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Ch. Bourseiller et Mylène FARMER

Posté par francesca7 le 4 mars 2012

Description de cette image, également commentée ci-aprèsChristophe Bourseiller (Animateur)
L’initiateur de la 1ère TV de Mylène

Acteur dans des films cultes (« Un éléphant ça trompe énormément », « Clara et les chics types »…), Christophe Bourseiller est également journaliste et essayiste politique reconnu.

Christophe Bourseiller, de son vrai nom Christophe Gintzburger-Kinsbourg, né à Paris le 27 septembre 1957, est un acteur, journaliste, écrivain et enseignant français.


Il naît dans une famille du spectacle : son père André Gintzburger est producteur de théâtre et sa mère Chantal Darget, fille du présentateur de télévision Claude Darget, comédienne. Il a ensuite pour beau-père le comédien et metteur en scène Antoine Bourseiller et pour demi-sœur Marie Sara.

Dès l’âge de quatre ans il apparaît au cinéma dans La Guerre des boutons, le film d’Yves Robert. Il tournera ensuite notamment sous la direction de Jean-Luc Godard, Claude Lelouch, Jacques Demy ou encore Pierre Jolivet. On le retrouve au générique d’une trentaine de films, d’une vingtaine de téléfilms et à l’affiche de plusieurs pièces de théâtre.

Il mène parallèlement une carrière d’écrivain, de journaliste, d’homme de radio et de télévision. Il a publié une trentaine de livres sur des sujets aussi divers que : les mouvements minoritaires, les extrémismes politiques, les contre-cultures, les musiques industrielles et la new wave des années 1980.

À la radio, il a commencé par créer en 1981 la radio libre Fréquence Arts et Spectacles. Sur France Musique, il coproduit une émission hebdomadaire initiée en 2005 et dédiée aux musiques d’avant-garde : Electromania, et anime la matinale depuis le 29 août 2011. À la télévision, après avoir présenté plusieurs émissions depuis 1984, il devient conseiller éditorial de l’émission Ce soir (ou jamais !) jusqu’en juillet 2011.

En 2001, il lance aux Éditions Denoël une revue d’études sur l’Internationale situationniste : Archives et documents situationnistes dont cinq numéros paraîtront jusqu’en 2005. En 2009, il est à l’origine de la collection « Qui êtes-vous ? », chez Bourin Éditeur.

Il enseigne depuis 2003 à l’Institut d’études politiques de Paris. Par ailleurs, il prépare une thèse de doctorat à l’université Paris-1 sur « Les mouvements collaborationnistes français de juin 1944 et décembre 1950 » sous la direction du professeur Pascal Ory.

Dans son ouvrage Un Maçon franc, Christophe Bourseiller évoque son parcours maçonnique. Il est initié en 1984 à la Grande Loge nationale française, puis rejoint la Grande Loge de France de 1990 à 2000.

 

 

Interview de Christophe Bourseiller EN 2007

Pour nos lecteurs qui ne connaîtraient pas encore votre parcours foisonnant, pouvez-vous vous présenter ?
Il y aurait beaucoup à dire. Écrivain, acteur, j’évolue aussi dans les milieux de la radio et de la télévision depuis fort longtemps. Je produis, j’anime, je programme des émissions.

Vous tenez un rôle non négligeable dans l’histoire farmerienne, puisque vous étiez présent pour la première prestation télévisée de l’idole, pour l’émission « Jour J » en mars 1984. Quel était le concept de l’émission ?

Ch. Bourseiller et Mylène FARMER dans Mylène et L'ENTOURAGE MF2000_145aEn réalité, je suis à l’origine du tout premier passage de Mylène Farmer à la télévision. En 1984, je programmais et j’animais une émission de TF1 nommée « Jour J ». Le principe en était simple : nous recevions un artiste, le jour même où son disque sortait. Il y avait chaque semaine dans nos bureaux des réunions d’écoute. J’ai personnellement « flashé » sur la chanson de Mylène Farmer, « Maman à tort ». Je l’ai proposé à Bob Ottovic, le producteur de l’émission, ainsi qu’à Michelle Dokan, qui animait le show avec moi. C’est ainsi que nous avons fait découvrir Mylène Farmer.

Les fans purs et durs de Farmer vont vous attendre au tournant. Comment pouvez-vous prouver qu’il s’agit bien là de la première télé de Mylène ?

C’était le principe même de l’émission. Si Mylène était passée ailleurs, nous ne l’aurions pas reçue !

Comment Mylène s’est-elle présentée pour l’émission ?

Elle était très sympathique. Timide, certes, mais tout à fait gentille. Elle était aussi ravissante. Elle avait organisé une petite mise en scène pour la chanson. Si ma mémoire est bonne, elle s’était plus ou moins déguisée en patiente d’un hôpital psychiatrique.

