Mylène poupée couturée

Posté par francesca7 le 1 mars 2012

« Inquiétante poupée couturée » titrait Le Monde


Mais pour qui pense encore qu’un disque c’est aussi une pochette, un objet précieux, les disquaires ont mis bien en vue de quoi satisfaire l’amateur – qui dans le cas de Mylène Farmer se doit d’avoir toutes les version disponibles.

On trouvera donc trois présentations de l’album, une normale dans du moche plastique, une autre sous couverture cartonnée, s’ouvrant en trois volets, avec en bonus

Mylène poupée couturée dans Mylène et des CRITIQUES w1z3_480x270_62qgx

, le clip, une dernière enfin, en version 33-tours. Pour le single, deux déclinaisons, celle en CD avec la « single version », le « radio edit » et la « version instrumentale », celle en 33-tours avec trois remix (un de Tomer G et deux de Manhattan Clique).

Question visuel, même diversité.
L’album ‘Dégénération’, premier single, ouvum présente une inquiétante poupée couturée façon créature du docteur Frankenstein (photographies du Japonais Atsushi Tani), qui rappelle, outre sa ressemblance avec Mylène Farmer, le double marionnette à la Pinocchio dans ‘Sans contrefaçon’ (1988). Pour le CD single, la chanteuse, née en 1961, à Pierrefonds (Québec), présente son dos et son fort joli fessier. Quand au single 33-tours, c’est la même image, solarisée dans des tons rose foncé et violet.

re aussi l’album. Il donne le ton électro-pop d’une partie du disque, avec pour mot d’ordre « faut qu’ça bouge ». En arrangements plutôt minimalistes, dans une sécheresse de ton à laquelle il faut s’acclimater. Même climat dans ‘Je m’ennuie’, ‘Sextonik’ (ode au godemiché « d’ivoire ou de jade ») ou ‘C’est dans l’air’. Autant de titres développés par le duo Mylène Farmer-Laurent Boutonnat dans une efficacité rythmique dansante mais auxquels il manque un rien d’ambition formelle.

Un autre pan de l’album relève de la ballade rêveuse et alanguie sur les thèmes de l’attente, du vague à l’âme (‘Point de suture’), l’absence, la disparition (‘Si j’avais au moins…’), dans un univers en clair obscur. Là aussi on retrouver la marque du duo dans les fondamentaux, mais avec le sentiment de collages d’idées déjà entendues dans de précédentes compositions.

Le duo avec Moby, ‘Looking for my name’, dans sa sobriété ou l’électrique Paradis inanimé, dans ses débordements, constituent du coup de plaisants sursauts.

On ne retrouvera pas ici le romantisme lumineux, la palette baroque qui faisait toute la majesté et la grâce dominatrice d’ ‘Avant que l’ombre…’ (2005), à ce jour l’enregistrement le plus accompli de Mylène Farmer et Laurent Boutonnat. ‘Point de suture’ est plus ramassé, plus évident dans ses jeux avec les mots, arrivé presque trop vite.

Sans la rupture qu’avait constituée ‘Anamorphosée’ en 1995, traversé de guitares, d’un son urbain et d’une certaine violence musicale et sans l’exacerbation lyrique d’ ‘Avant que l’ombre…’, le terrain un peu trop familier de ‘Point de suture’ est une légère déception dans la discographie de Mylène Farmer.

Sylvain SICLIER / parution dans Le Monde (28.08.08)

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