Clip CALIFORNIA – 1996

Posté par francesca7 le 2 septembre 2011

Réalisation : Abel Ferrara
Année : 1996
Durée : 5’18 mn
Acteurs : Mylène Farmer (La prostituée/la femme du monde). Giancarlo Esposito (Le maquereau/l’homme du monde)… 

 

 

Vidéo : Image de prévisualisation YouTube 

 

Analyse

Los Angeles… Quelques secondes seulement pour nous plonger dans l’atmosphère moite et bruyante des nuits de celle que l’on surnomme  » La cité des Anges « . 


Une voix, une langue étrangère crépitant à travers une radio de police, l’éblouissement furtif d’immenses panneaux publicitaires, le rugissement furieux d’un moteur… en quelques flashs, Mylène vient de nous transporter dans le tourbillon fou des heures sombres de la ville. 


Le titre se dessine devant nos yeux grands ouverts : les lettres sont pâles, comme déchirées, presque effacées, symbole, peut-être, de la vie de Mylène dans ce clip.

Clip CALIFORNIA - 1996 dans Les Clips de Mylène ClipCalifornia3Les premières paroles résonnent et semblent donner vie à Mylène qui nous apparaît soudain, enveloppée d’une lumière chaude. 

Pour  » California  » elle reprend, non sans délice, un rôle qu’elle affectionne particulièrement : la voilà femme des rues, femme perdue. La voilà  » prostituée « . De luxe, évoluant dans la soie et la lueur froide des diamants, mais aussi prostituée des bas-fonds, arpentant les trottoirs et se vendant au plus offrant. Nouveau parallélisme entre deux vies si éloignées et pourtant si semblables…

 

 

La violence s’immisce dès les premières images du clip. Mylène s’accroche avec l’homme du monde dont elle dépend et à qui elle est soumise : il cherche à lui imposer une tenue, et à travers ce choix, à s’imposer lui-même. 


Mylène se révolte contre cette domination, la rejette avec une brutalité teintée de haine. Mais le choix est un mot étranger au monde dans lequel elle vit. 


Prostituée et femme entretenue s’abandonnent à leurs faiblesses, cèdent aux exigences de leurs proxénètes, se vendent pour quelques secondes de plaisirs. 


Et c’est là, au cœur d’un acte sans amour, mosaïque de gestes passionnés, que le parallélisme prend tout son sens. Strass et argent ne sont qu’habiles apparences. Quand le désir devient maître, le proxénète et l’homme du monde révèlent le même goût de la possession et de la domination. Et Mylène, alors, n’est plus que soumission.

ClipCalifornia7 dans Les Clips de MylènePuis vient la confrontation, la rupture, la faille, celle qui prend corps dans l’échange bref mais si intense d’un seul et unique regard. 


L’une contemple sa vie dans sa lumière la plus crue, à travers cette prostituée égarée, campée sur le trottoir d’une rue malfamée : elle se voit telle qu’elle est vraiment et, par contraste, comprend ce qu’aurait pu être sa vie. 


L’autre est surtout frappée par cette femme belle et lointaine, ce regard hanté et torturé si semblable au sien… 


Cela n’a duré qu’une fraction de seconde dans une vie qui, lentement, est en train de s’achever. Le proxénète et l’homme du monde ne permettent pas à leur chose d’ouvrir les yeux. La brillance et la menace d’une lame d’un côté, une main arrêtant un geste de l’autre, suffisent à briser ce lien ténu mais définitif qui s’est tissé entre les deux femmes. 


Impuissante, Mylène s’éloigne dans la luxueuse voiture, alors même qu’en elle, intimement, se glisse la conviction que ce sosie inattendu s’apprête à rendre l’âme.

Sa conscience la torture alors et ne tarde pas à la rattraper. Contemplant son visage triste dans un miroir, Mylène voit sa vie, la futilité de ce luxe et de cette domination contre laquelle tout son être se rebelle. La décision qu’elle prend soudain ne fait que puiser dans les racines de la haine et du désenchantement profondément ancrés en elle. Sur le trottoir, ce n’est plus une rouquine aux cheveux courts et au regard fatigué, mais notre Mylène en veste de tailleur et porte-jarretelles. Elle provoque le proxénète et l’entraîne dans une joute amoureuse et fatale. Le regard douloureux mais décidé, elle le poignarde sauvagement, sans remords. Dans sa tête, des images de sa vie et de celui dont elle se venge secrètement se mélangent à celles de cette prostituée dont le corps sans vie gît sur une civière.

C’est une partie d’elle qu’elle vient d’assassiner, celle-là même qu’elle ne supportait plus, cette femme soumise à un homme qui la meurtrissait et la tuait à petit feu. Tout ça s’efface et disparaît sous les coups hargneusement portés. Son ancienne vie se déchire et se meurt dans la violence et le sang. 

Mylène peut partir maintenant. Elle est libre enfin de commencer une nouvelle vie.
 » Aéroport, Aérogare, mais pour tout l’or m’en aller… « 

ClipCalifornia8

 

 

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