Une première télé, ce n’est pas rien. Mylène avait-elle le trac ?

Elle était très professionnelle. En outre, je la connaissais indirectement, car elle évoluait dans le cercle d’amis d’un de mes camarades de Radio 7, Michael Gentile. Elle se sentait en confiance.

Quel était le panorama de la variété française en 1984 ?

Au printemps 1984, trois artistes se sont révélés : Mylène Farmer, les Rita Mitsouko, et Jeanne Mas. J’ai eu le plaisir de leur faire faire leur première télévision.

Effectivement, Jeanne Mas venait de sortir son méga tube « Toute première fois » en février 1984, soit un mois avant « Maman à tort ». Ce serait incroyable que, comme vous lui avez également fait faire sa première télé dans « Jour J », il s’agisse du même enregistrement !

Non, ce n’était pas le même jour. Mais je garde un souvenir très plaisant du passage de Jeanne Mas. Elle sentait divinement bon !

Pour vous, le tube de l’année 1984, c’est quoi ?

J’étais personnellement à l’époque un fan de la new wave. J’aimais Cure, Joy Division, mais aussi U2, que j’avais fait découvrir à Radio 7. J’étais donc assez indifférent à la variété traditionnelle. C’est peut-être pour ça que j’ai aimé Mylène Farmer.

 dans Mylène et L'ENTOURAGEVous savez sans doute que Mylène est méprisée par l’underground culturel. Pourtant, elle a toujours exploré des thématiques transgressives avec un angle assez novateur pour une chanteuse de variété. D’où vient ce mépris à votre avis ?

En 1984, elle incarnait justement une certaine forme de contre-culture. Elle se situait dans l’univers de la performance, pas très loin de Laurie Anderson en fin de compte. Je ne l’ai personnellement jamais méprisée. Son parcours me semble tout aussi respectable que celui des Rita Mitsouko.

Vous êtes également un fin politologue. Alors, une dernière question s’impose, actualité oblige ! Mylène, ce serait plutôt Ségo, ou plutôt Sarko ?

Mylène, c’est la troisième voie, l’inclassable, et c’est tant mieux !

 

Texte issue Mylène Farmer et vous – 2007

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Beckie Bell et Mylène FARMER

Posté par francesca7 le 4 mars 2012

Confidences de Beckie Bell (Choriste) issu de la bio « Belle de scène » parue en 2006 /

Beckie Bell et Mylène FARMER dans Mylène et L'ENTOURAGE MF80_98aBeckies Bell parle de Mylène
Mylène était une perfectionniste, mais elle était charmante… Son rapport avec Carole et moi était très simple. Elle était extrêmement timide et pourtant menait ce projet avec beaucoup d’enthousiasme. C’était sa première grande tournée, elle voulait que tout soit le mieux possible !

Les Conditions de travail
C’était énorme ! Et les coulisses étaient aussi très classes. Nous avions un grand bus, nous étions dans de grands hôtels. Nous avions des conditions de travail merveilleuses.

Regrets de Beckies Bell
J’ai cru que nous serions restées amies, Mylène et moi.

On faisait du basket-ball, on parlait de nos vies et on était souvent ensemble en coulisses… Elle recevait plein de nounours à la fin du spectacle et on pouvait choisir ce qu’on voulait. Elle mangeait avec nous et tous les techniciens, on avait même fait du shopping ensemble pour les costumes. Pendant la tournée, j’ai toujours pensé qu’elle pourrait devenir une de mes amies par la suite. Mais après cette tournée que j’ai faite avec elle, je n’ai plus eu aucune nouvelle. Nous étions très liées toutes les trois avec Carole Fredericks et je pensais aussi que nous aurions pu participer à ses spectacles suivants. On était là et j’ai été un peu déçue de ce qui s’est passé après la tournée. Mais peut-être que cela fait partie du côté professionnel… Et au final, je comprends très bien cette attitude.

BIO Belle de scène – 2006

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Sergueï Eisenstein et Mylène FARMER

Posté par francesca7 le 4 mars 2012


Description de l'image  Sergei Eisenstein 01.jpg.Sergueï Mikhaïlovitch Eisenstein (en russe : Сергей Михайлович Эйзенштейн), né le 10 janvier/ 22 janvier 1898 à Riga (gouvernement de Livonie, aujourd’hui Lettonie) et décédé le 11 février 1948 à Moscou, est un réalisateur russe de la période soviétique.


