Histoire du clip de Moi… Lolita

Posté par francesca7 le 16 octobre 2011

 

 

Histoire du clip de Moi… Lolita dans Mylène et ALIZEE 1126-5s-430x360-Croppedc’est la première fois en huit ans que Laurent Boutonnat a pour mission de coller des images et une histoire sur un texte de Mylène Farmer. Après avoir composé la musique de Moi… Lolita et lui avoir laissé le soin d’écrire les paroles, Laurent Boutonnat réalise  assez tardivement ce clip très attendu. Bien qu’il tourne comme à sa grande époque, en pellicule 35 mn, il ne travaille plus avec la même bande de copains tels Carine Sarfati pour les costumes ou Jean-Pierre Sauvaire pour la lumière. 

 

 

Ce clip est bien sûr éloigné de ceux que Laurent Boutonnat réalisait pour Mylène Farmer il y a huit ans. Ce qui est étrange en revanche, c’est qu’il est aussi éloigné de ceux qu’il faisait pour Nathalie Cardone il n’a pas encore si longtemps…. Pour elle il avait soit renoué avec ses mises en scène à grand spectacle, soit donné dans le laconique qui jouait essentiellement sur une certaine image de la chanteuse ou le ciel nuageux de Mon Ange (1999). 

 

En rase campagne, un homme d’une trentaine d’année court après une jeune fille de quinze ans. Elle s’arrête. L’homme est gêné, visiblement très impressionné par la jeune Lolita. Il lui déclare sa flamme et il veut juste savoir si elle l’aime. Les regards sont tendres, la déclaration sincère. La réponse de Lolita est celle-ci : « T’as pas 200 francs ? Merci, je te les rendrai ? ». Dans cette introduction de clip, Laurent Boutonnat vient de nous présenter le personnage de Lolita. En une phrase on sait à qui a à faire. Tout le reste du film ne sera qu’une longue confirmation. Les 200 francs en poche, Lolita rentre chez elle sans un regard pour le garçon amoureux. Il restera sur la route, attendant un nouveau signe de vie de la mineur dont il est tombé amoureux. Se prostitue-telle ? Lui a-t-elle laissé croire un possible amour ? Lolita est tout simplement une fille qu’o aime regarder, et à qui on donnerait tout. On reconnaît à son arrivée dans la cours de sa maison le vocabulaire de Laurent Boutonnat. Le léger travelling avant latéral qu’il utilise pour introduire un lieu rappelle ceux de l’orphelinat de Giorgino (1994) ou celui de la maison cubaine d’Hasta Siempre (1997). Sa mère lave le linge et sa petite sœur de 6 ans est assise sur les marches de la maison (telle « poulette » dans l’auberge de Giorgino). La mère s’avance de Lolita pour l’insulter, lui faire de violentes remontrances quand à sa tenue et son retard. Lolita prend sa sœur, se change et part à travers les champs avec elle. Elles rejoindront le bus qui les amènera en ville. L’homme aura beau courir, il ne parviendra pas à le rejoindre avant son départ. Il pourra juste apercevoir la jeune fille partir dans son bus, par les vitres arrières. 

 

alizee_-_moi_lolita dans Mylène et ALIZEELe soir même, elle est dans une discothèque où, au milieu des filles sur-maquillées et très peu vêtues, elle danse sans se cacher d’être la plus jeune en ce lieu. Peu à peu tous les regards convergeront vers elle. Qu’elle danse au milieu de la piste ou qu’elle se remaquille dans les toilettes, autant les hommes que les femmes tombent sous le charme, dans sa petite robe légère, on ne peu t rien faire d’autre que de l’aimer. Lolita a posé sa petite sœur sur un tabouret de bar où elle regarde sa grande sœur devenir un phénomène. 

 

L’homme de la campagne est là. Il vient d’entrer dans la discothèque où il regarde médusé Lolita qui danse au milieu des gens âgés de dix ans de plus qu’elle. Lolita n’y prête pas attention, le principal pour elle semble être le nombre de regards qu’elle attire, et non pas leur identité. La petite sœur se met maintenant elle aussi à danser sur son tabouret en regardant Lolita sur la piste. On verra finalement les deux sœurs rentrer au petit matin, main dans la main, sur une route de campagne. C’est cette petite l’unique objet de son attention. La petite dira juste à sa sœur : « Moi, je suis un peu fatiguée ». Pas de réponse ; elles s’en vont toutes deux au loin, l’homme amoureux est encore là derrière qui suit Lolita, et qui la suivra probablement longtemps… 

 

 

hqdefaultOutre les mouvements de caméra et des images rappellent Giorgino, on peut aisément pousser le raisonnement beaucoup plus loin en ayant pour ligne de mire la comparaison entre ce titre et le film. Tout d’abord, les paroles ne peuvent que recréer une certaine paranoïa qui nous rappelle celle de Catherine : »C’est pas ma faute ». On peut aussi étendre certaines phrases à l’autisme dont elle était victime : « Quand je donne ma langue au chat, ils sont tous prêt à se jeter sur moi ». C’est aussi Lolita qui « rêve de loups », alors que c’est précisément ce qu’on reprochait à Catherine ; qui aurait rêvé aux loups lors de la noyade des orphelins. Quant à l’intro du titre, au violon, il rappelle le thème de la bande originale de Giorgino qui passerait en boucle ; au tout début du clip, on assiste d’ailleurs à une scène figurant, dans la mise en scène et dans la réalisation à une séquence de Giorgino, qui correspond à la véritable première apparition de Mylène Farmer dans le film… Nous évoquons ici la scène où Giorgio vient de sortir de l’auberge, traverse la place du village et rattrape par le bras Catherine qui s’enfuit. Elle se retourne alors pour lui demander de réclamer de le payer… dans Lolita, c’est elle qui demande au jeune homme la même chose. 

Laisser un commentaire

 

linergeek |
give to eat by eating |
ecouteconseil |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hé ! lecteurs à Saint Marti...
| parlons-en!
| Je me SOUVIENS...