Parler de C’EST DANS L’AIR

Posté par francesca7 le 28 septembre 2011

 

« C’est dans l’air: un hymne dyonisiaque » : par Hugues Royer 

 

« Un titre calibré pour faire danser les morts », avais-je écrit à propos de « C’est dans l’air », au moment de la sortie de l’album « Point de suture », en août dernier. Une formule que Mylène semble avoir prise au pied de la lettre. 

Dans le clip de son nouveau single, elle a choisi d’être la maîtresse de cérémonie d’une danse macabre, où se déhanchent des squelettes amis, tandis que défilent des images d’apocalypse – maisons soufflées sous l’effet de la bombe atomique. Une vidéo qui a suscité une vive polémique sur la Toile. Une fois de plus, la rousse s’est vu accuser de nourrir des obsessions morbides ou, pire encore, de choquer par simple goût de la provocation. 

Pourtant, avec « C’est dans l’air », elle ne fait que délivrer une vérité universelle : celle de la puissance destructrice présente au cœur même de la matière. N’est-ce pas au sein de l’atome que se produit la fission à l’origine de l’arme nucléaire ? 

Puissance libératrice aussi, qui soulève les révolutions, pousse les hommes à se libérer de ce qui les entrave, ce pas cadencé des soldats qui signe leur aliénation. Et c’est bien là le paradoxe subtil que Mylène met au jour : ce qui peut nous détruire est aussi ce qui peut nous aider à nous construire. La Terre, dont nous sommes responsables, nous avons le pouvoir de la faire exploser, mais aussi de la sauver. 

Parler de C’EST DANS L’AIR dans Mylène 2009 - 2010 2410150591_small_2

En redécouvrant l’énergie première contenue en germe dans la matière, la chanteuse nous invite à créer notre vie avant que la faucheuse ne nous emporte – car nous sommes tous des morts en puissance. Un hymne dionysiaque, en somme, au sens défini par Nietzsche, qui nous exhorte à transformer notre fatalité en destin. « Et moi je chante / Moi je m’invente une vie », fredonne Mylène. A nous d’en faire autant.

 

 On le voit bien, cette chanson n’abrite aucune pulsion suicidaire, mais au contraire une invitation à jouir des plaisirs de la vie : « S’enivrer », « coïter ». De ce point de vue, le titre résume parfaitement la philosophie de l’album, résolument tourné vers le mouvement et le désir. Depuis les concerts de Bercy en janvier 2006, et la découverte du « Conte du monde flottant » d’Alain Escalle, les fans rêvaient d’une collaboration entre Mylène et ce réalisateur inspiré. C’est désormais chose faite. 

 

 Ses squelettes argentés, ses noyaux chargés d’électricité et ses sublimes champignons nucléaires écrivent un nouveau chapitre passionnant dans la clipographie farmerienne. 

Hugues Royer en avril 2009 

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