Histoire de Giorgio

Posté par francesca7 le 21 octobre 2011

 

En 1918, le Docteur giorgino revient de la guerre, malade après avoir inhalé accidentellement des gaz. Il s’apprête à retrouver les douze orphelins qu’il avait à charge mais ceux-ci ont été transportés d’urgence dans un orphelinat en pleine montagne, suite aux bombardements. Passif, étrange, giorgino est quelque peu secoué par la nouvelle et aura le temps de sauver un étalon noir de la mort pour ensuite récupérer quelques dessins desdits orphelins, affichant un animal agressif très proche du loup. 


Histoire de Giorgio dans Mylène et GIORGINO GiorginoPhotos30Giorgino se rend donc à Chanteloup ( les loups chantent (peut-être)), village lugubre perdu au milieu des montagnes enneigées, aux rues glauques et aux habitants inquiétants. Il se rend chez le Docteur Degrace, être fantasque venant de perdre sa femme et veillant sur sa fille Catherine, fragile et belle. Pas de chance pour Giorgino, les orphelins sont morts depuis longtemps, dans des circonstances mystérieuses et troubles. On parle de meurtres, de noyades, de loups mais jamais la vérité ne semble s’éclaircir.

Une enquête qui sera longue et difficile pour Giorgino, amoureux de la frêle Catherine, incarnée bien entendue par Mylène, une femme enfant perturbée et envoûtante, sans doute le deuxième grand élément principal du film. Entre autisme, sensualité et solitude, la jeune fille connaîtra un amour désespéré avec le jeune homme, qui la tirera de bien des misères. La chanteuse rousse l’a déjà montré dans ses clips : c’est une grande actrice, et elle le prouve encore une fois. Jamais sa splendide chevelure rousse, ne se sera aussi bien harmonisée avec ces décors froid et blanc, et ce teint de peau très pale qui lui donne tout son charme. Le sang sera bien présent, qu’il soit d’une blessure ou de menstruations subites, coïncidant avec cette magnifique blancheur. 

S’il n’est jamais proprement dit un film fantastique, « Giorgino » s’en rapproche à très grand pas avec son atmosphère froide et morbide : ruelles désertes, orphelinat obscur, asile de fous, cimetière, marais de glaces… Entre Burton, Goya, Fulci et les films de la Hammer, Boutonnat offre un monde décoloré et désenchanté, qui coïncide parfaitement avec la personnalité de ses personnages. Et pour exemple, ce rapprochement avec l’horreur et le fantastique culminera lors de deux scènes saisissantes : l’étreinte finale des amoureux, se terminant sur une image tétanisante, et cette plongée infâme dans les sous-sols d’un asile où les fous sont parqués comme des bêtes, vivant dans la crasse et la pourriture, entre cadavres et folie furieuse. On pourra être aussi surpris par les apparitions de cette enfant monstrueux, portant une lanterne et roulant en charrette avec une étrange dame en noire : La mort ? L’enfance perdue du héros ? Un fantôme ? Un orphelin qui aurait survécu ?

Si certaines scènes marquent (l’enterrement, la réanimation, la scène d’amour dramatique sur la glace…), le film souffre par moment de petites longueurs. C’est sans doute ces petits moments en trop ou ces baisses de régimes qui empêchent « Giorgino » d’être quasi parfait. Les fans de Boutonnat et de Mylène Farmer seront aux anges, les autres rumineront sans doute dans leur coin, certains se laisseront tenter. Une petite perle inclassable, et noire de préférence.

Barre scintillante papillons dorés

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