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Mylène et Noël Mamère interview

Posté par francesca7 le 2 mars 2012

L’Interview de Mylène Farmer et Laurent Boutonnat par Noël MAMERE

 

    1er Septembre 1986, Antenne 2 Midi.

 

Mylène et Noël Mamère interview dans Mylène en INTERVIEW MF80_105aLaurent Boutonnat a tourné Libertine voici 3 mois et le succès de la chanson est à son apogée. Accompagné de Mylène Farmer, il parle pour la première fois du recrutement de Mylène Farmer par casting trois ans et demi plus tôt, puis de l’intérêt d’un tel investissement dans un tel clip. Laurent Boutonnat et Mylène Farmer n’ont alors que 24 ans, c’est sans doute pourquoi on sent encore la fraîcheur et l’insouciance de deux jeunes artistes sur lesquels ne pèse pas encore le poids des responsabilités, et s’amusent de leur création, sans savoir que c’est le départ d’une oeuvre majeur à laquelle ils sont en train de donner naissance.

 La chanteuse prend la parole au début de l’extrait pour en parler, puis intervient à plusieurs reprises par la suite. On peut remarquer la défense qu’elle prendre pour Laurent Boutonnat quand Noël Mamère accusera à mots à peine couverts le clip de n’être qu’un plagiat du Barry Lyndon de Stanley Kubrick. Mylène Farmer l’expliquera par le manque de référence des français qui ne connaissent le XVIIIe siècle que par ce film.

Noël Mamère : (à Mylène Farmer) Laurent Boutonnat travaille beaucoup avec vous, c’est lui-même je crois qui vous a incité à faire de la chanson.

Mylène Farmer : Oui, c’est à dire qu’on s’est rencontré et lui est compositeur, a une passion pour la musique, pour le cinéma également…

Noël Mamère : On va en parler avec lui…

Mylène Farmer : …Il m’a proposé avec une autre personne la première chanson qui était Maman à tort, et depuis nous travaillons ensemble.

Noël Mamère : Comment bascule t-on d’un coup de l’équitation à la chanson ?

Mylène Farmer : Une bonne étoile au dessus de ma tête très certainement, beaucoup de chance et depuis deux ans beaucoup de travail aussi.

Laurent Boutonnat : On tombe de cheval !

(rires)

Noël Mamère : Laurent Boutonnat, c’est la voix, le physique de Mylène Farmer qui vous avait séduit ? Ou se sont les deux à la fois ?

Laurent Boutonnat : Oui, c’est les deux à la fois parce qu’on cherchait quelqu’un au moment où on avait fait cette chanson avec un ami, qui était Maman à tort, c’était une chanson un peu spéciale qui se passait dans un hôpital psychiatrique, d’une petite fille… Et le jour où Mylène est arrivée elle était parfaite quoi, c’était LE personnage.

Noël Mamère : Parce qu’elle avait l’air un peu pervers ou pas ?

Laurent Boutonnat : C’était pas tellement pervers, c’était plutôt… psychotique je dirais. Quelqu’un d’un peu renfermée.

Noël Mamère : Un peu d’ambiguïté quoi…

Laurent Boutonnat : Oui oui, très bizarre. Mais ça a été elle tout de suite. Même avant de l’entendre chanter.

Noël Mamère : Alors vous lui avez écrit Libertine, qui est un véritable succès, qui a fait un tabac cet été.

Laurent Boutonnat : C’est en train de faire un tabac. Enfin… je suis ravi que ça marche.

Noël Mamère : C’est un texte qui est aussi un peu pervers ou un peu ambigu comme on voudra…

Laurent Boutonnat : C’est un texte qui n’est pas très simple peut-être, c’est curieux que ça marche, je suis ravi que ça marche. Mais c’est drôle d’entendre dans la bouche des enfants chanter « je je suis Libertine, je suis une catin », ça change un peu.

Noël Mamère : Ca doit vous amuser ! Vous devez bien rire dans votre manteau.

 dans Mylène en INTERVIEWLaurent Boutonnat : Je suis très très heureux oui.