Démobilisé en 1920, Eisenstein devient metteur en scène et décorateur de théâtre (voir « Le Mexicain » de Jack London). Il fait une rencontre déterminante avec Meyerhold, qui dirige le Théâtre Proletkult de Moscou. Son influence sera grande sur les innovations apportées par Eisenstein aux montages (son concept de montage intellectuel en particulier). Il fait ses débuts au cinéma en 1923, avec Le Journal de Gloumov, un petit film burlesque inséré dans une représentation théâtrale et publie, la même année, ses premiers écrits théoriques sur le « montage-attraction ». La Russie nouvelle a besoin de propagandistes. Les artistes, notamment les caricaturistes, peuvent faire se rallier les masses illettrées au combat des Bolcheviks. Alors Eisenstein peint des bannières, des affiches sardoniques, sarcastiques, bien dans son humeur.

Il est un pionnier de l’utilisation de plusieurs techniques cinématographiques dont le montage des attractions, qu’il explique dans ses écrits théoriques et qui eurent une grande influence dans l’histoire du cinéma.

Tout l’art de Sergueï Eisenstein s’exprime à travers ses montages uniques et l’utilisation de ce que les critiques nommeront « le cinéma-poing », forme d’expression s’opposant au « cinéma-œil » de Dziga Vertov. L’enchaînement des images crée un sens intrinsèque, notamment par l’utilisation de dominantes. Montage, rythmique, utilisation des couleurs (dans le dernier volet de son dernier film Ivan le terrible) mais surtout choix strict de la luminosité forment un nouveau langage cinématographique. Eisenstein théorisera tout au long de sa vie sur le cinéma, ses techniques, ses possibilités. Ainsi, alors qu’il a réalisé la quasi-totalité de ses films en muet, il publie avec Alexandrov et Poudovkine un article manifeste sur le cinéma sonore en 1928 (premier film parlant en 1938).

Sergueï Mikhaïlovitch Eisenstein, réalisateur du clip TRISTANA.

 Sergueï Eisenstein et Mylène FARMER dans Mylène et L'ENTOURAGE MF80_10a   Mylène Farmer, lorsqu’elle rédigeât son texte, pensait déjà à Tristana comme un prénom russe. De consonance davantage espagnole, elle s’apercevra plus tard qu’elle pensait plutôt Tristaña (prononcer Tristagna). Elle regrettera d’ailleurs son choix lors d’une interview promotionnelle à Lazer sur M6 le 1er mai1987. Cette année est celle de l’adaptation de longs-métrages de Walt Disney pour Laurent Boutonnat. Après avoir transposé Bambi en super 8 dans son enfance (en 1971), il adapte l’histoire de Blanche-Neige. On ne sait pas d’où vient le souhait de la transposition russe de cette histoire : de Mylène (qui a appris cette langue au collège) où de Laurent qui a une passion évidente pour tout le cinéma russe. En effet, on ne peut pas ne pas penser en regardant Tristana au réalisateur Sergueï Eisenstein qui était un des premiers sur-doués du cinéma et qui a tourné les plus grands films de propagande soviétique du début du siècle (La grève-1922, Le Cuirassée Potemkine-1925, La Ligne générale-1928…). Reconnaissable par un montage rapide et sophistiqué, tout en opposition de masses, Eisenstein a toujours privilégié les grandes mises en scènes nécessitant parfois des milliers de figurants. Dans Octobre (1927) par exemple, qui lui avait été commandé pour la célébration du dixième anniversaire de la révolution bolchevique, il reconstitue la première prise du Palais d’Hiver de St Petersbourg de juin 1917. Laurent Boutonnat n’ayant pas accès aux images de cette scène (on imagine hors de prix, car non tombées dans le domaine public), il utilise dans son clip les véritables images d’archives de cette prise.

On y voit le vrai Lénine, les cosaques et la population décimée. Le rapport avec le cinéma d’Eisenstein ne s’arrête pas là, lorsque Tristana trébuche et tombe en roulant le long d’une pente enneigée, Laurent Boutonnat rend hommage à la plus  célèbre scène du cinéma d’Eisenstein : Celle du Cuirassée Potemkine où un berceau dévale les escaliers d’Odessa lors de la révolte de 1905. La métaphore de la patrie perdant ses enfants prend alors son sens dans l’histoire de la jeune Tristana, qui perd ses illusions sur le bien fondé de cette révolution, dont l’issue devait voir son union avec Rasoukine. 

    Laurent Boutonnat rend hommage dans Tristana au film Octobre de S.M. Eisenstein, oeuvre grandiose de propagande soviétique, qui retrace les journées de juillet et la révolution bolchevik de 1917. On y retrouve les mêmes thèmes comme celui du montage signifiant, des figures de Lénine, de l’amour sous-jacent, de la bourgeoisie et celui de la révolte envers les Tsars.

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Mylène Interview septembre 1994

Posté par francesca7 le 4 mars 2012

 

 

Mylène Interview septembre 1994 dans Mylène en INTERVIEW MF80_179aSeptembre 1994. Après la projection de presse, Laurent Boutonnat, Jeff Dahlgren avec l’aide d’un interprète et Mylène FARMER donnent les uns après les autres une interview au mensuel français Nostalgie. L’entretien a lieu dans un restaurant. Un homme et une femme questionnent à tour de rôle Mylène FARMER sur le film Giogino, sa carrière et ses fans.

