un besoin.

J : Avec quel autre réalisateur aimeriez-vous tourner au cinéma ?

MF : Si vous voulez que je cite des noms euh… Polanski dans sa première période, Bergman, Jean-Jacques Annaud, Claude Berri.

J : A l’écran vous avez l’air très à l’aise finalement. Plus qu’ici même..

MF : Bah, il eut peut-être été terrible que d’être mal à l’aise justement. Et cette retenue que j’ai depuis tout à l’heure à vous parler, je crois qu’elle tient au personnage plus qu’à moi ! Je préférais dans le film les choses suggérées, quand elles sont personnelles, que criées. Que ce soit par exemple dans la folie, dans son côté très enfantin.

J : Alors pour illustrer cette folie, vous avez puisé ces choses où ?

MF : Dans mes propres folies ! (rire)

J : Oui, c’est ça, on dirait que c’est presque naturel, c’est ça être une bonne actrice.

MF : Alors ne me le souhaitez pas ! (rires).

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Mylène aime Emil Cioran

Posté par francesca7 le 14 mars 2012

 

Description de l'image  Cioran by ironie.jpg.Emil Cioran (prononcé /tʃjo.ʁan/), né le 8 avril 1911 à Rășinari en Roumanie, mort le 20 juin 1995 à Paris, est un philosophe et écrivain roumain, d’expression roumaine initialement, puis française à partir de 1949 (Précis de décomposition). Il est interdit de séjour dans son pays d’origine à partir de 1946, pendant le régime communiste. Bien qu’ayant vécu la majeure partie de sa vie en France, il n’a jamais demandé la nationalité française. Il a parfois signé sous le nom de « E. M. Cioran ».


Cioran naît d’un père pope orthodoxe et d’une mère athée. Après quelques années de vie heureuse à Rășinari, petit village de Transylvanie, alors en Autriche-Hongrie, Cioran est traumatisé par un déménagement vers Sibiu, ville proche du village. Son compatriote Lucian Blaga, philosophe de la culture, a aussi décrit le rôle matriciel que pouvait avoir un village roumain. Ce choc, ainsi que les relations difficiles avec sa mère et les nombreuses insomnies dont il souffre durant sa jeunesse, façonnent rapidement sa vision pessimiste du monde et le font penser au suicide.

L’œuvre de Cioran comporte des recueils d’aphorismes, ironiques, sceptiques et percutants, tel De l’inconvénient d’être né ou Syllogismes de l’amertume qui forment ses œuvres les plus connues, mais on peut aussi y trouver des textes plus longs et plus détaillés. D’une façon générale, l’œuvre de Cioran est marquée par son refus de tout système philosophique. Son scepticisme est probablement son caractère le plus marquant, bien plus que son pessimisme. Cioran, dont les écrits sont assez sombres, est un homme de très bonne compagnie, plutôt gai. Il déclare avoir passé sa vie à recommander le suicide par écrit, et à le déconseiller en paroles, car dans le premier cas cela relève du monde des idées, alors que dans le second il a en face de lui un être de chair et de sang. Tout en conseillant et déconseillant le suicide, il affirme qu’il existe une supériorité de la vie face à la mort : celle de l’incertitude. La vie, la grande inconnue, n’est fondée sur rien de compréhensible, et ne donne pas l’ombre d’un argument. Au contraire, la mort, elle, est claire et certaine. D’après Cioran, seul le mystère de la vie est une raison de vivre.

On peut accuser Cioran d’avoir pris dans ses écrits une « pose » de désespoir, mais il semble avoir été profondément et sincèrement triste de n’avoir pu établir de système qui donnerait un sens à sa vie, alors même que dans sa jeunesse il avait été extrêmement passionné… mais dans l’erreur (cf. les Cimes du désespoir).

Le cheminement littéraire de Cioran et son trajet spirituel ont, semble-t-il, trois points de repère majeurs (selon Liliana Nicorescu) : « la tentation d’exister », la tentation d’être Roumain, et la tentation d’être juif. Ni sa roumanité réfutée ni sa judéité manquée ne pouvaient lui offrir la moindre consolation pour l’humiliation, pour « l’inconvénient d’être né ».

Mylène aime Emil Cioran dans Mylène et les AUTEURS MF90_117aSi Cioran vécut véritablement la plus grande partie de son existence modestement, cet autoportrait de solitaire et désespéré qu’il dresse dans ses livres ne correspond pas entièrement à l’écrivain ; c’est plutôt là le mythe Cioran, le personnage des livres. Mais parler de « pose » dans le désespoir serait inexact. Cioran cherche la sincérité dans ses textes, c’est-à-dire l’adéquation de son discours avec son existence, et critique vivement les auteurs de discours moralistes menant par ailleurs une existence immorale, tels ces membres du PCF parisien qui prônent la « dictature du prolétariat » mais vivent très bourgeoisement et défendent bec et ongles leurs propriétés intellectuelles ou matérielles. Il dira ne vouloir garder secrète que sa vie privée : sa vie amoureuse, la part heureuse et optimiste de son existence. Car « le bonheur n’est pas fait pour les livres », expliquait-il.

Se tenant à l’écart du milieu universitaire et littéraire parisien, il eut néanmoins quelques amis intimes avec qui il aimait converser : Mircea Eliade, Eugène Ionesco, Samuel Beckett, Constantin Tacou, Fernando Savater, Gabriel Matzneff, Frédérick Tristan, Roland Jaccard, Vincent La Soudière.

 

 

Mylène FARMER dira de lui dans une interview lors du tournage de Giogino.

Cioran, C’est un homme qui parle si bien « des inconvénients d’être » et qui par son cynisme arrive à nous faire rire. J »‘aime son auto-dérision. Tout ce qu’il exprime est bien au-delà du désespoir, c’est si justement formulé, cruellement drôle, si bien écrit. Il a enlevé toute poésie, tout romantisme à la « dépression », à « l’anéantissement de l’être », ce qui rend tout plus violent encore. C’est aussi un homme très séduisant.

 

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