(projection d’un extrait du clip, scène du bain, puis du message)

Noël Mamère : Les amateurs de cinéma verront un clin d’œil à Barry Lyndon, et à tous les styles du XVIIIe.

Mylène Farmer : On dit Barry Lyndon, c’est vrai qu’il y a une couleur, je crois que c’est une ambiance. Et je crois que les gens n’ont de référence que ce film qui retrace le XVIIIe siècle, le libertinage… c’est Barry Lyndon.

Noël Mamère : C’est un clip, un film, qui dure onze minutes, c’est pas très vendable ça à la télévision, pour passer dans un journal par exemple (sourire).

 Mylène Farmer : Oui c’est dommage, mais je pense qu’il y aura une promotion cinématographique, c’est à dire dans les salles de cinéma. On attend, c’est en pourparlers. Ce serait l’idéal pour ce clip.

Noël Mamère : Et vous pensez que ça aide beaucoup à la promotion d’un disque, la fabrication d’un clip très sophistiqué comme celui là ?

Mylène Farmer : Je ne veux pas faire de généralités, je pense qu’en ce qui me concerne, le travail qui est fait depuis deux ans, c’est essentiel d’avoir ce clip, et le clip précédent. C’est un travail d’image, et c’est enrichir un personnage et une chanson.

Noël Mamère : Pour vous les deux sont indissociables aujourd’hui ?

 Mylène Farmer : Pour moi, indissociables, réellement. Mais parce que Laurent Boutonnat. Vous parliez de Mentor tout à l’heure, pour moi c’est surtout un admirable metteur en scène mais dans toute sa généralité.

 (Laurent Boutonnat sourit timidement)

 Noël Mamère : Et ça vous donne le goût de faire du cinéma ?

MF : Je rêve de faire du cinéma depuis que je suis toute petite, et j’espère en faire une jour. Mais tout ça ce sera aussi très réfléchi.

Noël Mamère : Alors vous, Laurent Boutonnat, justement depuis que vous êtes tout petit, depuis que vous avez dix ans je crois, vous faites du cinéma. De la musique aussi, mais avant tout du cinéma.

Laurent Boutonnat : J’ai fait du piano, j’ai appris la musique et l’harmonie très jeune, et j’ai commencé à faire des films très jeune aussi, à dix ans, en Super 8, des petits films… C’est toujours deux choses que j’ai fait : mes petits films, la musique de mes petits films. (Mylène Farmer rit) C’est toujours deux activités que j’ai faites dès que j’ai pu.

Noël Mamère : Vous aviez une formation de classique ? De conservatoire ?

Laurent Boutonnat : Pas de conservatoire, mais des cours de piano que j’ai commencé à l’âge de cinq ans, jusqu’à treize quatorze ans. Ensuite j’ai tout envoyé balader mais je m’y suis remis quand même. (sourire)

Noël Mamère : C’est marrant parce qu’on assiste en ce moment à une éclosion de jeunes femmes comme vous qui ont le visage très doux, on leur donnerait le bon Dieu sans confession, et qui susurrent, qui chantent des chansons très très libertines justement.

Mylène Farmer : C’est là que réside toute la perversion de l’histoire ! (rires)

Noël Mamère : Vous croyez que c’est un phénomène d’époque ?

Laurent Boutonnat : Non, mais je pense que c’est plus intéressant de travailler… Pare qu’une chanson c’est bien, mais c’est quelque chose de très simple, mais travailler autour de ça, l’image et tout ce que ça comporte, ça c’est passionnant.

Noël Mamère : Libertine est déjà très très connue, elle doit être dans le Top 50 déjà ? 

Laurent Boutonnat : Oui, largement !

Mylène Farmer : (méprisante mais souriante) Ca y est ! La Bible du Français actuellement c’est le Top 50 ! 

Noël Mamère : Oui, vous savez j’écoute la radio et je sais que le Top 50 c’est une référence.

Mylène Farmer : Oui, c’est vrai. Nous sommes dans le Top 50. (ironique) Ca veut dire que le disque vend, voilà. Que l’artiste fonctionne. (rire)

Laurent Boutonnat : Tant mieux.

Noël Mamère : Tant mieux pour vous.

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