J : Vous abordez le cinéma comme la chanson ? Avec la même approche ?

 MF : C’est un travail différent. L’émotion est prodigieuse en scène. Donc je crois qu’émotionnellement il est difficile de rencontrer quelque chose de plus fort que la scène. Maintenant d’un point de vue plus ludique, c’est un métier passionnant. Difficile  et passionnant.

 J : Laurent Boutonnat viens de nous dire que le rôle était très proche de vous. Vous le sentez comme ça ?

 MF : On va dire que ça n’engage que lui. (rire) Je ne me sens pas radicalement opposée au personnage de Catherine. Je ne suis pas Catherine, peut-être avons-nous en commun cette fragilité et cette colère rentrée qu’elle a en elle. Cette sensation parfois de n’avoir pas ou d’être pas comprise et d’avoir un comportement parois ou irrationnel ou différent, et qu’on aime bien condamner, peut-être, ça… Et puis définitivement certainement l’enfant qui est en Catherine et que je retrouve dans mon jeu.

 J : Et la « colère rentrée » que vous avez en vous, vous l’avez contre quoi ?

 MF : Contre la vie en général. Une colère en moi, quelque chose d’assez violent contre… l’injustice certainement, et la vie en général, la difficulté de vivre et toutes ces choses là. Ce n’est pas passif, voilà.

 J : Comment ça c’est passé l’écriture du scénario ? Vous étiez impliquée dedans ?

 Laurent B : Du tout, du tout. Laurent Boutonnat a écrit son scénario, ses personnages, on en a très peu parlé et mon souhait était de lire le scénario fini, terminé.

 J : Est-ce que vous avez une tendresse particulière pour certaines scènes ?

 MF : Me concernant ou du film en général ?

 J : Une scène que vous aimez …

 MF : J’aime une partie du film qui est la réanimation. J’aime aussi bien d’un point de vue narratif, que montage, toute cette partie où Marie, la gouvernante, devient complètement folle, elle est à l’extérieur, la réanimation, ce que ça suppose également. Je trouve ce passage vraiment magnifique.

 J : Comment se fait le passage du clip au film, c’est d’une chose où on doit faire passer beaucoup de choses en un temps limité, à un film, qui a le temps d’installer un personnage…

 MF : J’allais dire sans prétention aucune, très naturellement. Si ce n’est que c’est vrai qu’il y a toujours une frustration dans un clip parce qu’il n’y a pas la parole – si ce n’est qu’il y a les mots d’une chanson et qu’on n’a pas le temps de développer un personnage. En tout cas c’est très concis. Donc il y a plus une « frustration d’actrice » dans les clips. Et puis cette envie aussi dans le fond d’interpréter quelqu’un d’autre que soit. ça c’était fondamental pour moi. Même si bien évidement il y a des choses que j’ai puisé en moi. C’est quand même un personnage qui n’est pas le mien.

 J : Et l’envie de passer au cinéma date de loin pour vous ou pas ?

 MF : J’ai été très attirée par le cinéma bien avant la chanson. Et quand j’ai rencontré Laurent Boutonnat, notre naissance a été la chanson. Une naissance commune sachant qu’on pouvait aussi s’exprimer au moyen des clips. ça c’est très important pour moi. Avec toujours cette idée qu’un jour on ferait quelque chose. Lui en tout cas un film et moi également. Ensemble ou non.

 J : Doc, c’étaient des idées de départ que vous avez réalisé…

 MF : Oui, oui, absolument. Notre rencontre… Ces deux passions là étaient en chacun de nous. Je l’ai réellement décidé. je savais que c’était capital pour moi et pour mes films.

 J : ça a été dure de ne plus totalement maîtriser ce que vous alliez donner à voir ?

 MF : Justement de n’avoir plus ces inhibitions qui font partie de moi dans la vie de tous les jours. C’est-à-dire de baisser les bras et de se dire « maintenant laissons nous porter ». Et c’est quelque chose d’assez difficile. Mais en aucun cas il n’y a eu de conflit ou de choses comme ça.

 J : Et c’est la première fois dans votre carrière où vous vous laissez porter complètement ?

 GiorginoPhotos01 dans Mylène en INTERVIEWMF : Oui. c’est-à-dire cette volonté que de ne pas tout contrôler. Sachant que c’est un travail commun malgré tout avec Laurent. Avec mes propres décisions, mes textes, et des choses quand même qui m’appartiennent. Maintenant sur un film, j’étais « au service »‘ d’un metteur en scène.

 J : Oui, mais un metteur en scène que vous connaissez bien quand même…

 MF : Bien sur mais ça c’est…

 J : Est-ce que vous avez refusé des rôles déjà avant ?

