C’est une belle Journée – clip 2002

Posté par francesca7 le 9 septembre 2011

 

Le clip C’est une belle journée est un film d’animation réalisé en 2002 

par Benoît Di Sabatino ; à partir de dessins créés par Mylène.

 

 

Vidéo clip : 

 

Image de prévisualisation YouTube 


Le personnage principal évoque immédiatement Mylène : une belle rousse filiforme au visage juvénile et innocent mais avec le corps d’une femme sexy voire provocante. On suit ce personnage dans ses activités quotidiennes d’une grande banalité : lever, bain, gym….
Même son affectueux animal de compagnie, un petit mouton, ne parvient pas à sortir cette jeune femme d’un état oscillant entre ennui et mélancolie. 


Seule l’irruption d’une petite fille jouant à saute-mouton et croquant la vie à pleines dents, bien qu’évoluant dans un univers sinistre, parvient à tirer son aînée de cette torpeur.
 

 

 

C’est une belle journée est le premier clip d’animation de la carrière de Mylène. Le suivant sera Peut-être toi en 2006.


C’est une belle journée est également le premier clip d’animation pour un artiste français réalisé à partir de ses propres dessins. On retrouve un style graphique identique à celui que l’on avait pu découvrir en 2000 avec les dessins illustrant les CD Maxi et les Maxi 45T de Dessine-moi un mouton. On retrouve également le même mouton sur ces dessins et dans le clip C’est une belle journée.

C’est une belle Journée - clip 2002 dans Les Clips de Mylène mylene-farmer-ainsi-soit-jeEn 1985, Mylène participait à l’émission L’Académie des 9 sur Antenne 2 . Elle avait réalisé un dessin d’un objet: le style était déjà très proche des dessins du clip C’est une belle journée. Petit clin d’oeil également au titre Alice et à l’araignée figurant sur le programme da tournée 1996 avec dans le clip C’est une belle journée, l’apparition d’une araignée pendue au bout d’un fil. La première référence qui vient à l’esprit en découvrant ce clip est Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry : les dessins de Mylène rappellent cette oeuvre et le personnage de l’enfant évoque le Petit Prince et son mouton.

Le message de ce clip pourrait être : savoir retrouver l’enfant qui sommeille en nous. 


Le clip se termine par un mystérieux  » A suivre ». Il n’en fallait pas plus pour susciter de multiples spéculations chez les fans en 2002. Beaucoup espéraient que le clip Pardonne-moi serait cette suite tant attendue. Trop évident pour Mylène qui surprendra une fois encore, en publiant en 2003, son premier livre, Lisa-Loup et le conteur , qui reprendra le personnage de la petite fille.  Le personnage de l’enfant était déjà présent sur la couverture du livre Où es-tu? de Marc Lévy publié en 2001, couverture illustrée par un dessin de…Mylène bien sur.
 

 

 

 

ANALYSE DU CLIP : par Dr. Jodel http://jodalsaintmarcfree 

 

Injustement réhabilitée dans le classicisme Boutonnien par le clip de Les Mots, Mylène Farmer confirme bien son penchant déjà ancien (7 ans maintenant) pour le léger, la sensation directe, voir l’anecdotique. Comme pour redorer un blason trop rouillé 2430550121_1 dans Les Clips de Mylènepar les couches de maquillage, de paillettes, de mousse et de spray, Mylène Farmer fit appel à Boutonnat le temps d’un clip. Clip qui la replongeait, nous l’expliquons dans une époque où pour la première fois le clip revêtait les habits du cinéma classique, voir moderne. Seulement chassez le naturel, il revient vite au galop, et si la vrai nature de Laurent Boutonnat réside bel et bien dans le romanesque, dans le discours sur le monde et sur l’homme, Mylène, elle, donne la trop fâcheuse impression d’avoir eu à se retenir une décennie entière sous la direction de Boutonnat (pour rappel de 1984 à 1994) pour pouvoir enfin « se lâcher » et vaguer à présent à des préoccupations narratives et esthétiques bien plus directes. 

 

C’est une belle journée est une confirmation. Celle que la nature de Mylène Farmer a pris le dessus, a gagné, que c’est sa nature qui est de notre époque et non celle de Laurent Boutonnat. Si ce dernier s’apparente de toute évidence à la modernité et parfois au classicisme cinématographique, Mylène elle, appartient définitivement à la post-modernité

 

Les images  de C’est une belle journée résume bien ce fait qu’il ne produit plus du sens, il produit de la sensation. L’emploi du 1sll4_480x270_pxfrzdessin met en scène impeccablement cette idée, il serait hasardeux de chercher une explication à ce vidéo-clip qui ne fait que rassembler (brillamment c’est vrai) dans une histoire (totalement amphigourique il faut l’admettre) la totalité des dessins amateurs que la chanteuse a bien voulu offrir à son public en 6 ans (des premiers dessins représentant la chanteuse elle-même, et mettant en scène une araignée irréelle dans le programme de son concert de 1996 ; à la couverture de Où es-tu de Marc Lévy représentant l’enfant avec son baluchon et son ballon de baudruche route). Ici, comme dans les autres clips précédents tels ceux de Marcus Nispel, les mouvements de caméra virevoltants n’ont aucune fonction diététique et ne justifient leur présence que par la volonté de donner tel ou tel style à l’image, de donner telle ou telle vue de l’objet (ou de la personne) représenté. Le discours lui, devient soit descriptif, soit méta-discursif, et n’a d’autre vocation que de divertir dans un déluge de feux d’artifices multi-piste son spectateur. On est, avec C’est une belle Journée, directement dans ce que Laurent Jullier appelle le Film-concert. 

 

Il est certes très difficile de rester fidèle à une seule idée de l’image et du discours en 18 ans de carrière. C’est pourtant à ce seul prix que l’on peut prétendre à une œuvre au sens plein voire plus difficilement ; au mythe. La post-modernité de C’est une belle journée semble irréversible pour Mylène Farmer

 

Sans pour autant coller ici des jugements de valeurs qui seraient probablement mal accueillis par l’individu fanatique de base, atteint de cécité mylénienne, comment pourrait-on renouer avec la « modernité classique » des œuvres de Laurent Boutonnat après avoir goûté à cette esthétique très actuelle (pourtant vieille de 25 ans si on considère le premier film post-moderne comme étant La guerre des Etoiles) que répand sur l’écran C’est une belle journée, à coup de travellings avant vertigineux dans le miroir (trace on ne peut plus évidente de style post-moderniste). 

 

Seulement Mylène Farmer, nous le savions déjà, n’a peur de rien et n’aura probablement aucun scrupule à retourner dans quelques mois un clip classique sous la direction de Boutonnat, portant à faux à nouveau son œuvre entre une espèce de « caution Boutonnienne » de sens d’un côté et de « volonté-fashion » actuelle de l’autre. Tout ceci n’est pas très grave à court terme ni pour les admirateurs que nous sommes, ni pour le grand public à la faculté d’adaptation foudroyante aux nouvelles modes. 

 

Le parcours de Mylène Farmer que nous venons brièvement de retracer sous l’angle du style cinématographique, ne révèle qu’un seul grief : l’incohérence… 

 

 

 

Quoi que…. Si l’on considère le côté mystique ou peut-être bien spirituel !!! 

 

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