Histoire du clip d’Alizée

Posté par francesca7 le 16 octobre 2011

 

Histoire du clip d'Alizée dans Mylène et ALIZEE alizee_-_j-ai_pas_20_ansAu petit matin, Alizée qu’on reconnaît à ses cheveux mi-longs et à sa silhouette longiligne regarde le soleil qui se lève à l’horizon, alors que ses premiers rayons n’éclairent encore que les nuages supérieurs… Elle est assise sur un banc public, immobile, bercée par le son de ces oiseaux qui ne chantent qu’à l’aube. Nostalgie de temps qui passe ? Ode lancinante à la vingtaine qui approche ? Calme avant la tempête ?

 

Cette aube devant laquelle Alizée est en admiration est bien sûr celle de la vie qui commence, et ces oiseaux qu’on entendra plus de la journée sont ceux qui résonnent encore à dix huit ans, mais plus à vingt. C’est parce qu’on « est vieux à vingt ans » qu’Alizée les écoute une dernière fois et regarde ce ciel illuminé, avant que le soleil ne l’aveugle et ne la marque trop. Alisée a le temps.

 

 

On reconnaît une fois de plus l’épure vers laquelle semble vouloir tendre Laurent Boutonnat si ce n’est dans son cinéma, mais au moins dans ses clips. Tout est dit une fois de plus en un plan, sans fioriture, sans décors, sans figurants ni costumes ni intrique. Le bas du cadre correspond au sol dont la matière est inconnue, le hors champ est inexistant, Alizée dans e plan n’est nulle part puisque son propos n’a aucun besoin d’être situé.

 

Aucun besoin alors de s’attarder sur ce pauvre banc public qui n’intéressera désormais plus personne, au-delà de l’enfant qui se meut en adolescente dans Parler tout bas, c’est ici l’adolescente qui devient adulte, propulsée dans la course au vieillissement, délaissée par la paix qui veillait jusqu’alors sur elle, placée dans la nouvelle position qui la marquera à vie : la scène.

 

 

hqdefault dans Mylène et ALIZEEC’est ici aussi qu’on bascule dans le clip à proprement parler, Alizée trône au milieu d’une immense scène toute à la gloire, entrée de douze danseuses, de quatre musiciens et d’un impressionnant dispositif d’éclairage digne d’un concert au Stade de France. Seul élément commun ; le ciel qu’alizée pouvait voir lorsqu’elle était assise sur son banc est toujours là. Laurent Boutonnat glisse une particularité, une trouvaille qui se remarque. Dans Je t’aime Mélancolie, Laurent Boutonnat alternait astucieusement les plans de combat avec les ballets et pendant ceux-ci, Mylène Farmer ne regardait jamais la caméra, reprenant peut-être sans le savoir la structure du métaclip. Dans Baïla Si les danseurs et danseuses étaient torses nus sans distinction de sexe, et Nathalie Cardone en regards-caméra était montrée à grands renforts de travellings latéraux ultrarapides. Dans J’ai pas vingt ans, Alizée est la seule à être éclairée, toutes les danseuses et les musiciens restent dans l’ombre, ou du moins dans un contre-jour qui les aplatit et ne nous fait distinguer que leurs cheveux long, éléments assez faible pour déterminer si la chanteuse est entourée exclusivement de garçons ou de filles. Détail sans importance lorsqu’on imagine toute une génération dans ces silhouettes sveltes et anonymes.

 

35763772Inutile donc de poursuivre cette analyse tant le reste devient prévisible, la chorégraphie se calme pendant le pont, puis reprend de plus belle, le cadrage devient oblique, Farmer en coulisses appuie sur l’interrupteur du stroboscope, Alizée est décoiffée, et côté musiciens, ça devient carrément hard-core, on se croirait pendant une impro de Slopkonot. Ensuite, il sera difficile pour Laurent Boutonnat de trouver à l’Olympia le pendant de son effet de fin de clip ; les projecteurs explosent un à un faisant retomber sur la scène des centaines d’étincelles rougeoyantes. C’est finalement là que les barrières se brisent le mieux ; lorsque Laurent Boutonnat se décide enfin à casser ses jouets, à se foutre des rè qu’il aurait dû se fixer ; un peu à l’image de ses débuts en 1985 quand il mettait un grand coup de pied dans la fourmilière du vidéo-clip mondial.

 

C’est dans le concert futuriste qu’il se sent davantage à l’aise (il est co-responsable de la tournée 1996 de Mylène Farmer) et se dépêche donc en accélérant le montage de nous exposer son dépliant-test de l’Olympia 2003 de la petite. C’est alléchant certes, mais à part les 53 premières secondes du clip, le reste ne revêt guère d’intérêt si ce n’est pour les cinquantenaires amateurs de la plastique des copines de l’âge de leurs filles.

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