 MF : Oui, on m’avait proposé quelques rôles avant, que je n’ai spas accepté parce que ne trouvais pas ce que je voulais. Mais j’aurais pu commencer avec quelqu’un d ‘autre, oui.

 J : Quel genre de film aimez-vous voir ? Quels réalisateurs ?

 MF : J’aime beaucoup de réalisateurs, donc je peux vous donner une palette de réalisateurs. J’aime beaucoup Spielberg. Je dirais que tous les Spielberg, à part peut-être Jurassic Park qui ne m’a pas vraiment touchée, mais tout s’estime. J’aime David Lean profondément, David Lynch, Olivier Stone, Jane Campion découverte il y a longtemps quand elle avait fait sn premier film que j’avais vraiment adoré. Il y en a tellement…

 J : Vous allez les voir en salle ou à la télévision ?

 MF : Non, je vais les voir en salle, parce que la télévision dénature quand même beaucoup. J’aime bien aller au cinéma.

 J : Pourquoi avez-vous refusé les films qui vous avaient précédemment été proposés ?

 MF : Soit parce que les metteurs en scène ne m’attiraient pas, ou des rôles qui ne me plaisaient pas. Maintenant c’est difficile parce que je e vais pas vous dire quoi, qui et pourquoi.

 J : Mais quels genres de rôles on vous a proposé ?

 MF : A l’époque de Sans Contrefaçon, c’était un rôle sur l’androgynie, à l’époque de Libertine c’était un rôle un peu plus dénudé…

 J : On en a connu d’autres à votre place qui font à la fois même temps chanteurs, acteurs et même quelquefois présentateur de télés..

 MF : Et qui se cassent la gueule (rires).

 J :  De qui voulez-vous parler ? (rires) C’est assez étonnant de voir que vous délaissez quand même une carrière, que vous en commencez une autre alors que beaucoup à votre place se seraient di : « Je vais tout faire en même temps… »

 MF : Pour des choses un petit peu moins élevées, déjà point de vue technique, Laurent Boutonnat étant le compositeur, s’il décide de faire un long-métrage en aucun cas, je ne peux le perturber et lui dire : « Voilà maintenant faisons un album ! »

 J : Vous pouvez aller en voir d’autres compositeurs.

 GiorginoPhotos09MF : Je n’en ai pas eu envie (silence) Je n’en n’ai pas envie. Et quand à essayer d’expliquer la scène par exemple, c’est quelque chose pour moi qui ne peux en aucun cas être routinier. Une fois de plus ça n’engage que moi c’est très personnel. L’émotion que j’ai eu au travers de la scène, c’est quelque chose que je ne pourrai spas ressentir de la même façon éternellement. Je le sais. Donc j’ai le sentiment aujourd’hui, puisqu’on en parle, que je ferais peut être une deuxième scène, et peut-être plus jamais.

 J : Vous avez peur de gâcher les moments rares ?

 MF : Evidemment il y a le risque que les choses s’affadissent… Mais je n’en ferais jamais trop je le sais aussi, je pense que j’aurais le même comportement ou appréhension par raport au cinéma qu’ la chanson, bien évidemment.

 J : Et à la scène ?

 MF : On peut voir ça comme ça aussi oui. Tout ça c’est conflictuel aussi, parfois on se dit qu’on aimerait bien penser un peu autrement, ou vivre les choses un petit peu moins intensément ou violemment – parce qu’au fon le résultat est violent – à savoir qu’une scène ou deux ou trois dans une vie d’artiste c’est peu.

 J : Ce que vous recherchez finalement c’est la pureté ?

 MF : C’est difficile de s’attribuer ses mots pour soi mais oui, c’est préserver un sentiment. C’est vrai que je ne voudrais pas arriver et avoir le sentiment que de tricher ou que de ressentir à peu près mais pas tout à fait. ça c’est quelque chose qui réellement tuerais ma vie d’artiste, ce ressentiment. Définitivement. ça paraît toujours très dramatique quand j’emploi des mots comme ça, mais c’est réellement ce que je pense.

 J : Vous dites que vous faites peu de choses pour vous expliquer. Et pourtant on à l’impression que c’est utile pour vous qu’on vous voit énormément, et on a l’impression que vous êtes très présente. Il y a comme un paradoxe. On dirait que vous dites ne pas vous montrer pour faire bien, mais en même temps vos clips, et on a l’impression que vous êtes tout le temps là ! Je m’en plains pas. Vos clips sur les chaînes de télé, beaucoup en passe. (Mylène tente de répondre « comment pourrais-je exister ? » mais se fait couper la parole) Et quand on parle aux photographes de presse, ils nous disent « Mylène FARMER , elle est très difficile à photographier ». Alors vous préservez votre image, encore un élément là. (Mylène essaie d’en placer une, en vain). Est-ce que vous jouer avec votre image ? Comment vous gérer votre image ? Vous êtres quelqu’un qui n’existez pas.. Pour beaucoup de gens, vous êtes quelqu’un… Vous avez cité des trucs tout à l’heure comme Libertine, vous représentez quelque chose…

 MF : Je crois que l’image a été très importante, le clip est né il n’y a pas très longtemps. Pour ma carrière ça a été très important. Maintenant quand à une difficulté que de me photographier ou de m’interviewer, ça a été une décision de ma part parce que c’est un moyen d’expression pour moi qui est très facile, c’est quelque chose que j’appréhende. Je n’aime pas parler de moi.

