HISTOIRE DU CLIP L’ALIZEE

Posté par francesca7 le 16 octobre 2011

 

 

HISTOIRE DU CLIP L’ALIZEE dans Mylène et ALIZEE 35763772L’Alizé, le second single de Alizée n’avait pas été lcipé par Laurent Boutonnat. Non pas qu’il n’ait pas été inspiré par la chanson, mais celui-ci était trop occupé par le mixage de l’album « Gourmandises ». Comme Laurent Boutonnat est impliqué dans la carrière d’Alizée il prend volontiers la caméra pour des essais clipesques quand même, toujours très éloignés de ses réalisations d’antan. Ici, Laurent Boutonnat a l’idée de la suite, comme il l’a fait une quinzaine d’années auparavant avec Mylène Farmer. On pouvait prédire au clip de Moi… Lolita une suite dans les mois qui viendraient. Tout se prêtait à suivre le destin de cette fille, à laquelle le réalisateur avait tout donné pour que le spectateur s’y intéresse. La caméra toujours en contre plongée accentue la taille « réduite » de Alizée et la rend charismatique, la prenant plastiquement pour une star alors qu’elle était alors inconnue du public. 

 

 

 

Pour ce clip, 10 jeunes filles ont été sélectionnées pour interpréter les poupées vivantes. On peut remarquer que certaines bougent les bras alors que d’autres ont leurs membres raidis, les bras pliés, comme les poupées anciennes, en porcelaine. Des masques thermoformés et peints à la main ont été fabriqués sur mesure. Ils sont en fait, faits d’un plastique spécial, qui a pris la forme des têtes de poupées sous l’effet de la chaleur et d’un même moule appliqué pendant la cuisson. Les robes qu’elles portent ont été confectionnées en s’inspirant des robes qui habillaient les poupées anciennes. Tous les décors, eux sont naturels. Grande faculté de Laurent Boutonnat de s’adapter au milieu, à prendre ce que l’environnement lui donne. On se souvent du cimetière de Regrets auquel il n’avait rien changé, dont il s’était servi des recoins, des couleurs, des défauts. 

 

L’acteur qui joue le jeune homme amoureux de Alizée est Jérôme Devoise, l’assistant mixeur du studio Guillaume Tell complice de Laurent Boutonnat depuis 4 ans ; il a travaillé sur l’album de Nathalie Cardone et évidemment sur celui d’alizée. C’est sans doute en se rendant compte de la photogénie évidente de cet ingénieur du son que Laurent Boutonnat lui donna sa chance en interprétant cet homme aux attirances troubles, à la fragilité non-dissimulée. 

 

alizee_-_l%b4_alize dans Mylène et ALIZEECes vieilles poupées aux cheveux arrachés, aux moins mal positionnées, ces baignoires miniatures, une table de nuit en bois, un coffre à jouets ouvert et vide tout cela est baigné dans cette pluie millénaire qui ne s’arrêtera qu’à la fin de la crise de l’adolescence. Les jouets sont baignés dans cette boue insipide. On peut remarquer à droite du lit de Lolita un autre lit vide, probablement celui de sa petite soeur présente dans Moi… Lolita. Les murs de la maison sont encore debout. Les fondations acquises à l’enfance restent indestructibles, mais c’est l’intérieur qu’il faut combler, alors que tout a été vidé par l’adolescence. Dans tout ce bazar post-enfantin, une poupée attire toutefois notre attention. Elle est d’une blancheur terrifiante, regarde nulle part car ses yeux sont creux. Elle est posée sur une chaise à bébé, immobile. Elle est de porcelaine et vêtue d’une combinaison bleue ciel. Cette poupée parfait, à la conception maîtrisée, n’est pas ici symbole d’enfance, c’est l’image de Lolita, ce qui restera d’elle après ses tourments. L’enfance, elle c’est l’ours en peluche maladroitement cousu que Lolita ne veut pas lâcher. C’est lui qui la quittera prochainement, pas la poupée. 

 

 

1199696566_smallComme souvent dans les films de Laurent Boutonnat, il ne se passe rien pendant la première moitié. C’est seulement lorsqu’on devient familier avec l’univers formel, les lieux et les personnages qu’il nous entraîne dans la seconde partie de son univers teint d’onirisme…. 

 

Enfin bref, là où on pouvait voir la superficialité dans Moi… Lolita, avec son cortège de discothèque, de billets de banque et de maquillage, ici tout semble intérieur, plus rien n’est matériel. Du Boutonnat éloigné et léger on arrive à du « sur-Boutonnat », comme on en avait encore jamais vu, comme un Regrets animé, un Mon Ange diégétisé. 

 

Le thème de l’enfance qui ne nous quitte jamais n’est pas d’une grande originalité, mais jamais réalisateur n’aura véhiculé cette idée sur ce mode onirique et autant poétique. 

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