Mylène et Edwige Chandelier

Posté par francesca7 le 10 septembre 2011

Interview exclusive de EDWIGE CHANDELIER – Danseuse 

 

« Une scène a été coupée pour le clip de Allan » 

 

 

QUESTION / REPONSES 

Source IAO7 avril 2006 – spécial Live 

 

Mylène et Edwige Chandelier dans CONCERTS DE MYLENE barreClients

 

 

Comment est-vous arrivée sur cette tournée ? 

 

je connaissais Sophie Tellier l’éternelle rivale de « Libertine », NDLR). On avait travaillé ensemble sur plusieurs spectacles, comme « l’Amérique, de Fred Astaire à nos jours », une sorte de rétrospective des comédies musicales. Sophie y était surtout chanteuse, et moi danseuse. C’était entre 1987 et 1989. 

 

Elle vous a donc pistonnée auprès de Mylène ? 

 

Non. Elle m’a simplement informée qu’on recherchait des danseurs pour le premier spectacle de Mylène Farmer. J’ai donc donné photos et CV. Au départ, ce devait être une audition in peu privée parce que Mylène ne voulait pas se retrouver avec des milliers de personnes. Finalement, il y avait au moins 500 personnes ! C’était LA grande audition de l’année car on savait que ceux qui seraient choisis auraient du boulot pour un an. De surcroît, Mylène était la seule à proposer un spectacle très théâtralisé et très chorégraphié, donc c’était très intéressant pour les danseurs. 

 

Vous vous intéressiez à son travail avant cette tournée ? 

 

Ah oui, j’adorais ! J’aimais bien ses chansons, ses clips, son univers

 

Où et quand a eu lieu l’audition ? 

 

Je crois que c’était en février 1989. Et ça se déroulait dans les grands studios de répétition du Théâtre des Champs Elysées. 

 

Mylène était-elle là ? 

 

Oui, elle regardait beaucoup, mais intervenait très peu. 

 

Comment s’est passé le casting ? 

 

mr89jg dans Mylène TOUR 1989Sophie avait préparé une petite chorégraphie… sur « Sans logique » je crois. On passait par groupes de dix filles devant Mylène et Sophie. Il me semble que Bertrand Le Page, le manager de Mylène, était là aussi. Ça a duré des heures ! Après une première audition, assez peu de filles sont restées. Mylène a alors demandé à nous revoir. On a passé une seconde audition, quelques jours plus tard. Trois filles et quatre garçons ont été sélectionnés. 

 

Les danseurs ont été les mêmes tout au long de la tournée ? 

 

Non. Car un garçon et une fille nous ont lâchés au moment de la tournée en province, à l’automne 89 ; ils ont juste fait le Palais des Sports au mois de mai. 

 

Pourquoi cela ? 

 

Je crois qu’ils avaient des engagements par ailleurs. 

 

 

Mais vous n’êtes pas tenus par contrat d’aller jusqu’au bout de la tournée ? 

 

Si, bien sûr. Je ne sais pas comment ça s’est passé avec la production. Peut-être ont-ils trouvé un arrangement à l’amiable. 

 

Qui est parti ? 

 

Mariane Filali a prévenu deux ou trois jours avant le début de la tournée. Elle a été remplacée au pied levé par Dominique Martinelli qui avait déjà fait quelques télés avec Mylène. Chez les garçons, c’est Pascal Montrouge qui a quitté le navire ; il a été remplacé par Yann Jonas. 

 

 

Quand ont commencé les répétitions ? 

 

Deux ou trois semaines après les dernières auditions. Dans un premier temps, on a répété près d’un mois, dans ces mêmes studios du Théâtre des Champs Elysées. Puis on est parti répéter dix jours à St Etienne où l’on a donné un concert avant de faire le Palais des Sports. 

 

Comment était Mylène pendant les répétitions ? 

 

Elle était très gentille, très agréable. Mais ce n’était pas évident pour elle, dans la mesure où elle n’avait pas de formation de danseuse. Elle a énormément bossé. 

 

C’était de longues journées ? 

 

On répétait six ou sept heures par jour. Et Mylène avait, en outre, des répétitions avec les musiciens et les choristes. 