 J : ça commence bien là.

 MF : Oui bien sur. Mais en ce sens, j’ai préféré faire le minimum. Quand aux photos c’est pareil. Avec les journaux ou la presse il peut y avoir une exploitation qui est outrancière et dérangeante, c’est quelque chose que je ne veux pas m’autoriser. Donc c’est quelque chose que j’ai refusé également. Peut être aussi parce que le contrôle m’échappe. Parce que c’est difficile de demander à un journal de contrôler tout. Maintenant c’est un peu orgueilleux aussi, si des photos sont faites j’estime que j’ai le droit de choisir ces photos là, en tout cas de donner mon avis ou de demander tel ou tel photographe ; donc en général ce sont des choses qui ne sont pas acceptées.

 J : Mais il y a une différence entre dire « je vaux choisir les photos » et refuser les photographes !

 MF : (énervée) Je vais vous dire une chose. Il y a aussi beaucoup de choses qui se disent et qui n’existent pas aussi ! J’en veux pour preuve une séance de photos que j’ai dite il ya deux jours qui s’est très bien passée. Et le soir quelqu’un qui travaille à mes côté m’appelle et me dit : « Non mais qu’est ce qu’i s’est passé pendant cette séance de photos ? Tu as refusé d’aller faire des photos dans les jardins du Luxembourg ! Et c’est né de nulle part ! Donc pour vous dire que j’ai moi-même des informations d’un comportement qui n’existe pas. C’est-à-dire dans le fond plus vous êtes silencieux plus on vous reproche ce silence et on essaie de vous attribuer des comportements excentriques.

J : Et ça veut dire certainement plus intéressés.

 MF : Appelez ça comme vous voulez, c’est parfois véhément… Un silence provoque une réaction et provoque parfois une animosité.

 J : Alors comment faites vous pour monter sur scène, continuer à donner des interviews ?

 MF : Là, je parle de nature profonde, non pas de marketing ! Si c’est sa nature profonde, la nature l’accepte. Je crois que je ne sais très bien répondre à cette question, parce que c’est comme ça. Parce que je ne peux pas faire autrement.

 J : ça peut très bien être du marketing.

 MF : Non parce que le marketing ça peut marcher un an 2 ans ou 3 ans, mais pas sur la longueur, ça, ça n’existe pas. Du marketing il y en a toujours dans une carrière. Que ce soit dans un film, que ce soit dans la chanson, pour tous ces moyens d’expression. Le marketing existe on ne peut pas le nier, l’occulter. Maintenant dans ces choses là non définitivement, ce n’est pas du marketing. Et d’ailleurs, je ne cherche pas à me justifier par rapport à ça !

 J : Mais on ne vous demande pas de vous justifier, on vous pose des questions sur ce qui vous rend différente de beaucoup d’autres dans le show-biz. Qu’est-ce que vous avez prévu comme promotion pour Giorgio ?

 MF : Je crois que je vais faire les journaux de 20 h, ce sont là aussi des choses qui sont brèves, concises. Avec Patrick Poivre d’Arvor et puis aussi Antenne 2 et puis je ne sais plus.

 J : Le journal de 20 heures ou ici, même pour vous ou pour Laurent Boutonnat ce n’est pas un plaisir alors de répondre?…

 MF : Là maintenant tout de suite, sans parler de plaisir mais c’est plutôt agréable, si ce n’est que j’espère arriver à répondre à vos questions. Dire que je le fais spontanément : non. Définitivement pas.

J : Vous portez souvent ce genre de vêtements ?

 MF : Non. (rires) Bizarrement j’ai eu ça je crois il y a dix ans et je ne les ai jamais portés, j’ai décidé de les mettre aujourd’hui.

 J (ironiquement) : Un événement ! C’est pour nous. Dans l’avenir immédiat vous retournez dans la chanson ?

 MF : Oui je pense. A moins d’une proposition fulgurant au cinéma.

 J (toujours ironiquement) : Spielberg ? Jurassic Park 2 ? Ils font un casting en ce moment. ça vous manque la chanson ? Dans combien de temps la sortie.

