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Mylène et l’histoire de Tristana

Posté par francesca7 le 1 mars 2012

Remake d’une Blanche-Neige transposée en Russie durant la révolution d’octobre… Dix minutes qui « ébranlèrent » le vidéo-clip.

    Après un coup d’éclat comme le clip Libertine, on peut être tenté par l’application de mêmes méthodes, en espérant que les mêmes causes produiront les mêmes effets. En ce sens Tristana pourrait paraître proche de son prédécesseur : une fin tragique qui voit la mort de l’héroïne, une durée qui dépasse l’entendement pour un vidéo-clip, une esthétique de long-métrage, un tournage presque totalement en extérieur (ici sur les hauteurs de La Chapelle-en-Vercors) à la mi6avril 1987, et des musiques additionnelles vendues dans le commerce sous le nom étrange de « Bande Originale du clip ». De surcroit, comme pour Plus Grandir et Libertine, Tristana est présenté à la presse le 6 mai 1987 et obtient son visa d’exploitation plusieurs mois après, le 8 juillet 1987. Mais en réalité Tristana est bien plus que cela, véritable conte onirique en temps de guerre, la particularité du film réside dans ses choix esthétiques et son modèle, ô combien célèbre. Pour le tournage on utilisa un seul et unique loup, le reste étant arrangé avec des chiens qu’on évita de filmer en gros plans.

Mylène et l'histoire de Tristana dans Mylène et des CRITIQUES ClipTristana6

 Tristana affiche au moins trois degrés de compréhension, dont deux clairement revendiqués par l’emploi des références à Blanche-Neige et les sept nains (Walt Disney – 1937). Sans Contrefaçon joue quant à lui sur la seule transposition des Aventures de Pinocchio de Mario Collodi, histoire largement inspirée d’un conte très populaire qui impose par son traitement le décryptage par n’importe quel spectateur des deux niveaux de lecture qu’elle comporte. L’action du clip trouve précisément son intérêt dans sa référence perpétuelle au célèbre roman de Collodi ; c’est par le processus de l’adaptation que Boutonnat guide le spectateur vers un raisonnement ludique qui le mène à suivre l’histoire selon deux optiques : celle de la diégèse du clip, et celle du célèbre roman original. Boutonnat réutilisera ce système pour plusieurs clips dont nous parlerons plus tard, comme Sans Logique (1989) ou Moi …Lolita (1999).

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Mylène poupée couturée

Posté par francesca7 le 1 mars 2012

« Inquiétante poupée couturée » titrait Le Monde


Mais pour qui pense encore qu’un disque c’est aussi une pochette, un objet précieux, les disquaires ont mis bien en vue de quoi satisfaire l’amateur – qui dans le cas de Mylène Farmer se doit d’avoir toutes les version disponibles.

On trouvera donc trois présentations de l’album, une normale dans du moche plastique, une autre sous couverture cartonnée, s’ouvrant en trois volets, avec en bonus

Mylène poupée couturée dans Mylène et des CRITIQUES w1z3_480x270_62qgx

, le clip, une dernière enfin, en version 33-tours. Pour le single, deux déclinaisons, celle en CD avec la « single version », le « radio edit » et la « version instrumentale », celle en 33-tours avec trois remix (un de Tomer G et deux de Manhattan Clique).

Question visuel, même diversité.
L’album ‘Dégénération’, premier single, ouvum présente une inquiétante poupée couturée façon créature du docteur Frankenstein (photographies du Japonais Atsushi Tani), qui rappelle, outre sa ressemblance avec Mylène Farmer, le double marionnette à la Pinocchio dans ‘Sans contrefaçon’ (1988). Pour le CD single, la chanteuse, née en 1961, à Pierrefonds (Québec), présente son dos et son fort joli fessier. Quand au single 33-tours, c’est la même image, solarisée dans des tons rose foncé et violet.

re aussi l’album. Il donne le ton électro-pop d’une partie du disque, avec pour mot d’ordre « faut qu’ça bouge ». En arrangements plutôt minimalistes, dans une sécheresse de ton à laquelle il faut s’acclimater. Même climat dans ‘Je m’ennuie’, ‘Sextonik’ (ode au godemiché « d’ivoire ou de jade ») ou ‘C’est dans l’air’. Autant de titres développés par le duo Mylène Farmer-Laurent Boutonnat dans une efficacité rythmique dansante mais auxquels il manque un rien d’ambition formelle.

Un autre pan de l’album relève de la ballade rêveuse et alanguie sur les thèmes de l’attente, du vague à l’âme (‘Point de suture’), l’absence, la disparition (‘Si j’avais au moins…’), dans un univers en clair obscur. Là aussi on retrouver la marque du duo dans les fondamentaux, mais avec le sentiment de collages d’idées déjà entendues dans de précédentes compositions.

Le duo avec Moby, ‘Looking for my name’, dans sa sobriété ou l’électrique Paradis inanimé, dans ses débordements, constituent du coup de plaisants sursauts.

On ne retrouvera pas ici le romantisme lumineux, la palette baroque qui faisait toute la majesté et la grâce dominatrice d’ ‘Avant que l’ombre…’ (2005), à ce jour l’enregistrement le plus accompli de Mylène Farmer et Laurent Boutonnat. ‘Point de suture’ est plus ramassé, plus évident dans ses jeux avec les mots, arrivé presque trop vite.

Sans la rupture qu’avait constituée ‘Anamorphosée’ en 1995, traversé de guitares, d’un son urbain et d’une certaine violence musicale et sans l’exacerbation lyrique d’ ‘Avant que l’ombre…’, le terrain un peu trop familier de ‘Point de suture’ est une légère déception dans la discographie de Mylène Farmer.

Sylvain SICLIER / parution dans Le Monde (28.08.08)

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