 

Au même endroit ? 

 

Non. Je crois me souvenir que c’était aux studios Hocco, à Vitry sur Seine. 

 

Y a-t-il eu d’autres imprévus ? 

 

Oui ! Lors de notre premier filage, les fermetures éclair des costumes ont éclaté à cause des chorégraphies. Du coup, il a fallu faire descendre tout l’atelier de Thierry Mugler à St Etienne pour refaire une partie des costumes afin qu’on puisse bouger dedans. C’était la grosse panique car on était à quelques jours de la première. 

 

1989_MarianneRosenstiehl_2-1_006Comment était l’ambiance pendant la tournée ? 

 

C’était très agréable. C’est vrai que les musiciens restaient de leur côté, et nous, danseurs, du nôtre. Mais ça marchait très bien comme ça. 

 

 

Mylène participait à cette vie de groupe ? 

 

Oui. On dînait souvent ensemble. Du moins quand elle était dans le même hôtel que nous car parfois, à cause de fans qui la pistaient, elle allait dans un autre hôtel. 

 

Elle faisait la route avec vous, dans le bus de la tournée ? 

 

Non. Elle était en voiture avec Bertrand Le Page, son manager, et Thierry Suc, le tourneur. Il est arrivé qu’elle prenne un ou deux danseurs avec elle en voiture. Et elle est venue deux ou trois fois  avec nous dans le car. 

 

Vous la sentiez porche de vous ? 

 

Oui. Même si nos rapports restaient essentiellement professionnels. Elle avait un certain charisme qui imposait le respect ; elle n’inspirait pas la tape dans le dos. Mais ça ne nous empêchait pas d’avoir des discussions très intéressantes. Elle venait parfois avec nous dans les loges, elle nous coiffait, elle nous offrait des petits cadeaux. Je me rappelle par exemple qu’on avait fait un peu de promo à la télé pour le spectacle – même s’il n’en avait pas vraiment besoin puisqu’ils ‘est rempli très vite – et Mylène nous a offert les tenues qui avaient été créées pour l’occasion par Plein Sud. Et à la fin de la tournée, on a tous eu un stylo Bulgari, et un peignoir griffé « Mylène Farmer – Tour 89 ». 

 

Et en comité plus restreint ? 

 

file_42_92Après la tournée, pour les besoins d’un clip, Laurent voulait brûler le décor. Il l’a donc fait reconstitué dans un champ à La Ferté Alais, en région parisienne. Et après le tournage, on a fait un grand repas tous ensemble – Mylène, Laurent, les musiciens, la production et les danseurs. 

 

Quelle relation avez-vous eu avec les fans de Mylène ? 

 

Dans la mesure où Mylène partait rapidement après sa sortie de scène, on servait souvent de palliatif aux fans qui l’attendaient après le concert. On en retrouvait à l’hôtel, au restaurant ; ils nous suivaient partout. Même après la tournée, je recevais des lettres et des coups de fil chez moi – je ne sais pas comment ils faisaient pour avoir mes coordonnées. Mais je n’ai pas donné suite parce que ça me faisait assez peur ce fanatisme. 

 

Pourquoi ? les fans étaient violents ? 

 

Non, pas du tout. Mais ils étaient souvent dans un état émotionnel qui me perturbait car j’ai du mal à comprendre le fanatisme à ce point. 

 

Vous n’avez jamais collaboré à nouveau avec Mylène après le Tour 89 ? 

 

Si, une seule fois. C’était juste après la tournée, pour les besoins du clip de « Allan ». 

 

Mylène a assisté au tournage ? 

 

Oui. Elle est même venue nous aider après car on peinait à se débarrasser de cette boue qui nous collait à la peau. Elle nous a séché les cheveux et nous a coiffées. 

 

Qu’avez-vous fait depuis cette tournée ? 

 

J’ai arrêté la danse presque aussitôt après. Je me suis lancée dans les relations presse. Puis dans le chant. Aujourd’hui, je chante (des chœurs pour Serge Lama, Hervé Vilard, Disney…) et j’enseigne le chant dans les écoles de formation.

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