 MF : Oui, Oui. Je ne sais pas, j’avoue que je n’ai même pas la notion du temps. Pour un album dans environ 4 ou 5 mois. Puis la préparation d’une scène peut-être un an je ne sais pas.

 J : Est-ce que vous allez voir les autres sur scène ? France Gall ou…

 GiorginoPhotos21MF : précisément France Gall non. Je vais peu dans les spectacles. Non pas par manque d’intérêt, mais parce que je ne m’y sens pas bien. Les lieux où il y a beaucoup de monde.

 J : Alors quand vous-même montez sur scène ?

 MF : Quand on est sur une scène et qu’on voit beaucoup de monde, c’est prodigieux quand on est assis et que fatalement on vous repère, j’ai toujours un petit peu de mal. Mais ç a m’arrive d’y aller. Mais ces deux dernières années quasiment personne. J’aurais adoré voir Nirvana et je regrette.

 J : Et à aucun moment il n’a été question que vous enregistriez ne serait-ce que la musique du générique du film, une chanson dans le film ?

 MF : Oui, il y eu à un moment un souhait de Laurent Boutonnat d’avoir des choses vocales, plus que des mots. Parce que des mots je pense que ça aurait été une erreur. Mais finalement ça ne s’est pas fait pour des emplois du temps différents, et finalement il a chois des chœurs d’enfants et il a eu raison (rires) et c’est magique. Mais essayer de faire une chanson à mon nom et essayer après de la mettre n clip…

 J : oui par exemple

 MF : Non je pense que ce film ne méritait pas ça. Non, je voulais dire qu’il n’avait pas besoin de ça, j’ai fais une confusion.

 J : Que pensez-vous de la musique de Laurent ?

 MF : Je la trouve très belle, très belle.

 J : En tant qu’actrice, vous vous préparez comment à un rôle comme celui-là ?

 MF : pas de préparation, j’ai juste demandé à un psychiatre d’assister à des entretiens avec des malades.

 J : Vous avez put le faire ? ça vous a apporté quoi ?

 MF : J’avais envie de voir pour trouver une gestuelle à Catherine qui était particulière. Donc je savais que je pouvais observer ça. C’est plus pour une gestuelle que pour tout autre chose. Et puis parce que le sujet est passionnant.

 J : Ces entretiens ça se passait comment, vous étiez assise à côté du docteur ?

 MF : Oui c’est ça, j’avais une blouse blanche donc j’aurais pu être quelqu’un de l’hôpital.

 J : Donc des malades qui se sont fait ausculter par Mylène Farmer il faut le savoir (rire)

 MF : Oui il est malheureusement difficile d’y trouver un sourire alors… C’était en milieu hospitalier, ça a été relativement bref et j’ai essayé d’être le plus discret possible. Mais c’est troublant, troublant.

 J : ça se passe comment ce genre d’entretien ?

 MF : Ce sont des entretiens très courts, en tout cas cette journée là avec des personnes très diverses qui ont fait des choses très diverses aussi, pour certaines qui ne sortiront probablement jamais. Et puis, vu de l’extérieur on a une vue complètement faussée. C’est-à-dire qu’on lui donnerait son bon de sortie immédiatement. Et puis des gens qui sont sous l’emprise des médicaments, alors c’est faussé.

 J : ça doit quand même être quelque chose de très choquant, soit de très bouleversant.

 MF : Oui, parce que ces gens là aussi, je fais référence à une personne lors de ces entretiens qui avait beaucoup d’humour – et c’est vrai qu’à un moment donné, c’est déjà très oppressant pour soi et qu’on se prend à rire ou à éclater de rire avec la personne et que dans le fond c’est tout sauf ça qu’il faut faire parce que c’est donner raison à cette personne. Alors qu’on est hors de ce monde.

 J : C’est quel genre de personne les patients ?

 MF : Des hommes et des femmes. D’âge très différent.

 J : C’est vous qui avez eu le besoin ?

 MF : De cette démarche ? Oui, j’avais envie. Vous dire que j’étais persuadée d’y puiser quelque chose pour Catherine, ça c’était l’inconnu. J’ai vu par exemple pour les mains, ça c’est quelque chose que j’ai retenu? Car ces malades ont souvent la tête baissée et ont une, j’allais dire une hystérie, en tout cas une raideur dans les mains, toujours les doigts très écartés. Pas des choses molles, toujours des choses très tendues. Donc c’est peut-être quelque chose que j’ai essayé de retenir.

 J : Et pourquoi ?

 MF : Je n’ai pas posé la question. Et puis je crois qu’on est soi-même quand on est dans une tension nerveuse on a des choses qui se raidissent c’est presque naturel, sauf qu’eux c’est décuplé. Et puis c’est l’inquiétude qui arrive dans les gestes et dans les mains et le regard. Ces malades c’est les yeux et les mains, le reste est plutôt inerte. C’est bouleversant, c’est perturbant, et puis on se sent totalement inutile, c’est la chose la plus inutile. Après on lit un tas de choses.

 J : Vous avez grandie à Paris ?

 MF : Non ! au Canada, à Montréal 

J : Vous en êtes revenue très tôt ?

 MF : j’ai passé 9 ans là-bas.

 J (inaudible)

 MF : du tout (rire)

 J : Qu’est ce que vous espérez du film ? Que vous allez avoir plein de propositions ?

 MF : J’espère réellement qu’il rencontrera un public dans un premier temps, c’est vraiment mon souhait principal maintenant. Dans un deuxième temps oui, j’espère qu’il m’apportera d’autres rôles. Mais ma vraie angoisse c’est ça

 J : C’est-à-dire que si ça devient un échec vous le ressentirez très mal ?

 MF : Très certainement comme un échec personnel oui. Même si dans le fond je ne suis pas responsable dans le fond. Mais oui.

 J : Vous irez le voir en salle ?

 MF : Je ne sais pas (rires) peut-être

 J : Le poids du film c’est aussi lourd sur vos épaules que le poids d’un disque ?

 MF : Non, parce que le poids du film est quand même bien distribué, il y a quand même le personnage de Giorgio qui est très important et puis…

 J : Vous savez quand même que le gros de la promotion va être fait sur votre nom.

 MF : C’est vrai, il me semble que le disque est plus dur à porter pour moi, plus lourd. Je crois que je vais presque me contredire, les deux sont très durs et très angoissants.

 J : ça fait une différence ?

 MF : Pas réellement parce que mon implication est de la même ampleur. Si ce n’est que dans la chanson il y mes mots, mon écriture. Dans le film, les mots ne m’appartiennent pas.

 J : C’est bizarre ça pourquoi vous n’avez pas essayé d’être co-scénariste ?

 MF : Parce que je pense qu’à un moment on se perd. Parce que je n’ai pas ce talent tout simplement et qu’à un moment donné je préfère que quelqu’un s’occupe de moi un peu. Non, j’ai cette envie d’avoir quelqu’un qui me dise « voilà j’ai pensé à toi, j’ai écris quelque chose, j’ai donné ces mots au personnage, débrouille-toi avec « 

 J : Vous pourriez avoir exactement la même envie pour la chanson.

 MF : Jamais non. Sinon je n’aurais pas fait ce métier.

 J : C’est-à-dire que vous êtes prête à vous abandonner quand vous êtes actrice, mais pour chanteuse, vous avez besoin de tenir les rennes du métier ?

 MF : J’ai besoin d’écrie mes mots pour donner ce que j’ai envie d’y donner, sinon ça ne m’intéresse pas.

 J : Et pourquoi pas donner des mots par un film ?

 MF : non, non

 J : Et Laurent Boutonnat fait de la promotion, des tournées ?

 MF : non jamais. Je crois qu’il doit recevoir une chaîne.

 J : Il est connu en Tchéquie ?

 MF : Il est toujours surpris d’être reconnu mais c’est quand même très modéré

 J : Il n’a pas fait de conférence de presse ?

 MF : Mais le propos n’était même pas celui-là. Vous savez on était dans les lieux tellement retirés du monde qu’on n’ a pas été vraiment confronté à la promotion.

 J : Vous faites partie des chanteuse à fan, qui sont l’objet de vénérations… Vous n’avez pas peur de ne plus arriver à gérer ça ?

GiorginoPhotos07 MF : j’ai fait attention à ça. Si ce n’est que c’est quelque chose qu’on ne maîtrise pas de toute façon, si ce n’est en refusant de faire un fan club. Voilà Parce que je pense que ça ne me convenait pas. Maintenant que de rencontrer des personnes et leur comportement. Il y a toujours des choses qui vous dérangent mais pas pour soi, qui vous dérangent pour ces personnes là. Parce que ces personnes-là sont très malheureuses et peuvent rester des journées entières parfois des nuits à attendre quelque chose. Donc si je peux le donner sur un très court instant, je vais le donner. Je préfère. Maintenant c’est vrai qu’on ne peut pas donner à tout le monde parce que c’est…

 J : Vous imaginez par exemple les charmes de jeunes avec des centaines de photos de vous, des T.shirts ?…

 MF : je ne veux pas penser à ça.

 Ce transcript a été fait avec la plus grande fidélité possible à partir des bandes sonores analogiques de l’enregistrement de l’interview. Celle-ci n’a jamais été diffusée, jamais été retranscrit nulle part. Certaines copies circulaient toutefois dans les mains de certains fans de Mylène FARMER. Cette interview en ligne depuis octobre 2001 est une exclusivité Signée J.S.M http://fr.wikipedia.org/wiki/Jodel_Saint-Marc  

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